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If tomorrow never comes

18 juin 2018, 08:45

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Sûre que vous connaissez cette sensation. Ce sentiment de s’être fait avoir, une fois que le film à gros budget est fini. Au casting, les mêmes acteurs que l’an dernier. Venus faire de la figuration.

Si on se fie au budget pour savoir quelle est la priorité de l’État en matière culturelle, c’est le cinéma qui remporte la palme. Le Film Promotion Fund, créé seulement le mois dernier, reçoit Rs 500 millions de fonds de départ. De l’argent public pour financer le discount (qui va jusqu’à 40 %) donné aux équipes de tournages. Cela s’appelle le Film Rebate Scheme. Ensuite, toutes les taxes payées par les équipes de tournage iront gonfler le fonds.

Nous sommes bien d’accord. Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Impossible de parler d’industrie du cinéma sans compter ses milliards. Mais créer un fonds pour financer un «scheme», c’est un exercice comptable, qui n’a rien de culturel. Quelle part pour la création éventuelle d’une école de cinéma ? Quel accès réel aux outils derniers cris, en dehors des quelques appareils loués par la Mauritius Film Development Corporation ? Quelles incitations données aux salles pour diffuser des films Made in Mauritius ? Who cares ? Pourvu que les caisses soient pleines. Tant pis si le mot industrie ne désigne que des gens qui font du catering, des loueurs de voitures et des amateurs qui font les petits boulots sur les plateaux.

Le Budget s’intéresse aussi à la National Art Gallery. Un lieu pour montrer les collections (ne parlons pas de trésors) nationales. Un lieu pour faire connaître et reconnaître les talents locaux. Écrire l’histoire de l’art mauricienne. Une institution pour former les publics, encourager les jeunes talents. Galimatias, que tout cela.

Selon le Budget 2018-2019, la National Art Gallery devra attendre que enn zour dan enn péi, l’ancien hôpital de Borstal, à Grande-Rivière-Nord-Ouest soit réparé, pour pouvoir s’y installer. Nul ne sait combien va coûter cette rénovation. On sait seulement que les procédures d’appels d’offres, ça prend le temps que ça prend.

La National Art Gallery existe depuis 1999. Cela veut dire que depuis 19 ans, c’est quelques fonctionnaires, avec un directeur et un board payés des fonds publics. Sans galerie. Juste des locaux administratifs. Et une exposition par an. En 2011, il avait été question de mettre la galerie à l’hôpital militaire. Après une grande inauguration, dans le store délabré de l’ancien hôpital, il n’y a pas eu de rénovation. Donc pas de galerie.

Aujourd’hui, ce même ancien hôpital militaire doit accueillir le musée de l’esclavage. Avant de voir le jour, le musée de l’esclavage devra attendre que l’ancien hôpital soit rénové. Le Budget lui accorde une dotation. Mais dans les faits, aucun chiffre n’est cité. Tout étant suspendu aux travaux d’un comité d’évaluation des offres, pour l’étude de faisabilité.

Restons dans le patrimoine. Le Budget indique que huit sites seront retapés. Parmi eux : la Tour Koenig, qui dort dans la cour du centre Nelson Mandela. Souvenezvous : l’année dernière, à la même époque, le Budget disait vouloir réparer 14 sites et bâtiments classés patrimoine national. Parmi eux, il y avait déjà… la Tour Koenig. Que s’est-il passé en un an ? Rien.

 

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