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«Nul ne peut se mettre au-dessus de la loi»

1 août 2003, 20:00

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Sushil Khushiram est monté au créneau hier pour expliquer sa convocation à l?Independent Commission against Corruption (ICAC) mercredi.

De retour d?un voyage à Botswana, en début de semaine, il apprend que son nom est associé à l?homme d?affaires Iqbal Raman Muthy, présenté comme son Special Advisor par Teeren Appasamy. (Voir texte sur Iqbal Muthy plus loin).

Ce dernier a égratigné Sushil Khushiram en l?associant à ABM Juul International, une firme sud-africaine qui est un des partenaires du consortium pour le projet de Port-Louis Waterfront.

Dans un premier temps, le ministre jure un affidavit pour nier être le consultant et le conseiller de cette compagnie. Son épouse, dont le nom a aussi été cité, a également nié ces affirmations. Le ministre Khushiram se rend ensuite au siège de l?ICAC où il est interrogé sur ses liens allégués avec Iqbal Muthy.

Le lendemain , il passe six heures à l?ICAC pendant lesquelles il est appelé à fournir des explications sur le financement de traites bancaires à travers ses services en tant que broker, il y dix ans.

Hier le ministre du Développement économique et des Services financiers a voulu dissiper les doutes portant sur sa conduite professionnelle dans une transaction impliquant une des compagnies de l?homme d?affaires, Teeren Appasamy. Le ministre a affirmé que « dans le combat contre la corruption, personne ne peut se mettre au-dessus de la loi. » C?était lors d?une rencontre avec la presse, hier après-midi.

Il a poursuivi :« En tant que ministre responsable du combat contre le blanchiment d?argent, je dois être au-dessus de tout soupçon.» Sa rencontre avec les enquêteurs de l?ICAC n?est pas, selon lui, une mauvaise chose en soi. « Je rassure tous ceux qui s?inquiètent ou qui pourraient s?inquiéter de ma réputation d?homme public après cette affaire. Au contraire, ces événements ont été l?occasion pour moi de dissiper le moindre doute qui aurait pu exister et de mettre fin à toutes sortes de spéculations.» D?où sa déclaration que sa « conduite a été professionnelle et irréprochable ».

En 1991 et 1992, il soutient avoir rencontré l?économiste Donald Ha Yeung et l?homme d?affaires Teeren Appasamy, en tant que directeur général de Newton Securities, une stockbroking company. S?il n?a pas revu ce dernier, par la suite, Sushil Khushiram, a agi comme intermédiaire pour deux traites bancaires (Bill of Exchange) entre le National Mutual Fund (NMF) et Handsome Investment Ltd, dont un des actionnaires est Donald Ha Yeung. Dans un des affidavits, ce dernier, avait affirmé que la compagnie appartenait à Teeren Appasamy.

ni consultant ni conseiller

Sushil Khushiram a, toutefois, précisé qu?il n?a « jamais été le conseiller de l?homme d?affaires de quelque façon que ce soit. Il avait retenu mes services en tant que broker pour seuls ses deux bills of exchange». Si l?ICAC a voulu comprendre le mécanisme de financement de ces traites bancaires, elle s?est intéressée de savoir pourquoi le partenariat entre Handsome Investment Ltd et Newton Securities ne s?est pas poursuivi. Les liens ont été coupés à la demande du tandem Ha Yeung-Appasamy, qui ont parfois négocié directement avec le NMF ou à travers d?autres sociétés de bourses.

A une question de la presse, il a longuement commenté les méthodes de la commission. « Le succès de notre combat contre la corruption dépend de la force de nos institutions, de nos lois mais aussi de nos hommes. Je pense que nous sommes sur la bonne voie. L?ICAC s?améliorera avec le temps. L?apport d?expertise pour les enquêtes, qui est rare à trouver, devra consolider la commission», souligne le ministre.

Ce dernier devait aussi affirmer que le budget considérable qui lui est alloué devra permettre à la commission d?avoir recours aux meilleures compétences pour ses différents départements : légal enquêtes, communication, entre autres. « Comme l?ICAC enquête aussi sur les cas de blanchiment d?argent, qui relève de ma responsabilité, je porterai une attention particulière à sa réussite,» Sushil Khushiram est d?avis qu?il faudra savoir « manier nos lois et nos institutions avec dextérité et aptitude afin d?atteindre notre objectif de combattre la corruption.»

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