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L’offshore mauricien à l’honneur à la Dubaï Expo 2020

6 décembre 2021, 11:00

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L’offshore mauricien à l’honneur à la Dubaï Expo 2020

Coup d’envoi de la Mauritius Finance and Investment Week à Dubaï. Encouragée par notre récente sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisation de cet événement par l’État mauricien prend une toute autre importance, la dynamique de reprise de notre secteur des services financiers étant fragilisée par l’évolution de la pandémie mondiale et la découverte du variant Omicron. Présents pour cet événement majeur tenu en marge de la Dubai Expo 2020, gouvernement et secteur privé mauriciens ont pour mission de promouvoir notre juridiction, d’autant que plusieurs pays d’Afrique prennent de la vitesse, notamment dans le développement de la FinTech avec des milliards de dollars investis dans les produits africains, à l’instar du Nigeria où les start-up ont collecté environ USD 1,4 milliard de fonds en 2021. Voyons cela de plus près.

Objectifs: présenter Maurice en tant que centre financier international d’excellence, renforcer les relations économiques avec les différents pays présents à la Dubaï Expo 2020 et explorer les avenues de collaboration avec des entreprises clés telles que la Chambre de Commerce de Dubaï et la Chambre de Commerce d’Abu Dhabi entre autres. Le pays fraîchement sorti de la liste grise du GAFI, les représentants de l’État ainsi que des compagnies privées mauriciennes qui opèrent dans les services financiers sont actuellement présents à Dubaï à l’occasion de la Mauritius Finance and Investment Week, qui se tient du 5 au 9 décembre au Dubai International Financial Centre (DIFC), afin d’accroître la robustesse et la visibilité de l’offshore mauricien sur la scène internationale.

Si notre secteur des services financiers a souffert de notre inclusion sur la liste grise du GAFI, nous sommes de nouveau pleinement dans le jeu. «Cette approbation du GAFI témoigne de l’engagement du gouvernement au plus haut niveau de mettre en œuvre les réformes nécessaires, tout en adhérant aux normes internationales les plus élevées en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Nous faisons des efforts pour fournir à nos investisseurs plus de confort et de confiance en Maurice comme plaque tournante pour leurs investissements. Ancrée dans le ‘Triangle d’or’ reliant le MoyenOrient, l’Asie et l’Afrique, Maurice est en passe de devenir un pôle d’excellence pour canaliser des investissements vers l’Afrique», dit-on à l’Economic Development Board (EDB).

En effet, Maurice a toujours eu pour ambition de se positionner comme la plaque tournante connectant le continent asiatique à l’Afrique, pour les services financiers plus particulièrement. Or, il nous faut rester vigilants car la concurrence africaine s’organise notamment avec le Kigali International Financial Centre (KIFC), qui affiche également son ambition de dominer le marché. Dans ce contexte, il est aussi souhaitable de mettre en exergue la publication du rapport réalisé par Capital Economics cette année, soulignant que la juridiction mauricienne aura entraîné la création de milliards de dollars de richesses en Afrique à travers des investissements étrangers qui ont transité par son centre financier, sans oublier la création de plus de 4 millions d’emplois.

Justement, quid de la pertinence des nombreux accords bilatéraux signés, notamment l’African Continental Free Trade Area (AfCTA) et l’accord de libreéchange avec la Chine dans nos objectifs de croissance de l’offshore mauricien ? «Il est clair que l’AfCFTA renforce l’attractivité de l’Afrique en tant que destination d’affaires, tandis que le Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) avec l’Inde et le FTA avec la Chine dévoilent une multitude de perspectives, y compris un accès préférentiel au marché et des concessions tarifaires pour Maurice comme le tremplin idéal pour les investissements indiens et chinois en Afrique et au-delà.»

Pour de nombreuses compagnies opérant dans les services financiers et la Fintech plus particulièrement en Afrique, l’AfCTA est, en effet, appelé à jouer un grand rôle, les start-up pouvant proposer des solutions innovantes et taillées sur mesure dans la plus grande zone de libre-échange au monde, vu le nombre de pays qui y participent. Or, si Maurice veut de nouveau s’imposer en leader dans ce créneau qui est la FinTech et sur ce marché, il est important de se rendre compte des avancées africaines avec des milliards de dollars collectés et investis dans des start-up au Nigeria, au Kenya, en Afrique du Sud et en Égypte, entre autres, pour rendre les services financiers plus efficaces. L’on peut citer en exemple, Wave, une startup basée au Sénégal et opérant dans les paiements mobiles, la première start-up de l’Afrique francophone valant plus d’un milliard de dollars. Il est à savoir que les start-up FinTech africaines se diversifient et cessent petit à petit de se concentrer sur des domaines tels que le paiement et l’investissement pour proposer un large éventail de services complémentaires.

En 2021, les start-up au Nigeria ont collecté environ USD 1,4 milliard de fonds, celles d’Afrique du Sud ont réuni plus de USD 830 millions et le Kenya USD 375 millions. D’aucuns peuvent se demander comment Maurice compte se faire une place dans ce marché où la compétition est manifestement rude ? «Pour commencer, depuis septembre 2018, l’EDB a octroyé neuf licences pour un portefeuille diversifié de projets FinTech, y compris des offres initiales de pièces de monnaie (ICO), des plates-formes d’échange de cryptomonnaies, des portefeuilles numériques, des plates-formes de financement participatif et des plates-formes de titres alternatifs compatibles avec la blockchain, des systèmes KYC basés sur la blockchain et des plates-formes de gestion de patrimoine utilisant l’intelligence artificielle. Aussi, le Mauritius Africa FinTech Hub (MAFH) a été créé en 2018 et rassemble des innovateurs, des entrepreneurs, des agences gouvernementales et des entreprises, ainsi que d’autres centres FinTech africains pour permettre aux fournisseurs de services financiers et aux entreprises FinTech de travailler ensemble pour créer des produits dans un environnement sûr, innovant et stimulant», précise-t-on à l’EDB.

L’Afrique est maintenant un centre névralgique en matière de FinTech, car si le continent africain est connu pour avoir l’une des plus grandes populations non bancarisées au monde, 52 % des transactions mobiles dans le monde ont lieu à partir du continent africain. «En tant que centre financier international de substance, Maurice est bien placé pour aider les pays africains à atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies, qui sont liés à l’éradication de la pauvreté en permettant aux Africains d’avoir accès au financement grâce aux technologies financières. Grâce à notre écosystème FinTech dynamique, nous encourageons fortement les entreprises FinTech à explorer un partenariat conjoint avec les entreprises mauriciennes afin d’étendre davantage leur empreinte en Afrique.»

En tout cas, une chose est sûre : notre présence à Dubaï devrait certainement aider, l’offshore mauricien ne pouvant rêver d’un meilleur endroit pour augmenter sa visibilité à l’international.

 

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