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«On démantèle l?Etat providence !»
C?est le «début du démantèlement de l?Etat providence». Cette phrase est revenue comme un leitmotiv, hier, sur les lèvres des dirigeants syndicaux en réaction au budget 2004-2005.
Ils s?appuient plus précisément sur deux mesures pour étayer leurs dires : les employés touchant un salaire de plus Rs 15 000 n?auront plus droit aux subventions pour les frais d?examens de leurs enfants, et les salariés touchant plus Rs 20 000 ne bénéficieront plus de la pension de vieillesse.
C?est le concept de «targeted approach» pour la pension qui les irrite particulièrement.
«Jusqu?à présent, l?Etat providence s?appliquait à tous. Maintenant, on constate que le gouvernement est en train de viser un groupe de salariés. Ce sera le tour de qui après ?», s?interroge Jugdish Lollbeeharry, président du Mauritius Labour Congress (MLC).
Son point de vue est partagé par le Yousouf Sooklall, président de la Free Democratic Union Federation (FDUF) et Deepak Benydin, président de la Fédération des corps constitués (FSCC).
«Le gouvernement aurait dû lancer un appel aux gros salariés au lieu de les encourager à cotiser pour une pension privée», soutient-il.
Les syndicalistes trouvent aussi que ce budget manque de «cohérence» : d?une part, le gouvernement annonce la baisse du prix du médicaments sans pour autant contrôler ce prix et, d?autre part, il annonce une baisse des prix d?un certain type de barre de fer seulement.
Pour eux, ce budget n?a pas su donner le «déclic» attendu pour encourager le secteur privé à créer des emplois dans la zone franche. Les syndicalistes s?attendaient que le gouvernement créent une allocation de chômage pour les licenciés du secteur.
Pour Potaya Kuppan, président de la General Workers Federation (GWF), le «petit peuple» ne se retrouve pas dans ce budget. Il s?attendait que le gouvernement fasse preuve de plus de sensibilité en faveur des pensionnés et des anciens combattants. Comme lui, Auguste Follet, président de la Federation of Free Workers (FFW), trouve dérisoire l?augmentation qui a été accordée à ce groupe de personnes.
Le petit peuple affecté
Le syndicaliste n?apprécie pas non plus que la taxe indirecte ait été, une fois de plus, augmentée sur de nombreux produits, affectant directement le petit peuple.
Son point de vue est partagé par Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis (FTU). Pour lui, le gouvernement aurait dû freiner sa politique ultra-libéraliste au lieu de venir de l?avant avec son «soi-disant monitoring unit» pour contrôler les prix. Il est clair, souligne-t-il, que le gouvernement continue à «casser les reins» des travailleurs en dirigeant le pays vers la «répression». Il cite le recrutement de 700 policiers additionnels.
Cassam Kureeman, de la Nurses Union (NU) estime pour sa part que ce budget a raté une occasion en or de proposer un plan de rétention des infirmiers. Dans l?éducation, la Government Teachers Union et la Government Hindi Teachers Union (GHTU) trouvent regrettable qu?aucune provision n?ait été faite pour le recrutement d?enseignants additionnels dans le primaire.
Dans un communiqué, la GTHU souligne que ce budget s?inscrit dans la logique de la «prochaine joute électorale».
« Le vice-Premier ministre a fait son cheval de bataille de la démocratisation de l?économie à travers l?élargissement de l?actionnariat dans les compagnies privées et avec le droit à la propriété foncière».
Le syndicat pense que le ministre a annoncé plusieurs propositions pour rassurer les consommateurs et d?autres groupes vulnérables. Force est de constater cependant que la taxe directe rapportera à l?Etat Rs 7,3 milliards cette année, contre Rs 6,4 milliards l?année dernière, soit une hausse de 15,3 %. «Ce sont les éternels tondus qui feront les frais des assurances du ministre», a conclu Suttyhudeo Tengur, président de la GHTU.
<I>Pour les syndicalistes, ce budget n?a pas su donner le «déclic» attendu pour encourager le secteur privé à créer des emplois dans la zone franche. </I>
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