Diabète: une meilleure adhésion aux soins est nécessaire

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Les Mauriciens sont conscients du diabète mais moins des complications.

Les Mauriciens sont conscients du diabète mais moins des complications.

La Journée mondiale du diabète, célébrée aujourd’hui, sera axée sur l’accès aux soins. En effet, une prise en charge adaptée s’impose dès la détection de cette maladie. Alors que sa prévalence semble se stabiliser à 19,9 % d’après le dernier Non-Communicable Diseases (NCD) Survey, les diabétiques adhèrent-ils vraiment aux traitements ? Pourquoi subsiste-t-il des différences entre hommes et femmes diabétiques ? Les complications sontelles plus récurrentes ? Explications.

En 2021, 19,9 % des Mauriciens, âgés entre 25 et 74 ans, étaient diabétiques, soit 21,6 % d’hommes et 18,5 % de femmes respectivement, selon le sondage du NCD publié en août 2022. Comparativement, en 2015, la prévalence du diabète de type 2 était de 20,5 % chez les citoyens de 20 à 74 ans. 19,6 % d’hommes et 21,3 % de femmes étaient touchés par la maladie.

Selon les Health Statistics, en 2021, cette maladie constituait la deuxième principale cause de décès, étant à l’origine de 20 % de la mortalité après les maladies cardiaques, responsables de 21,3 % des décès l’an dernier. Face à ces enjeux, l’urgence d’accéder aux soins est vitale. Les Mauriciens diagnostiqués y adhèrent-ils pour autant ? Les avis sont partagés. «Le diabète de type 2 est dominant à Maurice. Tout comme l’obésité et la sédentarité. Les patients sont bien ciblés par les traitements du secteur public. Les suivis sont là mais les types de médicaments ne sont pas appropriés pour Maurice», estime le Dr Sattianundsingh Deonarain, secrétaire de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA). Pourquoi ? Il mentionne des problèmes de résistance à l’insuline chez les patients diabétiques. Les médicaments étant extrêmement chers sur le marché, on ne peut y accéder en milieu hospitalier, déclare-t-il. «On est sur les ‘Diamicron’ mais on n’a pas de nouveaux médicaments plus ciblés sur les résistances à l’insuline», constate-t-il.

Un ancien cadre du ministère de la Santé concède la prise de conscience des diabétiques. «La sensibilisation des médecins et des médias a porté ses fruits. Les patients suivent de plus près leurs traitements. Malheureusement, à Maurice, nous avons une culture centrée sur la nourriture. Que ce soit pour des passe-temps, comme aller à la mer ou des célébrations, tout s’articule autour des aliments qui ne sont pas toujours sains», déclare-t-il.

Pour sa part, le Dr Deepti Thacoor, Medical Director et Consultant Ophtalmologist au Dr Agarwals Eye Hospital, constate que la majorité des Mauriciens ne se font pas diagnostiquer. «Quand les patients arrivent chez nous pour des problèmes oculaires, ils croient que c’est lié au port de lunettes. Or, ils ignorent qu’ils souffrent du diabète et qu’ils ont développé une rétinopathie diabétique. Passé le diagnostic, toutes les explications sont données aux patients qui reviennent alors pour leur suivi.» Elle souligne les collaborations avec les endocrinologues dans le secteur privé, ce qui assure une prise en charge assidue, et plaide pour l’institution de ce système de coopération entre les spécialités du diabète à Maurice.

L’éducation revient aussi sur le tapis ainsi que le dépistage vers la communauté, au lieu d’attendre que celleci prenne les devants. Ainsi, les patients adhéreraient mieux aux traitements.

«D’après les health statistics, sur le nombre total d’amputations réalisées annuellement en 2021, 89 % résultaient du diabète.»

Parallèlement, le dernier NCD Survey répertorie une différence de 3,1 % entre hommes et femmes diabétiques. Pourquoi ? Pour le Dr Deonarain, les femmes sont protégées par l’hormone œstrogène jusqu’à la ménopause. Mais, après cette phase, une prévalence du diabète est recensée chez ces dernières. L’ancien cadre du ministère fait état de recherches sur la zone de concentration de la graisse corporelle. Celle-ci donne des pistes sur ces différences en question. Ainsi, dit-il, les hommes peuvent avoir davantage de graisse viscérale (autour du ventre) que les femmes qui, elles, en disposent plutôt de nature sous-cutanée (autour des jambes et hanches). «Le fait d’avoir plus de graisse viscérale est étroitement lié à un risque plus élevé de développer un syndrome métabolique incluant le diabète de type 2», explique-t-il.

Quid des complications du diabète ? Sont-elles plus récurrentes aujourd’hui ? Le Dr Deepti Thacoor abonde dans ce sens. «La pandémie a affecté Maurice pendant trois ans. Beaucoup de patients n’ont pu faire leur suivi. De plus, le diabète était mal contrôlé faute d’accès aux traitements à ce moment-là. Maintenant, les malades que nous recevons sont assez avancés dans leur pathologie, notamment avec la rétinopathie diabétique», affirme-t-elle. Or, rien n’est perdu, dit-elle. Si cette complication s’est développée sur quelques mois, un soin peut contribuer à l’amélioration de la vue et minimiser une certaine indépendance du patient. Toutefois, il est important de mieux conscientiser les diabétiques aux risques oculaires, insiste-t-elle.

C’est aussi le cas des autres complications qui y sont relatives. Car d’après les Health Statistics, sur le nombre total d’amputations réalisées annuellement en 2021, 89 % résultaient du diabète, soit autour de 451 sur 507. Pourtant en 2012, ce nombre avoisinait les 300. Concernant la perte de la vue et les dysfonctionnements rénaux découlant du diabète, les statistiques ne sont pas explicites. Cela dit, la mortalité relative aux maladies non-transmissibles, comme les «renal failures», augmente. En 2019, 58 décès sont survenus; en 2020, 45, tandis que l’an dernier, ce nombre était hélas de 145.

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