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Facson Perrine : « J’ai tout donné pour faire la fierté de ceux qui ont cru en moi »
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Facson Perrine : « J’ai tout donné pour faire la fierté de ceux qui ont cru en moi »
Jeune kickboxeur, Facson Perrine, d’origine rodriguaise, est à première vue un adolescent très réservé. Toutefois, sa passion pour le kickboxing lui permet de s’ouvrir aux autres. Il a fait de ce sport sa passion et une raison de fierté pour ses proches.
Facson Perrine a fait honneur à Maurice, le dimanche 22 mai dernier en Hongrie quand il a décroché l’or aux Championnats du monde de Kickboxing. Ce jeune homme de 18 ans, sous ses airs de grand timide, cache une détermination de sportif expérimenté.
Il a les yeux pétillants quand il parle de son sport de prédilection. Facson Perrine se flatte d’avoir battu son adversaire lors de la finale du Championnat du monde de cette discipline.
Cette remarquable performance est le fruit de longues années de travail. Facson Perrine a commencé à s’intéresser au kickboxing dès son plus jeune âge. « Je n’ai pas débuté directement dans le combat. Quand j’avais six ans, j’ai commencé par observer mon parrain, Jean-Claude Spéville, lors de ses entraînements chaque jour », affirme-t-il en ajoutant que son oncle faisait des pompes avec le petit Facson sur le dos.
Et ses débuts dans le Kickboxing se firent à Rodrigues, dans son île natale, à Orange, plus précisément. Il rêvait, alors, de se battre contre les plus grands boxeurs et d’honorer sa famille qui s’est beaucoup sacrifiée pour qu’il puisse venir à Maurice en préparation pour le Championnat du monde.
Judex Jeannot, son entraîneur, avance que Facson est un jeune déterminé qui n’a pas peur de relever des défis, malgré son âge. En effet, cela fait plus d’une année que le sportif a quitté son île natale pour venir à Maurice. Il vit depuis chez son entraîneur, à Roches-Brunes.
« Il a connu une défaite lors du Championnat du monde des Juniors. Il l’a très mal vécue mais il s’est surpassé par la suite. Il a le caractère d’un boxeur de haut niveau et j’admire le courage qu’il a démontré lors de la dernière compétition », avance l’entraîneur.
Et ce championnat du monde a été plus qu’éprouvant pour le Rodriguais, puisqu’il s’est blessé à la main droite lors de la demi-finale de cette compétition. « Ceux qui étaient autour de moi n’arrêtaient pas de me demander si je pouvais affronter une finale. Au début, j’hésitais mais au fond de moi, je savais qu’il ne fallait pas que je déçoive ceux qui ont cru en moi », ajoute-t-il.
Il dit avoir essayé de surmonter la douleur et de frapper son adversaire avec sa main droite mais il a vite regretté ce geste.
« Cela faisait très mal, mais je n’ai pas abandonné mon combat. Mon entraîneur m’avait dit que l’on n’avait pas une finale deux fois. Je me suis concentré sur ma main gauche et mes jambes et je l’ai battu 2 à 1 », lâche-t-il en souriant.
Sa victoire il la dédie principalement à sa mère, Marie-Rose, qui travaille comme garde-malade, et à son père, Jean-Joseph, qui est à la fois pêcheur et maçon. « Il fait des petits boulots pour faire grandir mon frère Jean-Patrick et ma petite sœur Rebecca », poursuit-il. Facson Perrine avoue que chez lui, l’éducation passait avant tout le reste.
Il fait ses études primaires à l’école Sept-Familles à Latanier. Il a participé à deux reprises à ses examens de la CPE. Puis, il s’est inscrit à l’école prévocationnelle de la localité pendant trois années. Ensuite, en 2009, il intègre la MITD.
Il avait voulu s’inscrire au cours de plomberie mais a finalement été contraint d’opter pour l’agriculture. « Il n’y avait plus de place pour moi », dit-il. Mais il n’a pas regretté son parcours, puisqu’il arrive, à présent, à cultiver et à faire pousser des légumes. Une proximité avec la terre qu’il affectionne.
Toutefois, en dépit de ses rêves d’aller toujours plus loin en kickboxing, Facson Perrine avoue qu’il fait face à la réalité. « Je devrais en même temps m’intéresser à un métier. Je sais que cela ne va pas durer. Mais je veux vivre ce sport à fond, c’est ma passion ! » déclare le jeune Rodriguais.
Facson n’a, à présent, qu’une devise : « Il faut toujours croire dans ses rêves et de ne pas avoir peur de la souffrance. » « Ce n’est qu’ainsi qu’on peut réussir », ajoute-t-il.
Son entraîneur ne cessera, quant à lui, d’admirer son jeune protégé qui détient pour plus grande qualité, l’humilité. « Il se contente de peu de choses et sait apprécier la vie et la prend comme elle vient. C’est une grande qualité et il a certainement un avenir très prometteur », ajoute Judex Jeannot.
C’est avec le sentiment d’avoir bien accompli une mission que Facson Perrine regarde le plâtre qu’il porte à la main droite. Ses meilleurs amis y ont écrit des mots d’encouragement et de félicitations. « J’ai tout donné pour cette médaille et cette coupe. Je suis confiant de ramener d’autres trophées à mon pays », lâche-t-il, toujours avec le sourire, qui fait s’évanouir sa  timidité.
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