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Drogue: les vedettes de la commission Rault
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Drogue: les vedettes de la commission Rault
La commission d’enquête sur la drogue, présidée par sir Maurice Rault, avait été instituée en juillet 1986 par le Gouverneur d’alors, sir Veerasamy Ringadoo. Faisant suite au select committee présidé par Madan Dulloo en 1984, cette commission avait pour tâche d’identifier les causes et l’étendue de la dépendance à la drogue. Ce flash-back est intéressant alors que la Commission Lam Shang Leen amorce un tournant déterminant...
Raffick Peerbaccus
Incontestablement, il avait été le témoin vedette de la commission Rault. Raffick Peerbaccus, drogué et trafiquant repenti, en avait surpris plus d’un de par ses réponses pendant les auditions. Citant les noms de grosses pointures telles que Satyanund Pelladoah, Amba Chinien et Ismaël Nawoor, il avait toutefois convaincu la commission de la véracité de ses dires. Car bon nombre de ses réponses, corroborées par d’autres témoins, n’avaient pu être fabriquées au préalable.
Amba Chinien, alias Adam Coco Chauve
Député au sein du gouvernement d’alors et avocat, le nom d’Amba Chinien avait été cité par l’Indien Anthony Miranda, un trafiquant de drogue, à sa descente d’avion à Plaisance. L’adresse sur sa landing card lisait «Mr Chinien, advocate». Amba Chinien avait soutenu ne pas connaître l’Indien. Il avait aussi été cité par Raffick Peerbaccus, qui avait déclaré l’avoir rencontré à Bombay en 1985. Selon le trafiquant repenti, l’avocat lui avait remis Rs 400 000, qui avaient servi à acheter 17 kilos de brown sugar. D’autres témoins de la commission avaient soutenu la version incriminant Chinien.
Ally et Cader Gaffoor
Ally Gaffoor, le père de Cader Gaffoor, avait, à l’époque, été condamné un certain nombre de fois pour possession de cannabis avant la tenue des auditions de la commission Rault. Toutefois, il ne dé tenait pas moins de 17 comptes, répartis dans quatre banques, certains aux noms de ses enfants. Même si les preuves à son encontre faisaient défaut, la commission avait conclu qu’une fortune telle que la sienne n’aurait pu provenir d’autre source que du trafic de drogue. Les preuves contre Cader Gaffoor étaient-elles claires ? Peerbaccus avait convaincu la commission quand il avait dénoncé Cader Gaffoor, Satar et Maël Bacsoo pour avoir remis Rs 1 million à Satyanund Pelladoah pour l’achat de drogue en Inde. Le rapport Rault cite Cader Gaffoor comme étant l’un des «top drugtycoons» de l’époque.
Satar et Maël Bacsoo
Les frères Bacsoo avaient été mis en cause de par leur fortune importante amassée à travers le trafic de drogue. Satar Bacsoo avait tenté de cacher son argent en versant plus de Rs 4 millions à un compte au nom de son fils. Il avait aussi dépêché Raffick Peerbaccus en Inde pour l’achat de drogue. Des photos prises par l’Indien Anthony Miranda durant son passage chez nous montraient la maison de Bacsoo et sa voiture, démentant le fait qu’ils ne s’étaient pas rencontrés. Maël Bacsoo n’avait lui aussi pu expliquer la provenance d’argent ayant financé la construction d’une maison «énorme» que cite le rapport Rault. Avec son frère Satar et Cader Gaffoor, il avait réuni le million de roupies pour que Satyanund Pelladoah achète de la drogue en Inde.
VijayJhowry, alias Le Roi du Nord
Défini comme un «major drugtrafficker», il avait voulu justifier ses énormes revenus de par ses plantations d’ananas. De plus, il avait prétexté avoir prêté plus de Rs 600 000 à RaffickPeeroo, un autre trafiquant. Or, il s’avérait que Vijay Jhowry vendait du cannabis à Peeroo et à d’autres trafiquants.
Harish Mungroosingh
Chef de l’Anti Drug &Smuggling Unit, Harish Mungroosing est cité dans le rapport Rault comme étant l’un des «traîtres» ayant fait le plus de tort au pays. Durant son temps à la tête de la brigade anti-drogue, aucune arrestation importante n’avait eu lieu, sauf celle d’Oomar Saib, alias La Tête. Pour cause, ce dernier faisait de la concurrence au réseau de drogue dont faisait partie Mungroosingh avec les Gaffoor et les Bacsoo. À un certain moment, le policier était payé Rs 25 000 par mois pour ses «services» aux barons de drogue.
Ayoob Khodabaccus, alias La Guitare
«La Guitare» avait, selon la commission, une influence remarquable au sein de la police. En 1979, Unandath Oochit avait avoué à l’un de ses amis qu’Ayoob Khodabaccus l’employait pour faire du trafic et qu’il avait décidé de conclure une affaire sans que son patron le sache. Il avait été tué quelques heures plus tard à Balaclava. Toutefois, le principal concerné n’avait jamais été inquiété. Faisant des voyages en Inde en 1979, il avait été cueilli par la police la troisième fois. Relâché sous caution, il avait traversé la frontière ralliant le Pakistan avant de rentrer au pays.
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