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Ça croustille chez Ritesh

10 juillet 2005, 00:00

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Sedna Foods Co. Ltd innove en proposant des chips de bananes, de fruits à pain, de manioc et de patates douces à faible teneur en matières grasses, la qualité en plus.

À l?usine textile de Poudre d?Or où il tissait des denims pour l?exportation, Ritesh Roopnauth laissait vagabonder son esprit. Il rêvait d?être à la tête d?une petite entreprise où il transformerait les beaux produits de Maurice en de savoureuses chips. Pour coiffer ses concurrents au poteau, elles seraient fines et croquantes et garderaient leur saveur.

Ce rêve est en passe de devenir réalité dans un mois. Le jeune ouvrier a décidé de donner une nouvelle direction à sa carrière. « L?avenir n?est pas prometteur dans le textile? Et comme l?agroalimentaire m?a toujours intéressé, c?était le moment ou jamais », affirme-t-il. Les premiers sachets de chips de banane sortiront bientôt des friteuses de Sedna Foods Co. Ltd pour envahir les supermarchés sous le label Croc dent Tropical. Natures, salées ou épicées, elles vont vous changer l?apéritif.

L?entrepreneur de 32 ans, qui a suivi les cours de formation nécessaires pour son nouveau job, voit grand. Il imagine aussi le fruit à pain, le manioc et la patate douce transformés en amuse-gueule aux saveurs diverses. « En ce moment, nous en sommes encore aux échantillons. Les essais sont satisfaisants, mais nous pouvons encore améliorer la qualité », dit-il avec sérieux.

Une étude du marché révèle que ses chips trouveront preneur à condition qu?elles répondent aux attentes du consommateur. Ce dernier exige des produits à faible teneur en matières grasses saturées. « Je veux offrir un produit de qualité aux consommateurs, mais aussi quelque chose de sain. C?est ce qui va me différencier des autres. » C?est ce qui va aussi lui permettre de viser l?exportation dans deux ans.

Des normes d?hygiène

Pour l?entrepreneur, la qualité n?est pas un vain mot. Il n?a pas lésiné sur les moyens pour observer des normes d?hygiène élevées dans l?installation de production. Les ouvertures sont équipées de grilles pour empêcher toute contamination d?insectes. Toutes les surfaces sont revêtues de carrelage. Gants, tablier et bonnet seront de mise pour les trois ouvrières. La friteuse est équipée d?un dispositif qui vérifiera régulièrement la température et la saturation de l?huile végétale. Près de Rs 350 000 ont été investies grâce à l?aide de l?Agricultural Research and Extension Unit et de l?Union européenne.

La fabrique, elle-même, est composée d?une salle pour la réception des matières premières qui proviennent de l?Est. « Seuls les meilleurs fruits seront sélectionnés. Un choix précis des récoltes et un suivi de l?acheminement garantiront au produit une parfaite qualité. » Après lavage, les bananes sont pesées puis envoyées vers la chaîne de préparation où elles sont épluchées, découpées en fines tranches avant d?être frites, séchées puis emballées. Lorsque la compagnie aura atteint sa vitesse de croisière, Ritesh investira dans un équipement de déshydratation, ce qui lui permettra d?obtenir des chips encore plus croquantes.

Le hic, c?est l?emballage à la main. La capacité d?emballage est de trois sachets par minute, alors qu?avec un appareil moderne, ce chiffre pourrait passer à 60 sachets. « Cette machine, qui coûte dans les Rs 400 000, va faire la différence, car plus on emballe vite, plus le produit conserve sa fraîcheur longtemps. » Ses démarches pour obtenir un prêt n?ont pas encore abouti. « C?est la seule ombre au tableau, mais j?espère qu?on ne tardera pas à me l?octroyer. »

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