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« Le budget national est un enjeu concernant l?homme et la femme »
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« Le budget national est un enjeu concernant l?homme et la femme »
Vous avez procédé à une formation sur le thème du gender et le budget. Quelles en sont les retombées ?
Lors de l?atelier de travail organisé par Media Watch à l?intention des journalistes, il y a eu beaucoup d?échanges. La conception du gender dans le budget a suscité beaucoup d?intérêt par les membres de la presse mais aussi de la part des autorités. Car les femmes assument divers rôles et il faut les reconnaître. Non seulement elles contribuent au budget familial à travers leur travail mais elles s?occupent aussi de la famille, des enfants, de leur éducation.
La perception qu?elles ne sont que dépensières, est erronée ! Les femmes sont de bonnes gestionnaires et se sacrifient très souvent. Le paradoxe est qu?elles ne s?expriment pas assez. Au cours du séminaire, nous avons élaboré sur les actions passées pour leur donner voix au chapitre. Et bien que des initiatives aient été prises, cela n?a pas eu de grands débouchés. D?ailleurs, les ministres présents, Rama Sithanen et Indira Seebun, ont affirmé leur volonté de suivre et reprendre tout cela. Ils vont aussi tenir compte des recommandations dans l?exercice des consultations pré-budgétaires. Les discussions ont été dynamiques et fructueuses avec la réaction des ONG, des organisateurs et des participants.
Un High Level Committee a été institué pour se pencher sur cette question. Qu?en est-il advenu ?
En 2002, un High Level Committee dont j?ai fait partie, a été créé. Il fut présidé par Patricia Day-Hookoomsing, et le but était de faire du Gender Responsive Budgeting (GRB). C?est une initiative qui permet de faire une analyse des formes de dépenses publiques des femmes et des hommes, afin de s?assurer que la gender equality est respectée, de faire avancer les choses en favorisant l?égalité des chances. Cela comprend aussi des méthodes employées pour recueillir des fonds en sachant injecter de l?argent dans des domaines concernant le gender, par exemple, pour le recyclage des femmes licenciées de la zone franche, dans l?éducation, entre autres.
Après son institution, nous avons établi un plan d?action et avons fait des analyses comprenant plusieurs aspects du gender ; dont le taux élevé de chômage parmi les femmes ? 16,5 % contre 5,8 % chez les hommes ? la féminisation de la pauvreté, la gender inequality dans la prise de décision, la grossesse chez les adolescentes, les gender-sensitive expenditures.
La phase pilote du plan d?action ? donc l?analyse en question ? a été appliquée auprès des ministères des Droits de la Femme, de la Santé et de l?Éducation.
Puis, alors que nous devions entamer la deuxième phase ? l?up-scaling ? afin de préparer le Responsive Budget, finalement, nous avons souhaité passer le relais au ministère des Finances qui disposait déjà du Medium Term Expenditure Framework. Un programme impliquant le casting d?un budget pendant trois ans au lieu d?une année, comme cela se fait traditionnellement et rejoint un peu le but du GRB. Les rapports ont été soumis aux autorités, mais il n?y a pas eu de suite à fin 2004.
« À travers le GRB, on ne vient pas défendre les femmes uniquement ! »
Quel est le rôle du gender dans la préparation du budget national ?
Le budget national est un enjeu concernant l?homme et la femme. À travers le GRB, on ne vient pas défendre les femmes uniquement ! Mais il est question de réfléchir et de passer en revue des secteurs stratégiques, voir comment les fonds publics sont dépensés, surtout pour les femmes qui sont davantage marginalisées dans la prise de décision pour la gestion des dits fonds. Les initiatives du GRB sont des méthodes visant à démocratiser les façons dont les budgets sont préparés et appliqués, et de donner plus d?importance aux sujets concernant les femmes. Il est donc normal que les femmes et les hommes joignent leurs efforts pour que l?on atteigne une win-win situation et que l?on décèle les défaillances du système.
Doit-on faire comme au Canada où un conseil du statut de la femme milite et s?assure que des mesures en faveur des femmes sont appliquées dans le budget ?
Je crois qu?il existe déjà des instances à Maurice qui militent dans cette direction. Mais quelle est l?étendue de leur pouvoir ? Par ailleurs, des organisations du secteur privé peuvent aussi mettre la main à la pâte pour accentuer sur le voice-out. Car si on ne parle pas, comment pourrait-on identifier les besoins ? Dans plusieurs pays, il y a des instances qui fonctionnent comme des Gender Budget Watches.
Ce serait une bonne initiative, du moment que l?on définit clairement les objectifs, les outputs, les activités et le budget.Y a-t-il de la résistance à une meilleure implication de la femme dans la préparation du budget ?
Il y a une certaine résistance découlant d?un manque d?expression. On ne prend pas les choses assez au sérieux. Hommes et femmes semblent passifs. Il faut créer des réseaux, s?asseoir, discuter, avoir une meilleure sensibilisation et dissémination des informations. Les médias aussi jouent un rôle important pour impliquer tout un chacun dans cet exercice national.
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