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“Ce sera un Sports Act «user-friendly»”

7 juillet 2006, 00:00

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● <B> L’Alliance sociale est au pouvoir depuis un an. Quels sont les changements qu’elle a apportés au sport mauricien ?</B>

– Le gouvernement prône une politique de vérité. Nous ne faisons pas de promesses que nous ne pouvons pas tenir. Quand je suis arrivé au ministère des Sports (MJS), il n’existait aucun repère pour la jeunesse et les sportifs. Je me suis battu pour redonner confiance à ces derniers. Il y a plus de dialogue avec les fédérations. Elles sont plus ou moins en bonne relation avec mon ministère. La plupart jouent leur rôle mais bien sûr il y a quelques-unes qui sont réticentes. Au lieu de mettre en avant l’intérêt des athlètes, ils se battent pour leur propre intérêt. Sans compter les guerres intestines et les divers cas en cour.

● <B>Tout ce que vous avez annoncé lors du budget nous donne une impression de déjà-vu… À titre d’exemple, la signature prochaine d’un Memorandum Of Understanding entre le MJS et le ministère de l’Éducation pour l’ouverture des gymnases des State Secondary Schools (SSS)…</B>

– Malgré les difficultés économiques, je peux assurer la communauté sportive qu’il n’y aura pas d’opération “serre ceinture”. Les budgets des fédérations ne seront pas revus à la baisse, au contraire il y aura une légère hausse comparée à l’année dernière. Cela devrait permettre aux fédérations d’assurer la bonne marche des actions qu’elles comptent entreprendre pour l’année financière 2006-2007.

● <B>Vous ne répondez pas à la question. Avec ce mémorandum, ne prônez-vous pas la continuité de la politique de l’ancien régime ?</B>

– Jamais le Memorandum Of Understanding n’avait été signé sous l’ancien régime. Je vais vous donner un exemple pour prouver que notre politique est différente. Nous avons déjà identifié les infrastructures sportives des SSS qui seront mises à la disposition du public. Les travaux de rénovation et l’éclairage de certains sites ont déjà été entrepris. Les clubs du quartier, les ONG tout comme les jeunes des régions avoisinantes pourront enfin profiter de ces facilités. Nous prévoyons d’introduire le sport dès le primaire. Nous avons déjà élaboré un projet à ce sujet. Ce projet touchera aussi les collèges. Il ne faut pas oublier que la pépinière se trouve dans les écoles. L’ancien régime se cantonnait au sport de haut niveau.

● <B>Vous accordez une grande importance au sport de masse. Ne le faites-vous pas au détriment du sport de haut niveau ?</B>

– Il suffit de voir la composition des sélections nationales, pour se rendre compte qu’il n’y a pas de relève. Pourquoi ? L’ancien régime n’a rien fait pour identifier les jeunes. Il est important d’avoir une pépinière. Avec mes techniciens, nous allons jeter des bases solides, sans négliger le sport de haut niveau. Disons que nous accorderons une attention particulière au sport de masse.

Vous militez pour le sport de masse alors que vous avez revu à la baisse le budget consacré à cet item...</B>

– On peut prévoir un budget conséquent, sans rien faire de concret. Je suis convaincu que si tout le monde apporte sa pierre à l’édifice nous aurons les résultats attendus. Mais il ne faut pas oublier que mon ministère s’occupe aussi de la jeunesse. À ce niveau également nous sommes en train de “deliver the goods”.

● <B>L’un des principaux piliers de votre politique sportive est la démocratisation du sport. Comme comptez-vous procéder ?</B>

– Nous allons cibler plusieurs disciplines et les équiper de facilités de base. À titre d’exemple, nous comptons faire construire des tables de ping-pong en béton dans les écoles. Nous allons également améliorer les infrastructures sportives dans les régions. Dès mon arrivée au MJS, j’ai ordonné l’ouverture du stade Harry-Latour afin que les équipes puissent s’y entraîner. Nous avons fait de même dans les régions qui disposent déjà des infrastructures mais qui, pour une raison ou une autre, n’étaient pas accessibles.

● <B>Vous décriez l’échec de l’ancien régime sur la régionalisation et le fait que les fédérations ont encore du mal à se mettre en conformité avec la loi. Qu’avez-vous fait pour décanter la situation ?</B>

– Le cas de l’haltérophilie est un exemple concret de l’échec de la régionalisation. Mon ministère travaille sur le Sports Act depuis octobre 2005. Nous avions invité le mouvement sportif mauricien ainsi que le public à nous soumettre leurs propositions qui pourront aider à améliorer la législation. Mes techniciens ont ensuite travaillé sur les amendements à être apportés. Nous allons bientôt soumettre le document au Parquet. Je peux vous dire que ce ne sera pas un Sports Act “cosmétique” mais il sera “user friendly”. Nous avons aussi une autre alternative, celle de proposer un nouveau texte de loi.

