Portrait l Bryan Raboude: la persévérance au bout des doigts

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Son imagination et ses doigts sont toujours en osmose. Son travail s’incarne sur le bois qu’il manipule ou sur les corps qu’il tatoue. Bryan Raboude veut vivre de sa passion. Son kiosque à Curepipe est une porte ouverte sur son univers de tatoueur et de graveur. Rencontre…

À quelques jours de la Noël, certains sont à la recherche d’une idée cadeau originale. À moins de cent mètres de la plate-forme du métro, à Curepipe, un kiosque en bois attire l’attention. D’emblée, des attrape-rêves accrochés çà et là vous invitent à vous arrêter. À côté, une femme apache gravée sur le bois vous transperce de son regard. Comme hypnotisés, les acheteurs convergent vers ce stand. Son propriétaire, sourire aux lèvres, vous demande si vous êtes à la recherche d’un objet personnalisé, car c’est sa spécialité. En effet, depuis plus d’une dizaine d’années, Bryan Raboude a trouvé sa vocation à travers ses dessins et ses oeuvres réalisés sur bois ou sur peau. «J’ai débuté comme tatoueur.» C’est sa passion pour le dessin qui l’a conduit dans ce secteur. «Au collège, dès que j’avais un bout de papier et un crayon sous la main, je me mettais à dessiner.» 

Le kiosque de Bryan Raboude à Curepipe attire les passants.

Puis, en observant ses amis réaliser des tatouages, il s’y essaie à son tour. «J’ai commencé à pratiquer après avoir acheté une petite machine à tatouer. J’ai utilisé des fake skins dans un premier temps.» Sentant grandir sa passion, il cherche des vidéos sur le sujet. «Je voulais m’inspirer des professionnels, voir ce qu’il fallait faire. L’hygiène est très importante et je regardais comment changer et me servir correctement d’une aiguille.» Autodidacte, ces cobayes ont été ses frères, cousins et cousines. «Ils ont constaté que les dessins étaient sympas et que je m’y prenais bien. Ils se sont laissés tenter.» On est alors en 2012. «C’était mon passe-temps après le travail ou les jours de congé. Le bouche-à-oreille m’a fait du bien car mes services étaient demandés.» 

En 2019, son chemin croise celui de Billy Ng. Ce dernier, excellent aussi bien en peinture qu’en sculpture sur bois, le prend sous son aile. «Pendant presque un an et demi, j’ai été à ses côtés, et puis j’ai eu envie d’évoluer.» S’inspirant de la xylogravure – la gravure sur bois – il trace sa voie. 2021 arrive et malgré les répercussions du Covid-19, il se lance dans une nouvelle aventure à Curepipe. «Je n’avais qu’une simple table avec une nappe dessus. Aujourd’hui, j’ai mon kiosque.» Pour le jeune artiste de 30 ans, seule la persévérance l’aide à avancer. «Ce n’est pas facile de se lancer dans une telle aventure, mais il faut s’accrocher à ses rêves.» 

Sa plus belle réalisation est le portrait d’une femme apache qui se trouve aujourd’hui en Australie. «C’est ma plus belle oeuvre jusqu’ici. Elle est sortie de mon imagination. J’en ai même reproduit une autre. Une fois que les dessins sont représentés mentalement, il me suffit de les transposer sur le bois.» Aujourd’hui, à quelques jours de la Noël, il propose la vente de shields. «On peut y placer un petit texte afin qu’il soit personnalisé. On peut le faire sur des porte-clés aussi. Les prix commencent à partir de Rs 100 et la gravure est cadeau.» Pourquoi ne pas laisser se tenter ?

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