Publicité
« Les enfants ont de nouveau besoin de nous »
Par
Partager cet article
« Les enfants ont de nouveau besoin de nous »
Comment avez-vous accueilli le retour de la « Society for Aid to Children Inoperable in Mauritius » (Sacim) ?
Je suis heureuse que la Sacim reprenne le flambeau, après plusieurs mois d?inactivité. On ne pouvait laisser mourir cette ?uvre de toute une vie. D?autant plus que les enfants ont de nouveau besoin de nous.
À un moment, certes, le nombre de parents d?enfants qui sollicitait l?aide de la Sacim pour se faire soigner à l?étranger avait considérablement diminué. L?association ne pouvait donc poursuivre ses activités dans ces conditions, d?où la décision de tout arrêter. Mais la majorité des membres souhaitait continuer le travail et c?est pourquoi nous avons pu relancer l?ONG sans trop de difficultés début octobre. Le comité a été constitué et comme dans le passé, Cassam Uteem est notre patron.
Et comment fonctionne donc la « Children of Mauritius Medical & Surgical Support Asssociation » (Commssa) ?
L?association, qui a été fondée en 1991, travaille en étroite collaboration avec la Sacim. À Perth, nous prenons le relais en accompagnant l?enfant malade et le parent durant tout leur séjour. La Commssa a pour président le Dr Serge Toussaint. Ce dernier a un réseau de contacts important, constitué d?éminents chirurgiens et d?hôpitaux très connus à Perth comme à Melbourne.
Les enfants sont opérés gratuitement, mais il arrive que nous devions encourir certains frais. Pour constituer notre budget, nous avons recours à des collectes de fonds plusieurs fois par an. À l?occasion du Flag Day de la Sacim, une collecte sera organisée du 5 au 7 novembre. Nous avons aussi des sponsors réguliers.
Combien coûtent ces opérations ?
Notre budget pour les interventions chirurgicales tourne autour de Rs 300 000 à Rs 400 000 par an. Nous sommes prêts à toute éventualité. Par exemple, une fois nous avons eu à débourser près de Rs 800 000 pour un petit garçon qui n?avait pu obtenir l?aide financière du gouvernement mauricien. C?est surtout le séjour post-opératoire à l?hôpital qui est coûteux. Seulement, il y a des enfants que nous ne pouvons malheureusement pas aider, car le traitement est trop onéreux. Cependant, nous pouvons toujours les guider.
Quels sont les traitements offerts dans les établissements hospitaliers ?
Les trois quarts des enfants qui viennent se faire soigner à Perth souffrent de problèmes orthopédiques. Nous avons actuellement deux petites Mauriciennes qui souffrent d?une maladie assez rare et qui doivent souvent faire le déplacement.
Il s?agit d?une forme d?arthrose qui affecte la vision. Elles ont dû être opérées des yeux au Lions Eye Institute de Perth. Les cas compliqués sont, quant à eux, référés à Melbourne.
Comment se passe la prise en charge du petit malade à Perth ?
À la réception de son dossier médical, nous organisons son admission dans un hôpital privé, où il sera opé-ré. Mon époux et moi accueillons l?enfant et le parent à l?aéroport, et nous les plaçons dans l?une des 12 familles d?accueil mauriciennes.
Nous prenons aussi en considération les sensibilités culturelles et religieuses des uns et des autres. Ils seront pris entièrement en charge par la fa-mille qui s?assurera de leur confort mais plus important, elle sera responsable de les emmener à l?hôpital pour les traitements. La majorité des fa-milles d?accueil est composée de personnes à la retraite, et qui souhaitent venir en aide à leurs compatriotes de manière bénévole.
La séparation avec la famille d?accueil doit être dure?
Beaucoup d?enfants, chétifs au départ, repartent guéris et ragaillardis par l?amour et l?attention qu?ils ont reçus auprès de ces familles. Un lien très fort les unit. Avant l?opération, leur famille d?accueil leur fait visiter la ville, car ils seront cloués plusieurs semaines au lit après l?intervention chirurgicale. De retour à Maurice, les enfants leur donnent souvent de leurs nouvelles, ils s?échangent des cartes de v?ux, plus tard ils rendent visite à leur deuxième famille.
Lorsque la Sacim a annoncé sa fermeture, nous avons eu beaucoup de témoignages de reconnaissance de ceux et celles qui ont bénéficié d?une aide de l?ONG. Ils ne voulaient pas qu?on cesse nos activités. Aujourd?hui, leur souhait s?est concrétisé.
Publicité
Publicité
Les plus récents