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Covid et marché du travail: mutation accélérée

23 février 2022, 14:35

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Covid et marché du travail: mutation accélérée

Des emplois perdus, d’autres créés, des modèles revus, des acquis repensés. Déjà en pleine évolution, le Covid-19 et l’accélération de l’intégration de la technologie dans l’industrie changent profondément le marché du travail comme nous le concevions. Les horaires fixes ne sont plus d’actualité, le pays et le monde deviennent notre nouveau lieu de travail, les employés privilégient l’option de multiples employeurs pour augmenter leurs revenus autrement, les espaces de «coworking» sont la nouvelle tendance. À quoi ressemblera l’entreprise de demain ? Nos experts nous partagent leur vision.

Nous sommes dans une nouvelle ère où, face aux chamboulements causés par la pandémie de Covid-19, les modèles économiques à travers le monde changent, avec un impact direct sur les moteurs même de chaque économie, la production et la main-d’œuvre. Le monde du travail tel que nous le concevions change à vitesse grand V, surtout que la robotisation, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies font désormais, et plus que jamais, partie de notre quotidien.

En pleine mutation, l’emploi reste pour l’instant instable à travers le monde. Selon le World Employment and Social Outlook 2022 de l’Organisation internationale du travail (OIT), les perspectives du marché mondial du travail se sont détériorées et un retour aux performances prépandémiques risque d’être difficile pour une grande partie du monde au cours des prochaines années. Sur la base des dernières prévisions de croissance économique, l’OIT prévoit qu’en 2022, le nombre total d’heures travaillées dans le monde restera inférieur de près de 2 % à son niveau prépandémique, ce qui correspond à un déficit de 52 millions d’emplois à temps plein, dans l’hypothèse d’une semaine de travail de 48 heures. Le chômage mondial devrait s’élever à 207 millions en 2022, dépassant son niveau de 2019 de quelque 21 millions. Le rapport démontre également que la pandémie et les fermetures prolongées des économies mondiales ont accéléré les changements structurels avec l’élargissement du fossé numérique entre les générations, la technologie occupant une plus grande place dans les industries. Dans le même élan, l’application et l’utilisation de certaines technologies font que de plus en plus de gens se mettent à leur compte pour gagner leur vie ; on note aussi l’augmentation du travail à distance et les diverses tendances de travail temporaire avec des freelancers ou part-timers, bref, tant de facteurs qui risquent d’altérer le monde du travail.

Le groupe ENL a développé, sous le vocable Oficea, son incubateur d’entreprise, La Turbine à Moka.

À Maurice, le taux de chômage au troisième trimestre 2021 est estimé à 9,5 %, contre un taux de 10,4 % au troisième trimestre 2020. Que peut-on dire de la stabilité de l’emploi dans le pays ? «La tendance mondiale est que le niveau de l’emploi est loin d’être ce qu’il était avant la pandémie. Il y a eu des perdants avec des pertes d’emplois, mais il y a aussi eu des gagnants avec des emplois créés dans certains secteurs. Maintenant, il y a une lueur d’espoir, on parle de fin du statut de pandémie du Covid avec l’avènement des vaccins. Les économies reprennent avec une nouvelle façon de penser et de voir les choses, des nouveaux marchés à explorer et une diversification des économies, entre autres. De même pour l’emploi il y a eu des changements, une adaptation et nous allons vers la stabilité», explique le Chief Operating Officer (COO) de Business Mauritius, Pradeep Dursun.

Un de ces changements inclut l’intégration technologique avec une accélération de la robo- tisation. Dans les hôpitaux, on voit des robots désinfectant des chambres tandis que d’autres livrent des échantillons de sang aux laboratoires. En Italie, la police utilise des drones pour faire respecter la distanciation physique ; ailleurs dans le monde, l’irrigation ou la diffusion de pesticides se fait également par des drones. Est-ce que cela implique des métiers d’avenir qui changent ? «Je pense plutôt à un rééquilibrage entre les systèmes traditionnels et l’intégration de la technologie dans les lieux de travail, cela dans divers secteurs. Beaucoup plus de problèmes sont résolus avec l’aide de la technologie. Un exemple simple est l’accès au Work Access Permit pendant les confinements. Tout était numérisé. Les commerces en ligne prennent de l’essor et tout cela est en adéquation avec le rajeunissement de la main-d’œuvre. Les plus âgés peuvent eux apprendre mais il faut faire attention que le fossé numérique ne s’élargisse pas trop ; pour cela, la formation continue est essentielle.»

Thierry Goder, Chief Executive Officer (CEO) d’Alentaris, confirme également que la robotique a bel et bien fait son entrée dans le monde du travail, avec des techniciens parfois hautement qualifiés qui se font remplacer par la technologie surtout dans les industries pointues, à l’instar de la fabrication de montres de luxe. «Dans ces cas, on parle de qualité de haut niveau. L’intelligence artificielle fait aussi son entrée; à titre d’exemple, des cabinets d’avocats embauchent des data scientists, pour effectuer des recherches sur les cas passés ayant fait jurisprudence. Au niveau du recrutement, on utilise des systèmes pour aider au profiling des candidats. Nous sommes dans un monde digital, les jeunes doivent pouvoir se positionner, se renseigner sur les métiers d’avenir et y adapter leurs études. Toutes les parties concernées doivent pouvoir établir une feuille de route sur les 20 prochaines années et identifier ces créneaux d’avenir.»

