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Études supérieures: la Russie et l’Ukraine boudées par les Mauriciens

28 février 2016, 19:00

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Études supérieures: la Russie et l’Ukraine boudées par les Mauriciens

Poursuivre ses études supérieures dans les pays de l’Europe de l’Est, notamment en Russie et en Ukraine, semble attirer de moins en moins les étudiants mauriciens. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et selon les observateurs, cette courbe descendante devrait se poursuivre cette année.

«Le nombre d’étudiants mauriciens a drastiquement baissé. Ceux-ci ne veulent plus venir en Russie malgré l’octroi des bourses d’études», lâche une source autorisée. Pourtant, soutient-elle, la Russie a une qualité d’éducation «extrêmement développée» et serait «bien forte» en médecine et en ingénierie. Cependant, reconnaît notre interlocuteur, la langue serait le plus gros obstacle pour ces étudiants. Car «il faut en faire l’apprentissage pendant une année».

Le climat «très dur» en l’Europe de l’Est et les trop longues procédures après l’obtention du diplôme pèsent aussi dans la balance. «Comme ils sont en russe, il faut traduire les diplômes en anglais. Les faire attester par la cour.» Quant à l’Ukraine, elle n’intéresse plus les Mauriciens pour les études supérieures en raison de sa situation politique, affirme notre source.

Arvin Boolell, ancien ministre des Affaires étrangères, abonde dans le même sens. Il impute cette baisse à une instabilité socio-politique dans les deux pays. «Le conflit russo-ukrainien a été partiellement résolu avec l’accord signé. Mais la situation demeure assez tendue», précise-t-il. Selon lui, il y avait un nombre conséquent d’étudiants pour des études en médecine, mais avec les critères établis par le gouvernement, un nombre accru de médecins ne trouve pas d’emploi une fois de retour au pays. «Il faut décrocher un diplôme à reconnaissance internationale. La situation se complique pour l’Europe de l’Est», fait-il ressortir.

Universités reconnues

Quant à Suren Bissoondoyal, président du conseil d’administration de la Tertiary Education Commission, il explique que les étudiants mauriciens en Russie et en Ukraine n’ont pas cherché l’avis de professionnels avant de se lancer, ce qui expliquerait cette baisse. «Il y a de bonnes institutions et de moins bonnes. Ces étudiants se sont inscrits dans des institutions qui ne sont pas à la hauteur. Au retour, ils n’ont pas eu d’emploi. Les étudiants sont conscients de cet état de fait», lance-t-il. Il va encore plus loin: «Certaines institutions font beaucoup de publicité et laissent croire qu’elles sont bonnes alors que ce n’est pas vrai

Toutefois, Suren Bissoondoyal conseille aux Mauriciens qui veulent étudier en Russie ou en Ukraine de bien se documenter et de vérifier si les universités choisies sont reconnues par nos institutions professionnelles, notamment le Medical Council et le Pharmacy Board, entre autres.

Au niveau des autorités, elles estiment qu’il faut à nouveau booster l’intérêt pour les études supérieures en Russie et en Ukraine, surtout à cause de leur niveau élevé en médecine.

Des chiffres éloquents

Selon le Participation in Tertiary Education 2014 de la Tertiary Education Commission (TEC), huit Mauriciens – deux dans la filière architecture ; un chacun dans les arts, les mathématiques et les sciences sociales et trois en médecine – se sont inscrits dans des universités russes cette année-là, contre onze en 2013, et un en 2012. L’Ukraine, elle, n’a enregistré aucun nouvel étudiant mauricien en 2014, alors qu’en 2012 trois y étaient recensés.

Le nombre d’étudiants qui poursuivent déjà leurs études dans ces deux pays est aussi sur une pente descendante. D’après les chiffres affichés par la TEC, en 2014, 45 étudiants étaient en Russie contre 54 en 2013. Alors qu’en Ukraine, ils étaient seulement 15 en 2013. En 2012, ils étaient 82 étudiants mauriciens dans les deux pays, dont 67 en Russie et 15 en Ukraine.

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