Deborah Houdet: photographe extravagante pour la bonne cause

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À 33 ans, elle a tenté une reconversion de l’enseignement vers la photographie. Deborah Houdet tient actuellement une exposition-photos intitulée Extravaganza au Caudan Arts Center, à Port-Louis du 10 novembre au 15 novembre. L’occasion pour l’ex-enseignante d’évoquer sa nouvelle vie de photographe qui s’est donné une mission : casser gentiment et avec talent les tabous.

Qui est Deborah Houdet?
Je suis photographe, artiste et ex-enseignante, qui est âgée de 33 ans. En effet j’ai plein de passion comme la cuisine, j’étudie la pâtisserie, la langue française, la musique dont je prends des cours de chant.

Vous étiez jusqu’à récemment dans l’enseignement, dernièrement à Clavis, comment avoir choisi ce virage ?
Le déclic est apparu lorsque j’ai pris part à un concours de photographie, organisé par la banque Absa. J’étais à l’aise et je sentais que je pouvais atteindre mon ‘full potential’. À savoir que lorsque j’étais dans l’enseignement, j’aimais cela, mais la passion diminuait et le stress prenait le dessus. J’ai pris une décision, celle de changer d’orientation, moi qui suis timide pour prendre des photos dans la rue. Il a fallu sortir de ma coquille et oser faire des choses. Beaucoup se demandent si je vais retourner vers l’éducation. Ça ne me manque pas.

Comment l’idée de faire une expo photo vous est venue ?
Au début c’était le thème du maquillage. Avec le maquillage on peut transformer un visage masculin qui peut devenir féminin. Dans le processus de ce projet ou lors des entrevues, on remarque qu’il y a un malaise, la peur d’être juge et que la société reste dans le classique au lieu de vivre libre.

Cette exposition fait la part belle à la communauté LGBTIA. Je dois aussi saluer Anthony de chalain pour les behind the scene videos. Sarah et Tatiana de Kalinia House of Beauty et Savana de Caudan Arts Center.

Quel message voulez-vous transmettre à travers cette expo ?
Il y a un gros malaise au sujet de la communauté LGBTIA malgré qu’on soit une belle île avec le multiculturalisme. Extravaganza est une exposition extravagante où l’on a une opinion qui a un poids. On devrait être dans l’acceptation de l’autre. Au départ, j’avais choisi de rester neutre. En 2018, j’étais au sud de l’Australie, où lors d’une road trip, mes amies et moi sommes tombées sur une Pride Walk. On s’est bien amusé. Alors qu’en même temps, il y avait une polémique sur une Pride March à Port-Louis qui a été stoppée. C’est là que j’ai réalisé que c’est dommage.  

Vos clichés mettent l’accent sur la positivité et de l’acceptation de soi, comment pensez-vous que cette expo peut faire que cela soit possible dans toutes les sphères de notre société encore conservatrice ?
Je dois dire qu’il y a une amélioration dans la vie des personnes différentes. Heureusement que la nouvelle génération pense autrement. De plus en plus on respecte et on ne juge pas.
 
Bien des personnes lorsqu’ils vont vous lire, vont se demander pourquoi et comment faire un virage. Surtout qu’avec l’art et la culture, on vit difficilement Maurice…

Cette transition ne paye pas tout de suite, j’espère à l’avenir. D’ailleurs, j’ai vendu un tableau. J’ai un conseil cependant : le changement peut faire peur. On ne doit pas se limiter pour faire ce qui nous rend heureux comme une passion.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Je n’ai pas d’autre projet dans l’immédiat. Mon objectif et que l’exposition Extragavanza fasse le tour de l’île. Je souhaite exposer ailleurs, sur le même thème ou sur d’autres sujets.

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