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«L?Express» pourfend un PM nommé Jugnauth

18 février 2008, 20:00

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Après le meeting de Triolet, permettant à Jugnauth de déverser sa bile sur ses détracteurs, pour ne pas nommer, ici, Paul Bérenger (voir l?express d?hier), ce journal analyse les conséquences qu?on peut prêter à la décision du Premier ministre de laver ainsi, en public, son linge sale. L?express s?insurge sur sa décision de dénigrer publiquement son parti, la chaîne nationale de télévision, son ministre des Finances, la politique économique d?austérité et de rigueur, des organismes internationaux que nous appelons à notre chevet, un service public essentiel, la douane en l?occurrence. Les campagnes d?explications post-Triolet ne doivent pas nous leurrer. Pour l?express, les propos tenus dans le fief ramgoolamien ne sont pas paroles en l?air, prononcés dans le feu de l?action, mais propos prémédités, à grands renforts de tam-tam : Venez à mon meeting. Mo pou blesse boucoup dimoune ! Ce faisant, Jugnauth déclenche la 3e crise de son gouvernement. Le point de non-retour est atteint. Faire comme si rien ne s?est passé, ni dit à Triolet, mérite le mépris le plus profond.

Le gouvernement mauricien invite le FMI et la Banque mondiale à guérir notre économie, moribonde après 20 ans de règne ramgoolamien et travailliste sans partage et deux dévaluations dépréciant notre roupie de 50 % de sa valeur. Ils accourent, pour s?entendre traiter de tous les noms dont les moindres sont casseurs, usuriers, vautours. L?express veut que FMI et BM sachent que des Mauriciens éprouvent de la honte à voir l?un d?entre eux les inviter, à Maurice, pour ensuite les couvrir d?insultes.

Aucune puissance au monde oblige Maurice de faire appel au FMI et à la BM. Mais si nous le faisons de notre plein gré, c?est que nous avons besoin d?eux et que nous acceptons, par avance, leur diagnostique et le remède qu?ils prescriront si amer puisse-t-il être Si nous n?avons pas besoin d?eux, il ne fallait pas les inviter. La bienséance veut qu?on ne crache pas sur celui qui nous tend la bouée de sauvetage que nous lui avons réclamée. A quelques variantes près, la politique du FMI est synonyme de gestion saine, rigoureuse et équilibrée. On ne saurait se débarrasser sans danger d?une gestion saine. D?autres pays africains font pire que nous en matière d?insultes à la BM et au FMI. Ceux qui les couvrent d?éloges veulent-ils que Maurice devienne comparable à ces pays d?Afrique où le revenu par tête d?habitant se situe au-dessous du seuil de pauvreté, c?est-à-dire $ 365 dollars par année non bissextile.

Anerood Jugnauth nous apprend que le MMM dont il est le président, est un parti de bandit et de récidivistes, banne qu?ine faire hold-up. Les apologistes du MMM nous disent que Jugnauth ne vise pas, heureusement, des dirigeants mais des sympathisants. Jugnauth, pas plus que Bérenger, ne peut ignorer cela. En tant que président, il doit endosser tout le contenu de ce MMM qu?il accepte de présider. Si compromission il y a, elle est collectivement tolérée. Nous ne sommes pas loin du PMSD des années 1970.

Jusqu?à preuve du contraire, Anerood Jugnauth est, en février 1983, le Premier ministre de Maurice. Il hérite d?une Constitution qui lui donne des pouvoirs d?un dictateur, démocratiquement élu, Yousouf Mohamed dixit. Il est libre de prendre toutes les mesures que lui dicte sa conscience y compris la révocation de tous ses ministres ne donnant pas satisfaction, le nettoyage de toute organisme gouvernemental ou semi-gouvernemental. A Triolet, au lieu de prendre les mesures qui s?imposent, il se contente d?imiter les braillards et autres baveux d?Hyde Park Corner, de monter sur une caisse à savon pour vomir sa bile et pleurnicher sur ses bobos. L?express juge une telle attitude indigne d?un Premier ministre. L?île Maurice attend de Jugnauth qu?il se conduise en Premier ministre, capable de révoquer son ministre des Finances s?il ne lui donne pas satisfaction (N.B. : Un quart de siècle, nous courrons le risque de nous retrouver dans une situation offrant pas mal de similitudes).

Pourquoi Jugnauth attend-il tout ce temps pour dénoncer ène bidzet craze ti-dimoune ? A-t-il le droit de saper le moral de la population qui a compris l?importance salutaire d?une politique budgétaire, certes austère, mais saine et rigoureuse. Bérenger n?a d?autre alternative que de soumettre sa démission après avoir été ainsi désavoué par son Premier ministre. Agir autrement c?est courir le risque de s?attirer un mépris également national. Bérenger et Jugnauth sont libres de se lancer de la merde à la figure pour ensuite s?embrasser fraternellement. L?île Maurice a le devoir de leur dire son dégoût et son profond mépris.

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