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Après les 100 jours…
Les discours doivent être suivis d’actes. C’est ce qu’attendent les citoyens de tout gouvernement nouvellement installé.
Les premiers mois ont permis à l’équipe gouvernementale issue des élections du 6 février de découvrir « ki ena dan lakaz ». La population a suffisamment entendu parler de mauvaise gestion de l’ancien régime et de slogans tels que « bann la inn depans tou larzan ». L’heure est maintenant à l’action. Il faut reconnaître que quelques actions visibles ont été initiées au niveau de l’environnement. Le gouvernement régional joue pleinement son rôle de facilitateur auprès des villageois dans les campagnes de nettoyage et le traitement des déchets verts.
L’utilisation des jus de fruits locaux a un effet positif non négligeable sur les mentalités. C’est maintenant le moment d’aller plus loin dans ce genre d’initiative qui ne demande pas nécessairement de gros investissements. Il suffi t d’y penser. Par exemple, l’annonce de remplacer les sacs en plastique par les « tant » aurait dû être accompagnée d’un vaste programme de plantation de vacoas pour répondre au manque de matière première qui se fait déjà sentir.
C’est une bonne idée de proposer la fabrication du fromage de chèvre à Rodrigues. Mais cela passe d’abord par la recherche et la sélection d’une race spécifique de chèvre laitière, capable de s’adapter au climat local. Un programme que le service agricole devrait initier rapidement, pour éviter que ce projet ne reste au niveau des effets d’annonce. Un des gros défis demeure la création d’emploi. Il n’y a pas de gros projets de construction. Les gens sont en attente. L’exode des maçons vers Maurice continue.
Un autre défi, c’est l’application au quotidien de la démocratie participative. Donner la possibilité aux citoyens de participer à la prise de décision, c’est exigeant. C’est le choix du parti au pouvoir. Et ce choix a un prix.
Prenons un exemple. L’annonce de la régionalisation des admissions au niveau de l’enseignement secondaire part d’une bonne intention pour faciliter la vie des jeunes collégiens. Mais quel mécanisme a été, ou sera, mis en place pour permettre à tous les partenaires de l’éducation de s’exprimer sur un sujet aussi sensible?
Pour reprendre les mots du Chef commissaire : il ne s’agit pas d’administrer, mais de reformer.
La réforme passe par une manière nouvelle de diriger qui implique les citoyens dans les décisions. La réforme passe aussi par des actes concrets qui changent la vie des gens. Et ce n’est pas à la veille des prochaines élections qu’il faut intensifier cette réforme. C’est maintenant.
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