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«J?ai été forcée à vendre du sexe»
Après 20 ans dans le marketing en France, C.B. décide d?aller voir ailleurs. La Française débarque à Maurice en novembre 2003. Son premier contact se présente sous le pseudonyme de Brian Holiday. Il lui propose de faire la promotion en Europe de son hôtel, à Baie-du-Tombeau.
«J?ai dit oui et je suis restée à Maurice avec un permis de travail qui expirait le 3 octobre 2004. Je devais m?occuper de la clientèle.» Mais très vite, C.B. se rend compte que l?établissement est, en fait, une boîte de strip-tease où les danseuses se livrent à la prostitution. «Je me suis vue vendant du sexe alors que je n?étais pas embauchée pour cela.»
Elle signifie son intention de démissionner. A la suite d?un accord à l?amiable, l?employeur accepte de la dédommager à hauteur de Rs 300 000 par deux chèques de Rs 150 000 chacun. Elle encaisse le premier avant de rentrer dans son pays.
En voulant faire de même pour le deuxième chèque, en France, on lui fait comprendre que ce n?est pas possible. Elle retourne à Maurice pour des explications de la banque émettrice. Cette dernière l?informe que ce n?est pas faisable en raison d?un avis de non-paiement.
C.B. s?assure des services d?un homme de loi, en l?occurrence Me Shakeel Mohamed. Une déposition est donnée à la police mais son permis de travail expiré, elle est sommée par la Prime Minister?s Office de quitter le pays.
<B>PAS DE POURSUITES CONTRE L?EMPLOYEUR</B>
C.B. saisit la Cour suprême pour un permis de séjour en attendant la fin de l?enquête policière. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) y objecte en soutenant que la police n?a plus besoin d?elle.
Elle apprend un peu plus tard qu?un des représentants du Parquet avait informé le juge que le DPP ne comptait pas entamer des poursuites contre son employeur dans l?affaire du chèque non honoré. Toutefois le juge siégeant en référé l?autorise à rester à Maurice jusqu?à la fin de l?enquête policière dans l?affaire de prostitution alléguée.
Au cours de l?enquête un contrat obtenu d?une des danseuses de l?hôtel, jugé accablant, a été remis aux enquêteurs. Le contrat, signé Brian Holiday, fait état entre autres des clauses dont : « Les danseuses devront accepter les conditions suivantes : fournir un service en chambre VIP de 60 minutes ou plus.»
<B>FAUSSES TOURISTES </B>
Sous un autre chapitre est écrit : «Les demandes spécifiques des clients (...) seront soumises à la danseuse avant d?entrer dans la chambre. En cas de désaccord, une autre danseuse sera conseillée au client.» Ces danseuses, selon C.B., sont pour la plupart des étrangères déclarées comme touristes. Elle a même fait lire un sms en ce sens, reçu le 5 octobre dernier, de son ex-employeur. C.B. a décidé d?entrer une action légale en cour intermédiaire pour lui réclamer Rs 500 000 de dommages.
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