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« C?est en reconnaissant ses charges émotionnelles qu?on peut les dépasser »
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« C?est en reconnaissant ses charges émotionnelles qu?on peut les dépasser »
Pourquoi pleure-t-on ? Est-ce que c?est important de pleurer ?
On pleure quand on est confronté à une mauvaise nouvelle, une douleur physique ou psychologique, une contrariété ou une fatigue nerveuse. Un sujet perturbateur vient déclencher un ensemble de décharges émotionnelles. D?un point de vue biologique et neurologique, ce qui se passe, c?est que les noyaux gris centraux du cerveau déclenchent des réflexes élaborés qui provoquent une émission de larmes.
Est-ce important de pleurer ? Je crois que ce qui est plus important, c?est comment on réagit face à un événement. Pleurer est une réaction. Cela permet d?extérioriser l?affect, la charge émotive. Si le sujet reste indifférent à l?affect, il reste lié au souvenir.
Les larmes sont comme un signe de faiblesse. Pleure-t-on moins ou plus aujourd?hui ?
Cela dépend de la personne et de son histoire. Ceux qui ont du mal à accepter les larmes sont ceux qui veulent tout maîtriser. Ils répriment ce qu?ils ressentent. L?être du troisième millénaire est plus individualiste. Avec les progrès technologiques, il croit tout maîtriser. Il est dans le « faire » et il se consacre moins à l?intériorité. Pourtant, les larmes permettent de se libérer, d?être en contact avec ses émotions. C?est en reconnaissant ses charges émotionnelles qu?on peut les dépasser. D?un autre côté, il y a des personnes qui versent volontiers des larmes, histoire de montrer qu?elles sont sensibles et attirer ainsi l?attention.
Pourquoi les hommes pleurent-ils moins que les femmes ?
Pendant longtemps la tradition occidentale a empêché l?homme de pleurer. Ce dernier a eu pour modèle qu?un homme doit être fort, stoïque, et savoir encaisser sans jamais perdre contenance. Les hommes se gardent de pleurer parce qu?ils craignent d?être mal jugés en exprimant leur peine. Cela ne veut pas pour autant dire que les hommes sont insensibles. Ils souffrent autant que les femmes et pour les mêmes raisons : rupture, abandon, rejet, impuissance. Il faut quand même dire que la notion de masculinité change, que les pleurs des hommes deviennent acceptables.
Trop pleurer, est-ce mauvais ?
Tout est relatif. Cela dépend de notre propre sensibilité, de notre histoire, de notre psychisme. Mais dès qu?on tombe dans l?excessif, on est dans le pathologique. Pour moi, pleurer ou ne pas pleurer, ce n?est pas la question. Il s?agit avant tout d?identifier et d?exprimer à sa façon et de manière la moins destructive possible, ses sentiments.
Que faire en face de quelqu?un qui pleure ?
Il n?y a pas de solutions sur mesure. En règle générale, il vaut mieux le laisser pleurer. Au lieu de lui dire : « pas plore, prend courage », il vaut mieux l?accompagner, l?assurer de votre présence, de votre soutien et de votre écoute. Grâce au toucher ou à une main posée sur une épaule, on témoigne de son soutien.
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