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« Le projet idéal doit protéger la biodiversité »
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« Le projet idéal doit protéger la biodiversité »
En quoi consiste votre Fonds, et qui est éligible ?
Établi depuis 1992 lors du Sommet de Rio, ce Fonds mondial apporte un soutien financier et technique à des projets liés à la protection de l?environnement dans 73 pays en développement. Le SGP est un programme de micro-financement qui concerne spécifiquement les ONG et les associations communautaires. Nous constatons que les actions communautaires peuvent maintenir l?équilibre entre les besoins de l?homme et les impératifs environnementaux.
Quel est l?objectif de votre conférence-exposition du 24 novembre à l?auditorium Octave Wiéhé ?
Nous organisons tous les ans cette rencontre avec les initiateurs des projets, mais cette fois, nous invitons également le public à y participer. L?ob-jectif est de montrer, grâce à 25 projets qui seront exposés et une dizaine de présentations en salle, comment des ONG ont trouvé le moyen de résoudre des problèmes environnementaux de façon concrète. De la protection de la « cateau verte » à la fabrication de compost, en passant par les bouées d?ancrage dans le lagon, et la découverte de nouvelles espèces endémiques, il y a une multitude d?idées innovantes que les Mauriciens sont invités à découvrir. Le deuxième objectif, tout aussi important, est de décrire le GEFSGP au public pour voir émerger d?autres idées de projet communautaire que nous pourrons alors financer.
Pensez-vous sensibiliser les Mauriciens de cette façon ?
C?est bien là notre but. Nous avons déjà financé une cinquantaine de projets, et c?est très valorisant de voir comment des individus se sentent concernés au point de donner leur temps et leur expertise pour sensibiliser les gens. Parmi les projets présentés, on trouve des idées simples qui permettent, notamment, à de jeunes Rodriguais de cultiver la terre tout en protégeant leur île. Tous les secteurs de la société sont concernés car il s?agit de montrer que des villages, des femmes, des fermiers, des pêcheurs, peuvent, à leur niveau, participer à la conservation de l?environnement en choisissant des solutions durables?
Mais n?y a-t-il pas conflit d?intérêt avec le développement à outrance ?
Nous n?intervenons pas dans des actions revendicatrices ou polémiques. Les rapports de force ne donnent rien dans le domaine. Nous participons au financement de projets concrets, d?études, de recherches, qui permettent de trouver des solutions, des consensus, et d?avancer à petit pas, quitte à faire changer certaines politiques. Grâce au projet de compostage par exemple, les ONG ont démontré qu?il existe une solution alternative et peu chère à la gestion des déchets. Aujourd?hui il existe une ONG qui commercialise non seulement le compost, mais aussi le composteur qui est fabriqué localement.
Combien donnez-vous aux ONG ou associations ?
Depuis 1996, nous avons versé Rs 30 millions pour une cinquantaine de projets qui ont mobilisé environ Rs 60 millions de plus. Pour chaque roupie donnée, l?ONG doit trouver ou fournir sa roupie en nature ou en espèces. Ce cofinancement est important car il montre une volonté de s?inscrire dans la durée. Le plafond est de $ 50 000. Nous donnons aussi $ 1 000 à $ 2 000 pour financer chaque ébau-che de projet. Nous aidons bien sûr les associations à monter leur dossier avant qu?ils soient présentés devant le comité de pilotage national, et nous suivons une stratégie fixée deux ans à l?avance.
Quels sont les problèmes environnementaux récurrents ?
Les plus importants sont certainement liés au développement et à la gestion des zones côtières. Trouver des lieux sûrs pour décharger et stocker des déchets sur une île aussi petite que Maurice est un vrai casse-tête. Actuel-lement, nous évaluons cinq nouveaux dossiers pour financement. Cela va de la protection d?îlots, où il y a énormément d?oiseaux, à la gestion des déchets des porcheries. Nous mettons l?emphase sur les projets qui permettent à des communautés de créer des activités génératrices de revenus. À Rodri-gues, j?ai été impressionnée par la prise de conscience de l?importance de la biodiversité. Nous avons financé un groupe de jeunes qui ont monté leur entreprise de propagation et de con-servation des plantes endémiques.
Quel est le projet idéal ?
C?est celui qui protège la biodiversité, empêche la pollution de s?infiltrer dans nos lagons, ou fait la promotion des énergies renouvelables, tout en sensibilisant la population, surtout les enfants. C?est aussi un projet qui génère des revenus. Ce n?est pas un rêve, car certaines des ONG que nous avons financé ont réussi tout cela, et même plus ! Nous encourageons aussi les projets à dimension stratégique et politique. Par exemple, nous soutenons actuellement une association qui étudie les moyens de limiter la consommation d?électricité. Faire baisser le montant des factures intéressera certainement le public. Même le CEB est partant?
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