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« La British American Investment ne veut pas devenir un empire »

27 janvier 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Après l?automobile (Iframac), l?électroménager (Courts) et la médecine de pointe (Apollo), quels sont ces autres secteurs que vise la BAI ? </B>

La BAI est une compagnie d?investissement dont l?objectif premier est de mettre en place ou d?acquérir des intérêts dans des compagnies existantes afin de rendre nos investissements profitables dans l?intérêt de nos actionnaires.

Nous avons investi dans plusieurs secteurs, notamment les services financiers, les concessionnaires de véhicules, la distribution et la construction, le tourisme, entre autres.

Nous continuons à consolider nos opérations et à évaluer les offres qui nous parviennent d?autres opérateurs, qui veulent vendre leurs business dans les secteurs qu?ils souhaitent, eux, abandonner. Le Groupe a décidé de se concentrer sur les secteurs qui nous semblent porteurs.

Il est vrai que, dans certains cas, ces offres nous intéressent parce que nous avons une stratégie axée sur des acquisitions pour soutenir notre croissance organique.

Cette année, nous allons établir une banque. En effet, nous sommes déjà très présents dans le secteur financier et la banque est ainsi une étape logique de notre développement dans ce secteur.

Nous allons aussi mettre en chantier les projets identifiés dans notre Business Plan pour l?année, parmi le début des travaux de l?Apollo-Bramwell Hospital.

Au niveau régional, notre subsidiaire, Iframac est désormais présente à Madagascar et explore sérieusement les possibilités d?investissements dans les marchés d?Afrique sub-saharienne, ainsi que le sous-continent indien.

Nous sommes déjà présents au Kenya et à Malte. D?ailleurs, il est intéressant de noter qu?à Malte, on a investi environ Rs150 millions et que notre investissement valait, à la fin de décembre, dans les Rs 1,4 milliard.

Par ailleurs, Bramer Asset Management compte très bientôt ouvrir un bureau à Dubayy.

<B>Certaines informations évoquent le possible rachat de l?enseigne Jumbo par la BAI. Qu?en est-il vraiment ? </B>

C?est tout à fait faux. On ne nous a jamais offert Jumbo. Il semble qu?il s?agit d?une de ces rumeurs que certaines personnes aiment lancer de temps à autre contre notre Groupe.

« Cette année, nous allonsétablir une banque [?] une étape logique de notre développement »

<B>Où en est le projet Apollo et à quand le début des travaux pour l?installation d?une clinique high-tech ? </B>

Le projet est en bonne voie et les travaux commencent fin février. Nos architectes ont travaillé d?arrache-pied avec leurs collègues indiens.

Il faut faire ressortir que le partenariat entre le chairman d?Apollo, le Dr Pratap Reddy et celui de la BAI, Dawood Rawat, ne s?est pas arrêté aux nouvelles technologies médicales.

Nous avons voulu créer et, en même temps, encourager de meilleures relations entre Maurice et l?Inde en exigeant que nos techniciens travaillent de concert avec nos partenaires indiens.

Pour le projet ambitieux qu?est l?Apollo-Bramwell Hospital, il a fallu prendre tout le temps nécessaire pour procéder à des études poussées et trouver la meilleure formule pour nous assurer que cet hôpital sera de niveau international avec une touche mauricienne.

Les plans d?architecture de l?Apollo-Bramwell Hospital sont désormais prêts et j?ai le plaisir de vous annoncer que nous allons commencer les travaux de construction fin février, qui par ailleurs, dureront quelque 18 mois. Si tout se passe bien, l?Apollo-Bramwell Hospital devrait être opérationnel vers la fin de 2008.

<B>Est-ce que la BAI s?intéresse aussi au secteur de l?aviation, notamment par rapport à Malaysia Airlines et Qatar Airways ? </B>

La BAI s?intéresse à tous les secteurs qui constituent la base de l?économie mauricienne. Ainsi, nous avions intérêt à nous lancer dans le tourisme, et nous l?avons fait car il est évident que ce secteur est vital pour l?avenir de l?ile Maurice.

Mais nous aimerions attirer l?attention du public mauricien sur le fait que nous sommes déjà dans ce secteur depuis quelques années avec Solis, qui a été à la pointe de l?ouverture de notre tourisme en Russie et en Inde. Nous avons aussi une société de location de voitures, National Car Rental, une agence de voyages, Le Voyageur, et nous sommes aussi actionnaires dans les hôtels The Sands et Villas Caroline.

Nous avons beaucoup d?espoir dans le tourisme, et vu l?expérience internationale du groupe, notamment aux Caraïbes et à Malte, il est tout à fait normal pour nous d?être partie prenante dans ce secteur.

Il est aussi intéressant de rappeler que nous avons voulu entrer dans ce secteur il y a plus de 10 ans, durant le premier gouvernement Ramgoolam de 1995 à 2000. Nous avions planifié la construction d?au moins quatre hôtels. Mais, malheureusement, on n?a jamais eu l?aval de ce gouvernement.

Pour ce qui est de Malaysia Airlines, notre filiale, la British American Travel Company (BATC) s?est associée avec cette compagnie en 2004. Quelque temps après son entrée en opération, la BATC a été désignée General Sales Agent de la MAS Kargo.

En ce qui concerne Qatar Airways, il semblerait que le gouvernement mauricien n?a pas encore décidé de lui octroyer (ou pas) un droit d?atterrissage. Devant ce flou, c?est difficile pour une société comme la nôtre de nous prononcer sur la question, d?autant plus que nous ne serons peut-être pas les seuls à Maurice à postuler pour la représentation de cette ligne aérienne.

