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Bougie décorative, flamme vacillante
Des grilles branlantes s’ouvrent. Une chaude odeur de paraffine titille les narines. C’est de cette modeste maison, sise à La Caverne, Vacoas, que sortent des bougies : minuscules, grandes, flottantes, colorées et parfumées. Des produits artisanaux destinés principalement aux hôtels, d’ici et d’ailleurs.
Incorporée en février 2004, Shash Creation, entreprise familiale, s’est spécialisée dans la conception et la fabrication de bougies décoratives. La flamme d’artisan est cependant sujette aux contraintes d’expansion.
Le cœur de l’entreprise est Usha Hurry. En 1995, sans emploi, ni expérience, elle se lance dans ce créneau à l’approche des festivités de Divali. Elle cible les particuliers “pour tâter le marché”. La production sera artisanale.
Son entrée réussie en la matière, elle la doit, un tant soit peu, à l’hôtel Trou-aux-Biches. Prospectant dans cet établissement, Usha Hurry décroche une commande de bougies flottantes. Une telle opportunité n’est pas à ignorer. Elle bouquine. Nuit et jour. Et elle livre ses 6 000 pièces. Faites main.
Grâce à une intermédiaire auprès des hôtels, sa bougie devient cierge. Les carnets de commandes sont remplis en cette période de Divali, de Noël et de Nouvel An.
Le succès est au portillon, mais ne traverse pas le seuil. Par manque de moyens financiers. Elle est veuve, sans aucun bien immobilier en son nom. Les banques, au vu de sa situation, sont réticentes à lui avancer la somme requise. Et l’aide promise par la Small & Medium Industry Development Organisation (Smido) tarde à se concrétiser. “Les institutions font plein de publicité. Mais, en tant qu’individu, il est impossible de bénéficier de leurs prêts”, déplore Usha Hurry.
L’investissement servirait à ouvrir une boutique de bougies, concept très répandu en Grande-Bretagne. Louer une échoppe, dans des centres commerciaux très visités, tels que le Caudan Waterfront, lui reviendrait trop cher. Ce serait financièrement asphyxiant, sans compter les salaires et dépenses.
Les difficultés, Usha Hurry les retrouve jalonnant sa ligne de production. Pour se procurer la paraffine, elle a changé de fournisseur. Le prix de la matière première est en hausse, non répercutable à la vente, par crainte de perdre ses clients.
Pour se mettre au diapason mondial des bougies décoratives, la femme d’affaires s’est financée de brèves études en Inde. Et l’année dernière, elle a été en Grande-Bretagne
En dépit du coût de la vie élevé, la bougie décorative, produit de luxe par excellence, est en demande croissante. De la part non seulement d’hôtels, mais aussi de particuliers, voire d’établissements scolaires. D’ailleurs, Usha Hurry et ses proches s’attellent à remettre, dans les temps, une commande de lampes décoratives au Lycée Labourdonnais.
Du salon à la cuisine, la bougie est omniprésente chez Usha. Dès le seuil, le regard est attiré vers une série d’étagères, où se côtoient pêle-mêle des bougies de toute taille, des figurines, un dé, un arbre de Noël, des cierges, des fleurs blanches à mèche proéminente. Quelques enjambées plus loin, des cartons d’empaquetage jonchent les tables dans la cuisine et la salle à manger. Deux pas à gauche, et l’on est au cœur de l’entreprise. Dans cette remise de fortune, jouxtant la maison, sa mère et sa belle-sœur sont au four pour fondre la paraffine, la verser dans des moules en acier, serrer les vis, ajuster la mèche, rouvrir les récipients. Un éternel recommencement.
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