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«Nos banques peuvent supporter les chocs extérieurs»
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«Nos banques peuvent supporter les chocs extérieurs»
● <B> Qu?est-ce qui a motivé la rencontre Bheenick-Sithanen de samedi dernier ? </B>
Il fallait faire le point sur ce que nous faisons à la Banque centrale et rassurer la classe politique face aux événements liés à la crise financière internationale. C?était pour moi l?occasion de mentionner la mise en place d?une cellule de suivi à la Banque de Maurice. C?est d?ailleurs le devoir de la Banque centrale de prendre de telles initiatives et nous le faisons au quotidien.
Nous suivons ce qui se passe sur le marché financier, sur le marché des capitaux, etc. Nous avons des services spécialisés qui ne font que cela. Ils s?occupent de la supervision, du monitoring, entre autres.
Par contre, ce qui est nouveau cette fois, c?est le fait que ces différents services ont été regroupés en une cellule. Ainsi, ces services sont en communication permanente les uns avec les autres. Car nous ne souhaitons plus que chacun d?eux fonctionne de manière isolée. Grâce à la mise en place d?une cellule cross-sectorielle qui se réunit tous les jours et qui est composée d?éléments des différents services, le suivi des paramètres du marché se fait plus efficacement.
● <B> Etes-vous satisfait des résultats obtenus ? </B>
Nous vivons une crise, sans parallèle, sans précédent, sur le plan international. Je peux m?estimer heureux que nos banquiers sont extrêmement prudents et qu?ils ne sont pas exposés à ce qui se passe à l?extérieur. Ici, les banques ont été supervisées de façon diligente.
Pour cette raison, elles ne sont pas en mesure de prendre des risques. Aujourd?hui, nous pouvons tous apprécier l?aspect positif d?une supervision aussi méticuleuse. Nous demandons aux banques de nous fournir des informations que parfois certaines trouvent excessives. Mais le souci de la Banque centrale est de protéger l?intérêt du client, le déposant. Nous nous en réjouissons tous aujourd?hui.
Le système bancaire peut supporter les chocs extérieurs sans fléchir. C?est ce dont je tenais à informer le ministre des Finances. Nous lui avons dit que les choses sont en bonne voie, que nous avons la situation en main. Nous lui avons dit que nous ne voyons pas de nuages à l?horizon sur le plan strictement bancaire.
● <B> Vos craintes se situent à quel niveau alors ? </B>
Sur le plan de l?économie réelle, des craintes subsistent. Les répercussions se feront sentir dans trois mois, dans six mois, si rien n?est fait ailleurs, à travers les flux des capitaux d?investissement. Bien sûr, nous ne pouvons pas grand-chose pour contrecarrer les secousses venant d?ailleurs. Ce que l?on peut faire, c?est protéger notre propre petite économie.
● <B> Votre cellule de crise est interne à la Banque centrale. A quand une cellule à l?échelle nationale qui s?étend aux autres institutions ? </B>
Non, on ne l?appelle pas cellule de crise ; ce n?est pas une cellule de crise que nous avons créée, mais plutôt une cellule de suivi. On maintient qu?il n?y a pas de crise sur le plan domestique. La crise, ailleurs, est une crise de confiance ou un problème de liquidités. Ici, les banques sont en situation de surliquidités, ce qui a justifié l?augmentation du cash reserve ratio de 2 % récemment.
● <B> Mais une cellule de suivi au niveau national ne servirait donc à rien ? </B>
Il y a des paramètres qui sont internes à la Banque centrale et que celle-ci ne peut partager avec les autres. Par exemple, la loi nous interdit de divulguer la position d?une banque à des personnes non autorisées. Nous sommes très réglementés par la loi. Cela dit, il faut comparer ce qui est comparable.
Ici, nous avons deux régulateurs dont les fonctions sont très distinctes et qui jouent bien leur rôle. Les institutions financières non bancaires (les compagnies d?assurances, par exemple) sont sous la supervision de la Financial Services Commission. On a signé avec cette dernière un Memorandum of Understanding pour les secteurs dont les activités peuvent avoir des retombées potentielles sur le secteur bancaire. Aux Etats-Unis, il y a une demi-douzaine de régulateurs. Ce qui a pour conséquence une absence de coordination. Cela justifie les actions qui ont été prises récemment dans ces pays pour juguler la crise.
● <B> Qui a eu l?initiative de cette rencontre entre vous et Sithanen ? </B>
Un peu les deux. C?est une consultation programmée. Comme le ministre des Finances partait en voyage et comme il a été reintronisé Vice Prime minister, alors on a cru bon de le rassurer, de lui dire qu?il n?avait pas à se faire du souci concernant la crise financière internationale.
● <B> Et c?était l?une des toutes premières rencontres que vous avez eues avec lui depuis votre nomination comme gouverneur ? </B>
(Grand rires). C?est ma première rencontre avec le nouveau vice-Premier ministre. Et je crois que c?est également sa toute première rencontre avec qui que ce soit, puisqu?il venait fraîchement de prêter serment.
● <B> J?ai saisi la nuance?</B>
Je ne dirai pas que nos relations étaient tendues. Si nos rôles étaient inversés, c?est-à-dire moi en tant que ministre des Finances et lui gouverneur de la Banque de Maurice, peut-être aurions-nous adopté les mêmes attitudes. C?est donc lié à la position que chacun de nous occupe et que chacun de nous tient à défendre.
Ce n?est absolument pas une querelle de personne. Je suis régi par ce que la loi me demande de faire. Les banques centrales sont indépendantes du gouvernement. Je suis certain que si les rôles étaient inversés, il adopterait une attitude similaire à celle que j?adopte. Les climats tendus entre les gouverneurs de banques centrales et les ministres des Finances ne se voient pas qu?à Maurice. Cela se voit partout.
Propos recueillis par</I> <B> Nico PANOU</B>
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