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«Nightlife» : un choix limité aux touristes

10 mars 2007, 00:00

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«Il n?y a effectivement pas grand-chose destiné aux touristes sauf quelques boîtes de nuit dans le Nord surtout quelques bars. Il n?y a pas de rendez-vous de loisirs en tant que tel bien qu?il est vrai que cela se développe un peu», dit Pascal Hoffman, directeur des Enfants Terribles. Le topos est, en effet, connu même si les choses évoluent quelque peu. Davantage de touristes sortent le soir. Le confinement à l?hôtel s?efface graduellement.

Il est aussi vrai que l?animation dans les hôtels est particulièrement stéréotypée. Des animations kitsch sans une véritable recherche chorégraphique dans un certain nombre de cas. C?est souvent la même présentation des instruments de musique traditionnels de Maurice. Dans d?autres cas, tout en étant commerciale et sans être d?une quelconque qualité artistique et créative, l?animation est quand même d?un bon niveau. En fin de compte, les hôtels font ce qu?ils peuvent au plan de l?animation nocturne.

C?est à l?extérieur que l?offre est limitée. Toutefois, comme le précise Karl Mootoosamy, directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority, il faut aussi savoir que la clientèle ciblée ne vient pas à Maurice pour le nightlife. Elle vient pour les plages, entre autres. Après une journée à la plage et la participation à différentes activités, l?animation à l?hôtel est une proposition qui peut lui être satisfaisante.

<B>Changement des donnes</B>

Cependant, avec l?ouverture de l?espace aérien, ce ne sont plus les seuls touristes des hôtels quatre et cinq-étoiles qui se déplacent vers Maurice. D?autre part, il est un fait qu?après le dîner, un certain nombre de touristes souhaitent sortir. Enfin, avec le système d?all inclusive (tout compris), les hôtels désormais ont intérêt à ce que les touristes sortent le soir. Ainsi, ils auront moins de boissons à fournir. «Auparavant, les managers d?hôtels disaient aux touristes qu?il était dangereux de sortir. Aujourd?hui, ils les encouragent à sortir», confirme Pascal Hoffman.

Néanmoins, enchaîne ce dernier, hormis les mercredi, vendredi et samedi, les boîtes de nuit restent fermées. «Le touriste voudrait pouvoir sortir les autres jours de la semaine. Mais Grand-Baie, ville touristique du pays, est fermée les autres jours comme elle ne vit plus après une certaine heure en termes de propositions commerciales. Il faudrait peut-être exploiter cette piste de late night shopping avec des animations autour, surtout pour Grand-Baie», suggère le directeur des Enfants Terribles.

Ce qui est vrai pour Grand-Baie est encore plus vrai pour d?autres parties de l?île. «C?est le cas notamment des hôtels qui ne sont pas situés près des grandes agglomérations. Il n?y a pas eu de réflexion pour développer des concepts de loisirs autour des hôtels», estime Robert Yip Tong, directeur de Kwai qui ?uvre dans l?événementiel et comme consultant en son et lumière. Celui-ci regrette également que le développement culturel n?a pas suivi l?évolution de l?hôtellerie. «Pour pallier cela, on aurait dû avoir une école de formation pour la culture. Dans les hôtels, il y a de très bons entertainment managers qui ont su s?adapter aux attentes des touristes mais lorsque le touriste veut sortir de l?hôtel pour découvrir autre chose, il est plutôt livré à lui-même», ajoute Robert Yip Tong.

C?est pour pallier ce manque d?animation dans des régions touristiques que Nicolas et Sharon Constantin ont développé le concept de Shotz à Flic-en-Flac. «On vise les touristes des appartements. Le soir, ils n?ont que les restaurants et les boîtes de nuit. Nous proposons un bar avec de la musique live. Notre idée, c?est d?offrir de l?animation nocturne aux touristes vivant dans des appartements et aux Mauriciens qui n?ont pas accès aux hôtels. Ce n?est pas une boîte de nuit classique avec, d?un côté, de la musique figée, des gens autour du bar et, de l?autre, les occupants de la piste de danse», explique Sharon Constantin.

Abondant dans le sens de Pascal Hoffman, Robert Yip Tong souhaite une diversification de l?offre culturelle. «Il faudrait évoluer vers des food courts d?un autre type. Ce seraient des espaces où les touristes pourraient avoir accès à la culture mauricienne dans tous les sens du terme», préconise le directeur de Kwai.

<B>Déficit culturel</B>

C?est, en effet, un aspect du dossier qui est négligé par les autorités. Et il s?avère qu?assez souvent ce sont des vendeurs exerçant sur la plage qui font office de relais pour les touristes. Ce sont eux qui arrangent des sorties pour ces touristes. Des dîners au sein des familles mauriciennes. De même que des rencontres et des échanges. Les responsables des hôtels ferment les yeux sur ce genre d?activités. Si on disposait d?un village touristique, les choses auraient pu se passer autrement.

Plus radicale, Sharon Constantin affirme qu?il n?y a pas de vie culturelle que ce soit pour les touristes ou pour les Mauriciens. «On n?arrive pas à partager notre culture», lâche-t-elle. C?est peut-être aussi dû à notre incapacité d?identifier les richesses et particularités de cette culture au-delà des clichés. «De même, on n?a pas de véritables espaces de rencontre autour des concepts d?animation culturelle. Dans les boîtes de nuit, la musique est trop forte pour qu?on puisse discuter. Donc, on ne fait que danser. Or, les touristes veulent se sentir libres. Nos boîtes de nuit sont certes de bon niveau mais les Mauriciens s?amusent en groupes. Ce qui prive les touristes de la possibilité de faire des amis et partager des expériences. Hormis le Banana à Grand-Baie, il n?y a pas d?autres lieux où les gens peuvent discuter en regardant les étoiles», fait ressortir Sharon Constantin.

En 2006, 788 000 touristes ont visité l?île. L?objectif est d?accueillir deux millions de touristes en 2010. Quoi proposer au-delà des hôtels, de la plage et de notre hospitalité ? Le package est encore à peaufiner?

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