Vous n?êtes pas sans savoir que Maurice a adopté une open sky policy, ce qui a permis à plus de lignes aériennes de desservir notre île. Aucune de ces compagnies n?est représentée par la BAI.

<B>Le rédacteur en chef du journal The Star, Reza Issack, évoque des négociations avec une compagnie appartenant à la BAI pour un éventuel rachat de son titre? Le secteur de la presse vous intéresse tant ? </B>

Le groupe est intéressé à investir dans la communication sous toutes ses formes.

Dawood Rawat ? peu de gens le savent ? a été chairman de l?ancien journal Star en 1970. Il fut nommé par feu Abdullah Currimjee, ex-fondateur et P-D.G de Currimjee Jeewanjee.

Mais on voit mal pourquoi on s?interroge sur l?intérêt de Dawood Rawat ou de la BAI dans ce secteur où il y a d?autres familles dans le monde du business et d?autres gérants de compagnies qui sont de gros investisseurs dans des groupes de presse. Et vous les connaissez d?ailleurs? On est certainement intéressé à reprendre d?autres titres quand on nous les propose.

<B>Vu l?expansion de la BAI, qui ne doit pas faire que des heureux sur la place, plus d?un se demande quel est le secret de votre expansion ? </B>

Il n?y a pas de secret comme tel.

Le chairman du groupe, Dawood Rawat est un visionnaire.La BAI a été lancée en 1970 et a très vite connu une expansion extraordinaire grâce à une stratégie très agressive ciblant une clientèle que les autres avaient négligée et couvrant le maximum de terrain et en étant les premiers à ouvrir des branches à travers le pays.

Très vite, le nombre d?agents de la BAI atteignait 125, presque le double du nombre de ceux employés par toutes les autres compagnies prises ensemble.

De 1970 à 1984, après une expansion fulgurante, la BAI était déjà dans le peloton de tête des compagnies d?assurances. Plus tard, Dawood Rawat fut invité à se rendre aux États-Unis pour prendre de l?emploi au siège social de la British American en tant que Senior Vice-President ? Marketing Worldwide. Une promotion extraordinaire. C?était la récompense que les Américains offraient à M. Rawat pour le travail accompli à Maurice et en Afrique.

Très vite, en 1988, il fut nommé président-directeur général mondial.

Le succès du groupe émane très simplement d?une approche très agressive en marketing et d?une connaissance profonde du marché mauricien. Le Groupe a toujours été innovateur, a toujours cherché à employer des personnes de toutes les communautés qui pouvaient contribuer au succès du Groupe.

Et aujourd?hui, non seulement avec la première compagnie d?assurances, mais aussi avec des acquisitions qui ont suivi, c?est une équipe soudée de Mauriciens, toutes communautés confondues, avec aussi des étrangers, qui continue la belle lancée du Groupe.

<B>Pensez-vous que certains tentent de vous déstabiliser par le biais de la presse ? </B>

Oui. Cependant, nous nous retiendrons de qualifier les méthodes de nos détracteurs et de leurs mobiles. Nous continuerons nos efforts dans le respect de l?éthique professionnelle. Les autres vivront selon leur propre sens de l?honnêteté et de l?intégrité (ou manque d?intégrité) professionnelle.

<B>Quelle est la philosophie qui gouverne la BAI et ses dirigeants, Dawood Rawat et vous-même ? </B>

Notre Mission Statement traduit bien notre philosophie : « Profits with integrity, through marketing of innovative products and services using the best employment practices, for the benefit of all stakeholders. »

<B>Où s?arrêtera l?empire BAI?</B>

(Rires)? Il n?y a pas d?empire BAI.

Notre société a commencé ses opérations très modestement en 1969 en tant que branche locale de la British American Insurance.

Grâce à la vision et aux efforts de Dawood Rawat, le Président du Groupe, et d?autres dirigeants, la petite branche que nous étions s?est métamorphosée, 36 années plus tard, en une institution mauricienne dynamique et cotée en Bourse, avec un personnel de quelque 2 000 personnes.

Il n?y a pas d?empire BAI [?] Mais en business ceci est vrai : « You start dying the day you stop growing? »

Aujourd?hui, la British American Investment est l?une des sociétés les plus innovatrices dans plusieurs secteurs. Nous avons intégré notre savoir-faire dans nos actions et continuons à explorer d?autres possibilités qui nous permettraient de consolider nos opérations et notre profitabilité, tout en offrant à nos actionnaires et aux Mauriciens en général les meilleurs produits et services possibles.

Pour répondre à votre question, en business, you start dying the day you stop growing. Pourquoi est-ce qu?on parle d?empire quand il s?agit de la BAI et jamais pour les autres grands groupes ?

Nous ne voulons pas devenir un empire. Ce qui nous intéresse, c?est une croissance normale, dans des conditions économiques normales avec un level playing field pour tout le monde. Nous voulons que tout le monde réussisse et si tout le monde réussit, nous en bénéficierons. C?est aussi simple que cela.

Faire un amalgame entre la BAI et le gouvernement ou un politicien relève de la très mauvaise foi. D?ailleurs, la progression de la BAI n?a jamais suivi un gouvernement ou un autre. Cela s?est fait sous tous les gouvernements que ce soit ceux de SSR, SAJ, Paul Bérenger ou de Navin Ramgoolam.

En fin de compte, c?est au public mauricien de qualifier les résultats du Groupe. Nous continuerons nos efforts, l?esprit serein?

Propos recueillis par <B>Nad SIVARAMEN</B>

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