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WikiLeaks : l’ICAC n’est indépendante que de nom selon l’ambassade américaine
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WikiLeaks : l’ICAC n’est indépendante que de nom selon l’ambassade américaine
C’est de l’eau au moulin de certains politiciens. L’ambassadeur Cesar Cabrera (photo) a transmis une note confidentielle à Washington en juin 2008 sur le degré de corruption à Maurice. Il estime que des responsables de l’ICAC ne doivent leur poste qu’au Premier ministre et que de ce fait, ils sont obligés de lui vouer allégeance.
L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) n’est indépendante que de nom. C’est en tout cas ce qui ressort d’une note confidentielle et classée sensible de l’ambassade américaine à Maurice sur le degré de corruption dans l’île.
 
Mise en ligne par WikiLeaks le mardi 30 août, cette note signée par l’ambassadeur Cesar Cabrera le 12 juin 2008 avance cette information sur la base d’arguments émanant de commis de l’Etat. L’ambassadeur ajoute que ces derniers ont le sentiment que la Commission n’est pas indépendante pour un sou et que ses responsables doivent tousleurs postes et leur carrière grâce à leur allégeance au Bureau du Premier ministre.
 
Dans cette note intitulée « Not so subtle corruption in Mauritius », Cesar Cabrera va jusqu’à mentionner un sondage commandité par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD). Les Mauriciens, dit-il, sont convaincus à 24,3 % que l’ICAC n’est pas indépendante.
 
Le document égrène les accusations de « protection money » réclamée par la Major Crimes Investigation Team (MCIT) sous l’ère Raddhoa. Ainsi que les allégations qu’après la mort de ce dernier de fortes sommes d’argent avaient été découvertes dans son casier.
 
Mais, dans ce cas précis, explique l’ambassadeur, le Premier ministre a mis le holà sur toute enquête sur la MCIT. Au chapitre des cas de corruption impliquant des membres de la fonction publique et du gouvernement, Cesar Cabrera s’attarde sur les allégations de Bert Cunningham, l’ex-patron des douanes.
 
« Au premier abord, Maurice peut paraître propre, mais en fouillant un peu, l’on est en droit de se poser des questions », fait ressortir Cesar Cabrera. La corruption est partout bien que l’ICAC existe depuis 2002, note-t-il.
 
Le Canadien Bert Cunningham accusait carrément l’exécutif d’être pourri. Frustré, aux yeux de Cesar Cabrera, il n’a pu accomplir ce pourquoi il était payé : mettre de l’ordre dans les écuries d’Augias. A cause de son combat au sein de la douane, il s’est fait des ennemis et a dû se résoudre à rentrer chez lui après avoir reçu des menaces de mort.
 
Bert Cunningham s''en est allé en guerre contre tout l’establishment, voyant des pourris jusqu’au State Law Office (SLO). Il avait cité le nom d’au moins deux hauts responsables de l’establishment qui lui auraient demandé de se taire « afin de ne pas mener le gouvernement à sa perte ». Allant jusqu’à dire qu’il a eu le sentiment de se faire menacer lors de rencontres officielles.
 
L’ambassade américaine lui a alors conseillé de ne pas faire grand bruit sur les menaces de mort qu’il aurait reçues. La pression a été telle que Bert Cunningham a frisé la paranoïa, mentionnant une opération de police comme étant un exercice visant à libérer des suspects et à réinjecter la drogue saisie sur le marché.
 
Dans un paragraphe, le Canadien sous-entendait que la totalité de la drogue saisie n’est pas détruite, mais remise sur le marché. Pour Cesar Cabrera, cette thèse tirée par les cheveux ne peut être expliquée que par la rivalité entre les services de douane et la brigade l’anti-drogue dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Il s’avère que l’anti-drogue est toujours chaudement félicitée pour ses saisies alors que c’est en fait la douane qui en est la cheville ouvrière. 
 
Dans le cas d’un Mauricien trafiquant d’héroïne retrouvé mort chez une douanière à Rodrigues, Bert Cunningham alléguait que l’homme a été battu par la police afin qu’il ne dévoile pas de détails sur le réseau qui contrôle du business de la drogue. Or, il n’en est rien, l’homme avait été terrassé par une overdose.
 
Bert Cunningham, qui avait été nommé à la douane par le gouvernement Mouvement socialiste militant/Mouvement militant mauricien (MSM/MMM), a également fait un réquisitoire contre son propre département accusant nombre de douaniers d’être corrompus et d’être payés à travers les transferts dans les comptes en banque de leurs proches.
 
En guise de conclusion, après avoir mentionné un nombre de cas impliquant la douane et la MCIT, Cesar Cabrera estime qu’ils ne représentent que le sommet de l’iceberg. Portant le coup de grâce à l’ICAC, il note que ce sont que des cas « mineurs » qui ont été amenés devant la justice. Tout en rappelant que l’ambassade américaine tient la Commission à l’œil.
 
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