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Projet de Smart City à Roches-Noires | Réunion d’explication du promoteur: pluie de questions

26 avril 2023, 14:00

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Projet de Smart City à Roches-Noires | Réunion d’explication du promoteur: pluie de questions

«Tous les projets de développements à Roches-Noires sont boycottés. (…) Mo pour parski toulétan sa landrwa la pou res aryéré», lance Manish, un habitant du village de Roches-Noires, donnant la réplique aux nombreux contestataires du projet de Smart City, de PR Capital (Mauritius) Ltd, sur une superficie de 359 arpents, à Roches-Noires. C’était lors d’une rencontre, lundi, dans le cadre de la soumission du dossier Environment Impact Assessment (EIA) pour le projet. Le promoteur et co-fondateur, Julien Rodin, ainsi que le représentant local, Nicolas de Chalain, ont répondu à plusieurs interrogations venant des habitants de Roches-Noires et des écologistes.

Ces derniers ont essayé tant bien que mal de faire passer leur projet, mettant en avant les atouts qui seront pris en compte durant les stages de construction, dans le «respect de l’environnement». Ce qui n’a pas vraiment convaincu, principalement les écologistes.

PR Capital (Mauritius) Ltd a rencontré des habitants de Roches-Noires et des écologistes, lundi.

Si la réunion a été civilisée, les opinions divergentes l’ont animée. Pour les villageois, ce projet apportera du développement dans une région «longtemps oubliée», où rien ne se passe. Manish estime qu’il faut intégrer les villageois en créant de l’emploi. D’autres habitants du village qui se sont exprimés abondent dans le même sens. «Zot pou dir zot enn zour pé bétoné partou», a lancé une voix dans la salle. Un représentant des pêcheurs, présent également, a expliqué que la communauté des pêcheurs sera directement affectée par ce projet. Nicolas de Chalain a tenté de le rassurer en disant que l’hôtel qui sera construit n’affectera pas la plage. «C’est un hôtel golfique, accessible aux touristes, notamment du Moyen-Orient, de Pa- ris, d’Inde, et qui n’aiment pas la plage.»

Du côté des contestataires, le montage financier du projet a été questionné. «On parle de Rs 41 milliards. Comment le projet est-il financé ? Trois de vos projets n’ont pas abouti pour des raisons financières. Quel est votre track record dans des projets de même nature ?» Pour Julien Rodin, c’est le même projet qu’ils essaient de faire en France et en Polynésie.

Pour réaliser ce projet, ce seront un financement bancaire et la vente de logements qui financeront les travaux. «La phase 1 démarrera lorsque, financièrement, l’opération se- ra sécurisée.» «Des experts sont payés par PR Capital. Y a-t-il d’autres experts neutres qui ont fait des études ?» s’est interrogé un des protestataires.

La militante écologiste Adi Teelock a ajouté : «On avait demandé que les promoteurs donnent une opinion indépendante du premier rapport EIA. Si cela n’a pas été fait, pourquoi ?» «On veut une cohabitation entre vos experts et nos experts», a répondu Nicolas de Chalain.

Une habitante de Roches-Noires, âgée de 17 ans, a demandé : «Ça me fend le cœur de voir un projet comme ça et qui ne sert à rien.» Comme réplique, Nicolas de Chalain a affirmé que Roches-Noires est un village qui a été laissé-pour-compte. «Ce village doit progresser.»

 Réactions

<p><strong>&bull; Adi Teelock, Platform Moris Lanvironnman: &laquo;De piètres arguments avancés&hellip;&raquo;</strong></p>

<p><em>&laquo;Pas convaincue du tout. Ni sur l&rsquo;aspect financier ni sur l&rsquo;aspect environnement et écosystèmes naturels. Ni non plus sur l&rsquo;aspect social et patrimonial. Un des promoteurs français présents n&rsquo;a pas pu convaincre qu&rsquo;il sera en mesure de réunir le financement nécessaire à la réalisation de la Smart City. Question écologie, PR Capital s&rsquo;est montré, encore une fois, bien en dessous de ce que l&rsquo;on est en droit de s&rsquo;at- tendre de promoteurs qui avancent avoir &lsquo;l&rsquo;environnement&rsquo; au centre de leurs préoccupations. De bien piètres arguments ont été avancés pour tenter de justifier le bien-fondé d&rsquo;un projet qui signifie la destruction pure et simple d&rsquo;écosystèmes naturels. Quant au social, rien de nouveau non plus par rapport à d&rsquo;autres Smart Cities, soit des mesures qui donnent un vernis à un projet qui détruira des richesses inestimables s&rsquo;il va de l&rsquo;avant.&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Gada Schaub, Plateforme Protégeons l&rsquo;écosystème de Roches-Noires: &laquo;Il y aura du dommage collatéral&raquo;</strong></p>

