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« Il faut vous ouvrir à l?étranger »

18 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Votre entreprise, Logtel, basée en Israël, collabore avec United Commu-nications Limited pour mettre en place des programmes de formation dans le domaine des télécommunications pour son centre d?excellence à Maurice?

Logtel a pour but de former les compétences pour le high-tech en Israël et à travers le monde. Nous avons des bureaux en Inde, à Bangalore, et au Chili et nous avons établi des partenariats avec des entreprises en Chine, à Singapour et en Europe. Nous avons 25 ans d?expérience dans le domaine de la formation de haut niveau pour les télécoms.

Nous avons remarqué que dans pas mal de pays, y compris les plus développés, le fossé entre le niveau d?éducation et l?état actuel de la technologie est relativement important. Nous intervenons donc pour former les gens aux technologies existantes, mais aussi à celles qui sont nouvelles. Malheureusement, ces technologies ne se sont pas encore ancrées dans les systèmes universitaires à travers le monde. Nous sommes donc à Maurice pour réduire le fossé entre l?état des connaissances et la technologie en place.

Maîtriser les télécoms est donc une condition essentielle pour réussir dans le domaine des technologies de l?information et de la communication (Tic) ?

S?il y a un domaine qui se développe ces 20 dernières années, c?est bien les télécoms. On ne peut pas imaginer l?évolution d?un pays actuellement sans qu?il n?entre dans le domaine des télécoms. Israël est un très bon exemple. N?ayant pas de ressources, on a réalisé assez tôt que la seule richesse qui existe dans ce pays, ce sont les cerveaux. Et c?est ce qu?il faut développer. Il s?agit là de la seule manière de survivre.

Selon vous, quels sont les besoins en formation à Maurice ?

Il faut donner de la valeur ajoutée aux personnes formées, pas uniquement pour travailler sur le marché local. Il faut vous ouvrir à l?étranger et ainsi attirer les capitaux et constructeurs internationaux.

Intel, Motorola ou Microsoft ont des centres de développement en Israël. Le processeur Dual Core d?Intel a été développé en Israël, et ce n?est pas là le fruit du hasard. Si vous développez des connaissances ici, vous allez pouvoir développer une industrie tournée vers l?export. C?est pour cela que nous voulons mettre en place ici un centre de formation qui va rayonner vers les pays environnants d?Afrique. Transformer Maurice en hub de formation pour la région.

Maurice n?a pas semblé très clair dans ses objectifs de formation dans les Tic. Sentez-vous qu?une stratégie se met en place ?

Lors de notre rencontre avec le ministre de l?Éducation et celui des Télécoms, nous avons senti que les choses ont avancé.

Ils savent qu?il y a un besoin et sont conscients des problèmes. Ce qui leur manquait, c?est un maillon pour connecter le besoin en formation à la technologie. Nous espérons être ce maillon. Nous envisageons aussi, comme en Israël, de former une jeune génération de pré-ingénieurs. L?idée est de prendre des jeunes de 15 à 17 ans en fin de cycle secondaire, de leur donner une formation en high-tech, et d?essayer de leur faire penser en termes d?innovation. Ainsi, quand ils démarreront leur cycle universitaire, ils auront déjà une longueur d?avance et ils ne verront pas l?ordinateur comme un simple outil. Ces jeunes vont apprendre à considérer la technologie qui se trouve derrière et savoir ce qu?on peut faire avec.

Est-ce une initiative vraiment applicable à Maurice ?

Il n?est jamais trop tôt pour se lancer, surtout dans les télécoms. L?évolution dans ce domaine est tellement phénoménale que vous ratez le coche à tous les coups. De ce fait, il faut démarrer le processus au plus tôt. La volonté existe ici, ce qui est très important. Mais il faut sensibiliser les jeunes de plus en plus. Si on parle de former ceux qui sont déjà en place, c?est une approche technique, il faut les mettre à la page. Mais si on parle de former la génération future, là, c?est un travail de longue haleine.

Concrètement, qui allez-vous former à Maurice ?

Il y aura deux formations parallèles. D?abord, celle pour des détenteurs d?un premier diplôme post-secondaire qui ont une connaissance en informatique. Ces derniers vont recevoir un enseignement commun général, puis spécialisé, selon qu?ils s?intéressent à la technologie Wireless, Voice over IP (téléphonie par Internet), etc. Puis, nous aurons aussi des étudiants qui partiront de zéro mais qui ont des connaissances en informatique.

À la sortie, nous nous retrouverons avec des professions qui maîtriseront la technologie wireless pour la téléphonie fixe pour le mobile, des experts en fibre optique ou en réseau de 3e génération (3G) pour les portables. Nous aurons également des formations modulables à la demande des entreprises ou d?administration qui nous demanderont deux semaines de formation en GSM ici, ou cinq jours de formation 3G là.

Vous êtes l?un de ceux qui ont développé le minitel en France. Vous suivez l?évolution des télécoms depuis 1973. Peut-on encore s?attendre à des développements majeurs ?

L?évolution ne s?arrêtera jamais. Dans l?avenir proche tout sera wireless. Au niveau de l?infrastructure des télécoms, tout tournera autour du sans-fil. Les spécialisations dans ce domaine ouvriront à des métiers d?avenir.

■ Propos recueillis par R.B.

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