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Irfanally Fatadin : Le premier Mauricien à produire et à revendre de l’électricité au CEB

13 août 2011, 20:00

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Irfanally Fatadin : Le premier Mauricien à produire et à revendre de l’électricité au CEB

Irfanally Fatadin est un habitant de Vacoas qui est a priori un simple citoyen. Mais quand on s’intéresse un peu de plus près à cet homme de 39 ans, l’on apprend qu’il est le premier Mauricien à avoir équipé sa maison de panneaux photovoltaïques. Il revend même de l’électricité au Central Electricity Board (CEB).


L’écologie, comme la charité bien ordonnée, commence par soi-même. Et peut même se révéler profitable. Irfanally Fatadin le démontre. En effet, cet homme de 39 ans ne s’arrête pas qu’aux mots. Lui, il agit et prouve que la volonté suffit pour faire bouger les choses. Ce père de deux garçons affirme qu’il a voulu équiper sa maison de panneaux photovoltaïques dès la construction en 2009.

« A ce moment-là, il n’était pas encore question de vendre de l’électricité au CEB et je voulais seulement être autonome en énergie électrique. Je connaissais très bien la technologie car pendant mes études j’ai eu l’occasion de travailler dessus avec une firme allemande », affirme-t-il.

En effet, Irfanally Fatadin a une formation d’ingénieur et détient une maîtrise en gestion d’entreprise de l’Institute of Management and Development de Suisse. Il est le directeur général de Socota Textile Ltée et il est, en parallèle, impliqué dans la gestion de l’entreprise Reneworld Ltée qui s’est spécialisée dans les énergies renouvelables.

Avec l’initiative gouvernementale du Small Independent Power Producers, notre compatriote a profité pour modifier son système afin de vendre le surplus d’électricité produite au CEB. Les relevés démontrent qu’il consomme 40 % de sa production et que le reste est vendu au CEB. Il explique qu’en décembre de l’an dernier, lorsqu’il s’est installé dans sa nouvelle maison, tout le système était déjà opérationnel et n’attendait qu’à être connecté au réseau du CEB.

Pour ce père de famille, l’écologie a un rôle important y compris dans l’éducation des enfants. « Déjà mes enfants me posent beaucoup de questions sur ce système et mon fils qui est en quatrième retrouve l’énergie solaire dans ses livres. Il a l’occasion de voir le système de près et de prendre conscience de l’importance des énergies propres et de ses bienfaits », soutient fièrement Irfanally Fatadin.

Selon ce pionnier, Maurice est toujours en stage d’apprentissage et ce processus devrait continuer jusqu’à ce que les gens se sentent suffisamment en confiance pour adopter les nouvelles technologies.

« Aujourd’hui la technologie est fiable et l’électricité produite des panneaux solaires est tout à fait à la norme. Donc, pas de risque pour les appareillages. Et avec le tarif préférentiel pour la vente d’électricité qu’accorde le gouvernement constitue un encouragement à investir dans l’électricité solaire », soutient-il.

Il estime qu’au niveau du gouvernement, il faudrait songer à enlever la VAT sur ces équipements pour permettre aux petits producteurs de mieux rentabiliser leur investissement. Mais il salue également l’effort du gouvernement pour le projet du Small Independent Power Producers.

Installer ces panneaux chez soi requiert un investissement. A combien s’élève-t-il ? A cette question notre interlocuteur répond que Rs 410 000, toutes taxes incluses, ont été investies dans le projet et que, selon ses estimations, il devrait récupérer cette somme en moins de six ans.

« Avec un contrat fixe de 15 ans avec le CEB, ma famille bénéficiera d’un apport financier et sera protégée contre les hausses en électricité à venir car elle aura la possibilité de consommer sa propre énergie produite », soutient-il, avant d’ajouter que le but n’est pas d’en profiter mais surtout de réduire davantage la consommation du pays en huile lourde ou en charbon. « Cet argent restera dans notre économie et trouverait bien d’autres utilités dans la santé, l’éducation et des projets sociaux », lance-t-il.

Ce dernier n’espère qu’une chose à présent : c’est que davantage de Mauriciens optent pour la production d’électricité afin que Maurice devienne de moins en moins dépendante de l’huile lourde et des autres énergies non-renouvelables.

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