Autre changement dans nos habitudes, le télétravail, avec finalement le monde qui peut potentiellement devenir un marché du travail, n’importe qui pouvant travailler pour n’importe quelle entreprise à travers le monde depuis son domicile. À titre d’exemple, on note un changement dans les réflexes d’achats dans l’immobilier américain, où de plus en plus d’acheteurs privilégient les grands espaces pouvant accommoder le télétravail ou l’école à la maison. «Le modèle prédominant, c’est-àdire, travailler pour un seul employeur pendant toute sa carrière, une rémunération, dans un lieu spécifique et à des heures spécifiques, change. Les employés sont plus flexibles, changent de corps de métier avec plus de facilité, travaillent pour des entreprises locales ou internationales; il y a tant de permutations possibles. Le télétravail qui s’installe dans la durée change la donne et les architectes qui construisent de nouvelles maisons font maintenant provision d’un bureau, pour vous dire que le télétravail est normal. Le travail de demain est ce nouveau modèle, plus flexible ou hybride, mais cette évolution dépend de pays en pays et de leur croissance économique», dit Pradeep Dursun.

Dans le même contexte, les sources de rémunération évoluent. Si dans le futur les revendications salariales continueront malgré les crises économiques, les compensations seront amenées à prendre différentes formes. Prenons l’exemple de la semaine de travail de quatre jours, qui devient une tendance avec l’Espagne, le Japon, la Belgique ou encore l’Écosse qui testent cette possibilité. Cela n’implique pourtant pas de baisse de salaire.

Finalement, on constate que les changements sont là, mais il y en aura bien d’autres et nous devrons être prêts à faire face à ces défis.

Les espaces de «coworking», une tendance qui s’installe 

<p>Qui dit télétravail implique de facto une baisse dans la demande de location et d&rsquo;achat d&rsquo;espaces de bureaux. Si nous pouvons désormais travailler de partout, les espaces de coworking, apportant tout le confort et les équipements nécessaires à la bonne marche des activités professionnelles prennent de l&rsquo;ampleur. Les entreprises favorisent aussi de plus petits bureaux à travers des espaces de coworking, proches du lieu de résidence des employés. À titre d&rsquo;exemple, Oficea adapte ses services en ce sens. <em>&laquo;La pandémie et ses effets sur la location d&rsquo;espaces professionnels nous ont permis de réfléchir aux bureaux de demain. C&rsquo;est dans cette optique que nous suivons les tendances à travers le monde et adaptons nos services aux besoins de nos clients. Cela a débouché sur le concept de workspitality, à travers lequel l&rsquo;on retrouve une offre qui combine plusieurs services inspirés de l&rsquo;industrie hôtelière.&raquo;</em></p>

<p>&nbsp;En effet, cette offre qui permet de répondre aux besoins des entreprises et des employés afin de trouver le parfait équilibre pour favoriser l&rsquo;épanouissement de tous à travers des interactions et des soins dans les espaces de travail. <em>&laquo;Les premiers projets importants sont notamment la mise à disposition de salles de réunion de qualité au cœur de Vivea Business Park à Moka. Par ailleurs, Oficea y a récemment repris une activité de coworking, qui compte aujourd&rsquo;hui plus de 100 places. Nous prévoyons de développer et d&rsquo;étendre cette offre dans les mois à venir. Nous avons à cœur de créer une réelle communauté à travers nos services et offres annexes. De plus, notre dernier bâtiment en date, Les Fascines, qui totalise plus de 9000m2, a été conçu pour proposer des espaces communs généreux, des espaces de travail adaptés aux tendances post-Covid pour favoriser la ventilation naturelle&raquo;</em>, dit-on du côté d&rsquo;Oficea.</p>

<p>Récemment, CIEL Properties a investi dans la reconversion de l&rsquo;ancienne usine de Floréal Knitwear en une destination urbaine, encourageant l&rsquo;entrepreneuriat. que ce soit en termes de lieu de vie ou d&rsquo;espace de travail. The Hive propose aussi des espaces de coworking avec des contrats de location de six mois renouvelables.</p>

<p>Quid de l&rsquo;équilibre entre écologie et nouveaux bureaux ? <em>&laquo;Nous sommes confiants que nos espaces de bureaux uniquesdans des cadres exclusifs et connectés sont un réel plus par rapport à nos concurrents. Oficea veille à assurer un juste équilibre entre une construction de qualité supérieure et un faible impact écologique. Son portefeuille comprend déjà un bâtiment certifié Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) et un autre accrédité selon la norme ISO 50001. Oficea a pris l&rsquo;axe stratégique de faire en sorte que tous nos bureaux soient griffés de la même certification LEED, green by design, pour nos futurs développements.&raquo;</em></p>

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