● <B>Peut-on avoir un avant-goût des amendements qui seront apportés ?</B>

– Je ne peux pas entrer dans les détails puisque nous n’avons pas encore recheché l’avis du Parquet. Mais je peux vous dire que le texte de loi répondra aux aspirations des fédérations.

Dans le cas de l’haltérophilie, avez-vous essayé d’établir le dialogue entre la fédération et le groupe Yan Anondin ?</B>

– Mes officiers ont essayé de rapprocher les deux parties. Mais nous ne pouvons prendre d’actions concrètes vu qu’il y a une affaire en cour. Mais, nous avons déjà réglé certains problèmes dont l’ouverture du gymnase aux haltérophiles. Les athlètes ne doivent pas être pénalisés.

● <B>Vous avez annoncé un “new cash prize scheme” pour motiver davantage les athlètes. Où en êtes-vous avec ce dossier…</B>

– Le dossier a déjà été soumis au ministère des Finances pour être approuvé.

● <B>Valeur du jour, seulement neuf disciplines bénéficient de la bourse de haut niveau. N’est-ce pas injuste vis-à-vis des autres sports ?</B>

– Il y a une équipe technique qui travaille sur le dossier. D’autres disciplines pourront se joindre à la liste des bénéficiaires mais il faut qu’elles respectent les critères établis.

● <B>La triathlète Jennifer Henrisson est championne d’Afrique juniors et pourtant elle ne fait pas partie des bénéficiaires…</B>

– Elle sera bientôt inclue sur la liste.

● <B>Êtes-vous satisfait du budget qui a été alloué à votre ministère pour 2006-2007 ?</B>

– Tenant en compte les circonstances actuelles, on doit pouvoir s’adapter à la réalité. Et surtout ne pas faire de grandes déclarations uniquement pour épater la galerie. Je crois en une politique de vérité. Nous allons honorer nos engagements dont l’organisation des Jeux de la CJSOI. Le budget des fédérations n’a pas été revu à la baisse malgré la situation économique difficile. L’ancien ministre des Sports, Ravi Yerrigadoo, a voulu induire le monde sportif en erreur en disant que notre dotation budgétaire a été réduite.

<I>“Il suffit de voir la composition des sélections nationales pour se render compte qu’il n’y a pas de relève (...) Nous allons jeter des bases solides, sans négliger le sport de haut niveau.”</I>

● <B>Le MJS a procédé, aujourd’hui (NdlR : hier), à la signature du contrat d’objectif avec les fédérations, êtes-vous satisfait de l’exercice ?</B>

– Il faudra poser la question aux fédérations… (rires). J’ai rencontré les dirigeants personnellement. À première vue, ils sont satisfaits puisque dans la plupart des cas, les allocations financières ont été revues à la hausse.

● <B>Les fédérations à problèmes, pour ne citer que l’haltérophilie et le body building, ont-elles bénéficié d’une aide financière du MJS ? </B>

– Tout à fait. Toutefois, j’ai demandé à rencontrer la présidente de la Fédération d’haltérophilie la semaine prochaine. Elle devra nous fournir des solutions aux problèmes qui secouent cette fédération.

● <B> Parlons du football. Un comité avait été mis sur pied en décembre pour relancer cette discipline. Mais six mois après aucune proposition n’a été faite... </B>

– Des événements ont empêché le comité de finaliser ses propositions. Mais une chose est sûre, nous allons venir avec le street football en décembre. Nous étudions les moyens pour attirer les spectateurs vers les stades. Les améliorations à être apportées aux infrastructures existantes ont aussi été débattues. Rama Valayden, Etienne Sinatambou, James Burty David et moi-même sommes une équipe soudée.

Pensez-vous que le football de rue est le meilleur moyen pour relancer cette discipline, surtout que l’on connaît le succès qu’avait connu le street basket, sans toutefois créer un engouement pour ce sport ? </B>

– Je pense qu’il faut choisir le bon timing.

● <B>Le président du comité organisateur du Mondial, Beckenbauer, avait déclaré récemment que le street football et le football sont deux disciplines différentes…</B>

– C’est son opinion à lui.

● <B>La meilleure solution ne serait-elle pas d’équiper les régions d’insfrastructures adéquates pour que les équipes puissent s’entraîner tout en assurant la relève ?</B>

– C’est ce qu’on a commencé à faire. Nous allons procéder en ordre prioritaire.

