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« Nous n?avons aucun plaisir à entretenir Guantanamo Bay »

10 septembre 2006, 00:00

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Le 11 septembre ne représente pas seulement une attaque sur le territoire américain, mais incarne aussi une nouvelle définition de la géopolitique globale. Au-delà des critiques qui font toujours rage, comment se souvient-on de cet événement aux États-Unis ?

Les attaques du 11 septembre ont eu lieu sur le territoire américain, mais c?était surtout une attaque sur le monde. Le World Trade Center était un symbole, avec beaucoup de personnes qui y travaillaient. Au total, des citoyens de plus de 90 pays ont péri dans cette attaque. C?était un épisode dramatique qui a été visible partout dans le monde. Les États-Unis ont bénéficié de beaucoup de soutien, et il y avait une vague de sympathie mondiale après cet événement tragique.

Cette attaque a été une énorme surprise pour la population américaine. Nous avions appris à vivre avec un sentiment de sécurité car nos frontières étaient protégées par deux immenses océans de chaque côté. Et les attentats ont porté ce type de terrorisme aux USA. Tout à coup les Améri-cains se sont sentis menacés et cela a déclenché une vague de patriotisme sans précédent. Nous avons bien réagi par rapport au niveau civil et la population a gardé la tête haute.

Aujourd?hui, par exemple, suite à l?échec des attaques sur des vols britanniques et aux restrictions imposées au niveau des bagages, l?on aurait pu s?attendre au chaos, à la colère, etc. Mais tous ont compris que la sécurité concerne chacun de nous. Je pense que lundi, chaque américain devrait en profiter pour réfléchir au 11 septembre 2001 et à sa portée.

Mais les débats semblent prendre une tournure de plus en plus hostile envers les États-Unis, surtout concernant les détenus de Guantanamo Bay et la présence des troupes américaines dans certains pays arabes. Cela pourrait influer sur le souvenir de ces attaques?

Peut-être pour les autres, mais pas pour les Américains. Nous sommes engagés dans une lutte globale et nous pensons que cela va garantir notre sécurité. Il s?agit là d?un nouveau type de combat, contre un non-state actor, à savoir, des organisations liées à Al-Qaida qui agissent indépendamment des gouvernements et des pratiques traditionnelles selon lesquelles les populations concevaient les conflits.

Cela nous a menés à adopter de nouvelles mesures et Guantanamo Bay en fait partie. Nous avons affaire aujourd?hui à des « combattants illégaux », des gens que nous ramassions sur le champ de bataille, mais qui n?étaient pas des prisonniers de guerre. Ils ne répondaient pas aux normes établies par la Convention de Genève : non-représentants d?un pays, absence d?uniforme, etc. Que fait-on d?eux ? Où est-ce qu?on les détient ? Le président Bush a dit qu?il fermerait Guantanamo Bay dès que cela sera possible.

Nous n?avons aucun plaisir à entretenir un tel lieu et nous travaillons sur des législations pour créer une commission militaire qui reprendra les détenus de Guantanamo. Actuellement, on leur offre le meilleur traitement possible, leurs convictions religieuses sont respectées et nous leur offrons le même traitement médical que celui des soldats américains.

« L?express dimanche » a récemment médiatisé la mention de Maurice dans plusieurs rapports des États-Unis, notamment pour le trafic et l?exploitation des enfants et le terrorisme. Est-ce que l?État mauricien serait sous une forme de surveillance ?

Non, pas particulièrement. Aux États-Unis, nous portons une attention et un intérêt particuliers à certains principes et valeurs auxquels nous attachons beaucoup d?importance et que nous promouvons. Le rôle de l?US Department of States est de compiler des rapports sur des situations qui existent à travers le monde et nous le faisons pour chaque pays sur la liberté, les droits de l?homme, le trafic et l?exploitation des enfants et aussi des évaluations du climat économique des pays. Il n?y a rien de particulier pour Maurice.

« Nous voulons voir un océan Indien sécurisé et démocratique. Maurice fait beaucoup d?efforts en ce sens. »

Maurice effectue actuellement un lobby pour bénéficier d?une extension du « Third Country Fabric » pour nos exportations sous le régime Agoa. Quels sont nos chances de réussite ?

Je ne sais pas. Cela revient au Congrès de décider de ce qui va se passer avec le Third Country Fabric. L?administration soutient l?extension dans le cas de Maurice et nous n?avions constaté aucun problème pendant la période où votre pays avait accès à ce régime. Actuellement, le débat à Washington concerne la globalité et l?avenir du Third Country Fabric. Il y a des discussions sur son éventuel prolongement, et si prolongement il y a, si Maurice sera incluse. Il est aussi question d?alternatif. Il y a une proposition que beaucoup à Maurice accepteront, concernant un changement d?un régime orienté sur la qualité vers celui basé sur la valeur ajoutée. Tout cela est en train d?être débattu au Congrès américain, où le gouvernement mauricien a déjà rencontré des gens et où le « lobbyiste » employé par l?État mauricien est en train de plaider en votre faveur. Ici, à notre niveau, nous avons une contribution dans le sens que nous donnons notre avis et nous soutenons l?inclusion de Maurice.

Les exportations mauriciennes vers les États-Unis sont très limitées, malgré les appels faits par nos deux gouvernements pour une diversification du commerce. Quels sont les obstacles qui empêchent une présence mauricienne plus prégnante sur le marché US ?

Le seul obstacle que je vois est l?imagination de l?homme d?affaires mauricien. L?Agoa fait provision pour environ 6 400 produits qui peuvent être exportés vers les USA sans faire l?objet de taxes. J?encourage les entreprises mauriciennes à considérer le marché américain. Si elles ont un produit qui est de qualité et qui est compétitif dans d?autres parties du monde, alors ce produit le sera aussi sur le marché américain aussi. Il y a un intérêt croissant pour forcer le marché du textile sur le sol américain suite au Salon Magic Trade Fair. J?ai discuté avec les participants et ils s?attendent tous à une éventuelle augmentation de leur marché américain.

La plupart des Américains n?ont jamais entendu parler de Maurice. Quel regard a votre administration sur notre pays ?

Beaucoup de gens ne connaissent pas Maurice, mais ceux qui en ont entendu en gardent un souvenir positif. Maurice est un grand succès économique après les 38 ans d?indépendance, c?est une démocratie authentique et c?est un endroit plaisant pour passer ses vacances. Les intérêts de Maurice et les nôtres dans la région sont les mêmes. Nous voulons voir un océan Indien sécurisé, prospère et démocratique. Maurice fait beaucoup d?efforts dans ce sens et c?est ce que nous faisons.

Et qu?en est-il des Chagos ?

Les États-Unis n?ont aucun litige avec le gouvernement mauricien sur la question des Chagos. Nous avons une importante installation militaire sur l?archipel de même qu?un accord avec le gouvernement britannique concernant l?occupation des îles. Nous savons que c?est une question importante pour Maurice, suite aux demandes vigoureuses de réclamation de souveraineté des Chagos. Mais l?installation militaire ne pose aucun problème à Maurice, comme l?ont affirmé tous les officiels de votre gouvernement.

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