Publicité
Affaire Harte : « Les vrais coupables courent toujours », estime Me Sanjeev Teeluckdharry
Par
Partager cet article
Affaire Harte : « Les vrais coupables courent toujours », estime Me Sanjeev Teeluckdharry
L’avocat d’Avinash Treebhowon estime que les « vrais coupables » du meurtre de Michaela Harte fuient toujours. Lors de sa plaidoirie d’environ deux heures et demie, Me Sanjeev Teeluckdharry a longuement critiqué  la MCIT et l’absence de preuves incriminant son client.
« L’enquête devrait être rouverte. » C’est ce qu’a déclaré Me Sanjeev Teeluckdharry dans sa plaidoirie, ce lundi 9 juillet, en cour d’Assises lors du  procès sur le meurtre de Michaela Harte. Pendant près deux heures et demie, l’avocat d’Avinash Treebhowon a émis de nombreuses critiques à l’encontre des limiers de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) et de la Poursuite. Pour Me Teeluckdharry, « les vrais coupables courent toujours ».
L’homme de la loi soutient que le Principal State Counsel, Me Mehdi Manrakhan, n’a pas prouvé la culpabilité des accusés, contrairement à ce qu’il  avait conclu dans son réquisitoire prononcé le vendredi 6 juillet 2012. Me Teeluckdharry a rappelé que le dossier du Parquet est axé sur deux principaux points : les aveux d’Avinash Treebhowon, en date du 13 janvier 2011, et le témoignage de Raj Theekoye.
« Pourquoi en sommes nous toujours là ? », s’est interrogé l’avocat de la défense qui estime que les enquêteurs de la MCIT ont procédé à l’arrestation de « boucs émissaires », et avance que « les vrais coupables courent toujours ». Dès le début de son discours, Me Teeluckdharry a critiqué le chef de la MCIT en réfutant ce qu’avait déclaré l’avocat de la Poursuite vendredi dernier. Le représentant du Parquet  avait en effet  félicité  l’assistant commissaire de police Yousoof Soopun pour la façon dont il a  mené cette enquête.
« Il veut que nous félicitions l’ACP Soopun pour avoir confondu vitesse et précipitation, pour avoir provoqué des erreurs catastrophiques dans son enquête, pour n’avoir pas interrogé ceux qui logeaient dans les chambres voisines, pour n’avoir pas enquêté sur les départs prématurés de certains clients de l’hôtel, pour n’avoir pas vérifié l’alibi de mon client. Il veut que nous félicitions le chef de la MCIT pour avoir supervisé cette enquête ? », s’est-il adressé aux neuf membres du jury.
Me Teeluckdharry a également soutenu que les aveux de son client ont été « montés de toutes pièces » par les enquêteurs de la MCIT. Il a relevé ce qu’il appelle des « incohérences » dans cette déposition enregistrée le 13 janvier 2011, en rappelant que son client a été «torturé ».
En se référant aux conclusions du chef du service médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, l’homme de loi a expliqué que la victime avait une blessure sur ses deux tempes. Cet élément, selon lui, prouve que les aveux d’Avinash Treebhowon ne corroborent pas avec le rapport du médecin légiste. « Selon les aveux allégués de mon client, il aurait poussé la victime et celle-ci est tombée au sol. Or, comment se fait-il qu’elle ait pu avoir deux blessures ? », s’interroge-t-il.
L’homme de loi est aussi revenu sur le rapport ADN du Cellmark Forensic Laboratory, en Angleterre. Ce document a été présenté en cour d’Assises par la scientifique britannique Susan Woodroffe, lors du procès. « L’absence d’ADN des accusés sur les lieux du crime prouvent qu’ils sont innocents », a-t-il soutenu.
« J’ai beaucoup de respect pour les proches de la victime. J’admire le courage avec lequel  ils  ont fait face à une telle tragédie. Je n’avais aucune intention de blesser ou d’accuser qui que se soit, mais je sais que les  deux personnes dans le box des accusés sont innocentes », a-t-il ajouté.
 
Publicité
Publicité
Les plus récents