● <B>Il semble que votre ministère a également du mal à résoudre l’épineux problème du sport intercollèges ? </B>

– La Mauritius Secondary School Sport Authority doit faire preuve de plus de sérieux. À mon arrivée au MJS, j’avais demandé aux dirigeants de cette instance d’apporter de nouvelles propositions. Nous attendons toujours ! Quoi que le MJS ne va pas rester les bras croisés, nous allons essayer de trouver la formule appropriée.

● <B>Allez-vous prendre en considération le rapport Oogarah ?</B>

– J’ai pris connaissance du contenu de ce rapport. Nous allons tenir en compte certaines recommandations. Mais il savoir que quand le rapport a été rédigé, le contexte était différent.

● <B> Selon vous, qu’elle serait la formule idéale ? </B>

– Comme tout le monde le souhaite, un retour vers l’ancienne formule. On verra !

● <B>Parlons des Jeux des îles 2007, Rs 1m pour la préparation des athlètes. N’est-ce pas une somme dérisoire ?</B>

– Pas du tout. Pour les Jeux de la CJSOI, nous avons obtenu près de Rs 4 millions du secteur privé en termes de sponsoring. Il faut savoir vendre le produit. Les fédérations concernées doivent se montrer crédibles auprès du secteur.

● <B>Il incombe donc aux fédérations de rechercher les sponsors pour financer la préparation de leurs athlètes ? </B>

– Tout à fait, mais nous serons à leurs côtés dans cette quête.

Mais dans la conjoncture économique difficile, les firmes privées accepteront-elles de les soutenir ? </B>

– Je suis persuadé qu’elles le feront. J’ai réussi, en deux mois, à convaincre les firmes à investir Rs 4 millions dans l’organisation des Jeux de la CJSOI. En sus des Rs 1 million, chaque fédération a obtenu un budget destiné à la préparation de ses athlètes. Ces derniers ne sont pas obligés de voyager pour se préparer. Cela peut se faire à Maurice, en faisant venir des experts pour animer des stages. Il est malheureux de voir que certaines fédérations croient qu’il faut se rendre à l’étranger pour se préparer. Le Sud-Coréen Young Man Kim qui est le head coach du centre de haut niveau de l’Allemagne était récemment à Maurice, mais ni les dirigeants ni les joueurs n’étaient intéressés à profiter de son expertise. En ces temps difficiles, les fédérations doivent savoir optimiser les ressources financières et humaines.

L’exclusion du badminton aux JIOI 2007 n’est-elle pas un échec pour vous ?</B>

– Il a été un échec pour la personne qui a voulu s’en servir pour faire de la politique. D’ailleurs, il avait été rappelé à l’ordre par le ministre des Sports malgache. Quant à moi, j’ai tout essayé. J’ai parlé à mon homologue de la Grande île ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères mais sans succès. Le dernier mot revient au pays hôte comme ce fut le cas en 2003.

L’Association de badminton a fait une demande auprès du MJS pour que l’Indien Anuj Gupta soit recruté au poste de DTN. Allez-vous agréer à sa requête ?</B>

– Nous sommes en présence de deux noms. Mais je ne pense pas que ce soit la priorité du moment. Les joueurs doivent commencer par faire preuve de plus de sérieux et s’appliquer aux entraînements.

<I>“Les athlètes ne sont pas obligés de voyager pour se préparer. Cela peut se faire à Maurice, en faisant venir des experts pour animer des stages.”</I>

Votre prédécesseur avait proclamé haut et fort que le sport mauricien est en déclin. Partagez-vous son avis ? </B>

– Pour être franc, je ne le crois pas parce que je suis sur le terrain, aux côtés des sportifs. Le mouvement sportif a pris un nouveau départ et les athlètes sont plus confiants.

Je suppose qu’il y a des données qui vous font dire que le sport se porte bien… </B>

– Les résultats obtenus par nos athlètes aux Jeux du Commonwealth, aux Jeux de la Francophonie et aux championnats d’Afrique de Judo parlent d’eux-mêmes.

Est-ce que ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt ?</B>

– Ce sont les disciplines qui ont fait preuve de sérieux qui récoltent aujourd’hui les résultats. La mentalité a changé, le contexte aussi. Nous ne pouvons continuer à de faire de comparaisons. D’autres disciplines ont émergé comme le rugby, qui a fait forte impression sur le plan continental.

<I>Propos recueillis par </I> Neeta PERSAND</B>

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