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« L?OPR se prépare à reprendre le pouvoir »

21 janvier 2007, 00:00

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On a du mal à comprendre les rencontres multiples de l?OPR avec les partis politiques de Maurice ?

Je tiens à préciser que l?OPR, depuis sa création en 1976, a toujours prôné une ligne politique neutre. Parce que nous sommes d?avis que le peuple rodriguais a besoin d?une politique différente et adaptée à ses besoins. Pour répondre à votre question, notre mission était essentiellement une mission d?écoute et d?ouverture avec toutes les forces politiques de Maurice. Nous avons fait le tour d?horizon des principaux enjeux auxquels fait face la République de Maurice, dans son ensemble, sans rester dans l?étroit cadre rodriguais.

Est-ce que cela ne va pas à l?encontre de l?autonomie politique que vous avez toujours prônée?

Au contraire, l?autonomie que nous prônons démontre que nous ne dépendons nullement d?un quelconque parti politique de Maurice. L?autonomie est venue démontrer qu?il n?y a plus de grand ou de petit parti. Cette série de rencontres a été bénéfique à Maurice et à Rodrigues puisque cela a permis un franc dialogue. Ce que je regrette, c?est que tout le combat abattu par l?OPR pour l?autonomie soit aujourd?hui freiné avec l?installation du Mouvement rodriguais (MR) au pouvoir à Rodrigues. Les méthodes pratiquées aujourd?hui, par exemple de transformer les terres de l?État en propriété privée ou la délimitation des zones de pêche, vont à l?encontre de ce qui est prescrit dans la loi pour l?autonomie.

Donc vous affirmez que les deux sièges de l?OPR n?ont rien à voir avec ces échanges politiques?

Nous avons décidé, avant de venir à Maurice, que les deux sièges dont nous disposons à l?Assemblée nationale ne doivent pas être un argument de marchandage politique. D?ailleurs, nous avons fait clairement ressortir cela aux partis de l?opposition, que ce soit le MMM ou le MSM. C?est une question de principe. Nous n?allons pas nous ingérer dans les affaires internes des partis mauriciens et nous attendons que ces partis en fassent de même.

L?impression donc qui se dégage, c?est que votre parti veut rester en excellents termes avec toutes les forces politiques ? Pourquoi, d?autant que vous aviez accusé le gouvernement de favoritisme lors de la dernière campagne électorale ?

Nous n?avons pas accusé le gouvernement d?ingérence. Mais l?impression qui s?est dégagée à Rodrigues, c?est que certaines personnalités mauriciennes auraient cautionné l?adversaire de l?OPR. Nous avons fait part de cela au Premier ministre. Il a pris bonne note de notre suggestion : que les ministres ne viennent pas procéder à des inaugurations en pleine campagne électorale, comme cela a été le cas dernièrement. Les différents leaders politiques que nous avons rencontrés, à savoir Navin Ramgoolam, Paul Bérenger, Pravind Jugnauth et Maurice Allet, ont compris le sens de notre démarche. Et aujourd?hui, je peux vous dire que nous cultivons d?excellents rapports avec tout le monde. D?ailleurs, au Parlement, telle sera notre ligne d?action. Nous prendrons position selon nos propres convictions, et dans l?intérêt de Maurice et de Rodrigues.

Pensez-vous que la contestation de l?élection de Louis Ange Perrine du MR risque de chambouler les données politiques à Rodrigues. Si jamais il est disqualifié, éventualité que vous souhaitez, que se passera-t-il ?

On vient de déposer la pétition à la Cour suprême. Elle sera de nouveau entendue le 29 janvier. C?est un cas intéressant dans la mesure où ce monsieur, qui travaillait à Maurice, n?a pas respecté les conditions stipulant qu?un candidat devrait résider durant six mois continus à Rodrigues avant de pouvoir briguer les suffrages. À ce stade, on ne peut pas savoir ce qu?il adviendra électoralement s?il perd son siège : aura-t-on une partielle ou est-ce que les modalités de la proportionnelle seront appliquées ? C?est encore flou, il faut attendre la décision de la Cour suprême?

Vu le mince avantage du MR sur l?OPR (dix sièges contre huit), le pouvoir pourrait basculer?

Au niveau de l?OPR, je ne vous cache pas que nous nous tenons prêts à reprendre le pouvoir. Nous estimons que les dernières élections ont été faussées. Le cas de Louis Ange Perrine illustre que les procédures n?ont pas été suivies par notre adversaire. De notre côté, fidèle à nos principes, nous avons toujours respecté les règles du jeu, que ce soit pour la désignation des candidats ou lors du déroulement de la campagne.

« Nous n?allons pas nous ingérer dans les affaires des partis mauriciens et nous attendons qu?ils en fassent de même. »

Si l?OPR reprenait le pouvoir, vous auriez besoin du gouvernement central. C?est ce qui expliquerait votre volonté de rester en bons termes avec tout le monde ?

Le Premier ministre nous a rencontrés durant une heure et demie. Il a compris que nous allons toujours ?uvrer pour l?avancement des Rodriguais.

Après vos longues discussions avec l?opposition, quel parti l?incarne le mieux selon vous : le MSM ou le MMM ?

C?est vrai que nos discussions à haut niveau nous ont permis de bien comprendre l?action politique des partis mauriciens. Je peux vous dire qu?il y a une réelle diversité parmi les partis. Chacun a sa vision des choses. Et nous comptons soutenir l?un contre l?autre. Si nous allons nous installer dans l?opposition, dans les travées du MSM, c?est uniquement en raison de la disponibilité des places dans l?hémicycle. Il ne faut pas y voir une quelconque indication de la position de l?OPR. Position qui, je le répète, demeure neutre?

Le leader du MMM comptait sur votre soutien au Parlement. Ne vous a-t-il pas manifesté sa déception ?

Il n?y a jamais eu de discussion sur la question de soutien. Paul Bérenger a compris notre position. Et il ne nous a jamais demandé un quelconque soutien?

À Rodrigues, le MR vous accuse de « mauvais perdants »?

Nous sommes allés à la prestation de serment des nouveaux commissaires justement pour démontrer que nous respectons le jeu politique. Il y a eu, au décompte des suffrages, une équité de six élus de chaque côté. La représentation proportionnelle a donné un léger avantage au MR. Je joue mon rôle de Minority Leader et mon parti fait de l?opposition constructive. Il faudrait demander à Nicolas Von Mally comment il a gagné les élections et avec quels moyens.

Y a-t-il désaccord au sein de l?OPR, vu que Spéville avait annoncé des développements, alors qu?on constate que c?est le statu quo après votre mission à Maurice ?

Le député Spéville faisait allusion à l?affaire en Cour, et non pas à un hypothétique soutien à un parti mauricien. L?OPR est une équipe soudée. Il y a des spéculations gratuites.

Si vous revenez au pouvoir, après l?épisode Perrine, vous présenterez-vous comme chef commissaire une nouvelle fois ?

Oui, pour continuer le travail que nous avons commencé. Nous avons une bonne équipe. Nous allions gagner, mais ce sont les méthodes du MR qui ont fait pencher la balance.

■ Propos recueillis par Elwyn CHUTEL

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