<p><em>&laquo;C&rsquo;était intéressant, très varié. (&hellip;) Une présentation très calibrée avec des mots bien choisis. (&hellip;) Quand subitement on nous dit qu&rsquo;il y aura du dommage collatéral, finalement ça peut partir dans le décor assez vite au niveau de la construction de cette Smart City. On n&rsquo;est pas au zéro risque. Est-ce que la construction d&rsquo;une Smart City, une ville nouvelle, dans une zone sensible fait sens ? Après la crise du Covid et le dérèglement économique mondial que la crise sanitaire et la guerre en Ukraine ont engendrés ? Vu les inquiétudes grandissantes liées au réchauffement climatique, les intempéries et les pluies diluviennes qui frappent notre île, et surtout compte tenu des énormes risques à court, moyen et long termes que ce projet comporte pour la région et notre île. Est-ce que continuer comme avant, lancer des projets démesurés dans des zones côtières, dans une zone écologiquement hypersensible, ne paraît pas complètement déphasé ?&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Catherine Giraud, habitante de Roches-Noires: &laquo;Énormément de zones d&rsquo;ombre&raquo;</strong></p>

<p><em>&laquo;Pas convaincu du tout. Il y a énormément de zones d&rsquo;ombre. Ils disent qu&rsquo;ils vont inclure les villageois dans le projet, mais on dirait qu&rsquo;ils vont construire des maisons de la NHDC en plein mi- lieu de villas que les gens vont acheter à des millions d&rsquo;euros. Ils maintiennent qu&rsquo;ils ne vont pas détruire l&rsquo;écosystème. Leur géologue a dit qu&rsquo;il avait fait 40 forages sur un terrain de 800 arpents. Comment peuvent-ils garantir que toutes les fondations ne vont pas bloquer l&rsquo;évacuation d&rsquo;eau ? À Maurice, on tend à croire que le développement passe par des magasins, par du béton. </em><em>C&rsquo;est dommage. Qu&rsquo;est qu&rsquo;on va laisser à nos enfants ?&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Lenine Aukhajan, conseiller de district et président des forces vives de Roches-Noires : &laquo;Encore plus de sessions sur le projet&raquo; </strong></p>

<p><em>&laquo;En tant que responsable du village de RochesNoires, j&rsquo;ai voulu avoir une discussion franche avec les promoteurs. Il y a eu des pours et des contres. Chaque participant, que ce soit les habitants de Roches-Noires ou les écologistes, a partagé son opinion, a exprimé ses arguments. Il faudrait encore plus de sessions sur ce projet Smart City.&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Fanny Vellin, avocate spécialisée dans l&rsquo;environnement: &laquo;Rien pour compenser la déforestation&raquo; </strong></p>

<p><em>&laquo;Ils ne compensent pas la déforestation. Les promoteurs n&rsquo;ont pas beaucoup répondu sur ce sujet. Ils prévoient une destruction en grande partie de la forêt. Et ne prévoient rien pour replanter les arbres ailleurs. Ils ont présenté le site comme s&rsquo;il était en friche alors que c&rsquo;est une zone sensible. C&rsquo;est une zone naturelle qu&rsquo;on va détruire et remplacer par des habitations. On essaie de limiter l&rsquo;artificialisation des sols qui va à l&rsquo;encontre du principe de zéro artificialisation net. Si on construit partout, les sols ne peuvent plus assurer leur fonction initiale. L&rsquo;objectif dans le futur est que tout ce qu&rsquo;on construit, il faut rentrer ailleurs.&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Bernard Cayeux, du groupe Protégeons l&rsquo;écosystème de Roches-Noires : &laquo;Pas financièrement viable&raquo; </strong></p>

<p><em>&laquo;Au mieux, c&rsquo;est fantastique. Au pire, c&rsquo;est de la pire démagogie. S&rsquo;il (NdlR, le promoteur) fait tout ce qu&rsquo;il dit, le projet ne peut pas être financièrement viable. Du côté social, ça ne peut pas être viable non plus. (&hellip;) On ne peut pas laisser entrer tout le monde ; c&rsquo;est de la démagogie. Chaque villa va porter un coût d&rsquo;infrastructure énorme. Personne ne sera là pour veiller pendant la construction. (&hellip;) Ça reste un terrain et une entreprise privés. Il sera libre de faire ce qu&rsquo;il veut à tout moment. Même des projets beaucoup plus intenses que ça au niveau de la construction sont sortis avec des milliards de pertes. Comment va-t-il, lui, faire de l&rsquo;argent avec ça ?&raquo;</em></p>

<p><strong>&bull; Shivam, habitant du village de Roches-Noires : &laquo;Du développement dans la région&raquo; </strong></p>

<p><em>&laquo;De nombreux villageois ont tendance à se pencher du côté pour, car cette Smart City appor- tera du développement dans la région. Il amènera beaucoup de positivité dans la région. Combien de touristes traversent le village ? (&hellip;) Le business ne marche pas. La Smart City apportera un peu de richesse. Mais avant de réaliser le projet, il faut tout mettre par écrit. Combien de projets ont été réalisés à Maurice ? A-t-on pu les stopper ? Les lieux sont limités à Maurice pour des développements. Il faut que la Smart City soit un avantage pour les villageois.&raquo;</em></p>

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