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Le mot du jour
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Le mot du jour
Le mot est aujourd’hui peu usité il est tombé en désuétude avec la fin des idéologies. C’est pourtant le qualifi catif que le Parti travailliste a choisi pour résumer ses 75 années d’existence. Il affi rme son attachement à une « politique progressiste ». Qu’est ce que cela veut dire ?
Si « progressiste » est un mot ambigu, il a néanmoins un contenu concret : le progressisme exprime la volonté politique de transformer les structures de la société en vue d’une plus grande justice et d’une amélioration des conditions de vie. Cela
passe par l’application de réformes, y compris, le cas échéant, de réformes radicales.
Sur la base de cette définition, le Parti travailliste peut effectivement se targuer d’être la force progressiste qui a le plus contribué à l’amélioration continue des conditions de vie des Mauriciens. Pendant près de quarante années d’exercice du pouvoir, son action s’est articulée sur une transformation graduelle des structures politiques, économiques et sociales du pays.
Cette « politique progressiste » a produit comme un « miracle » : la transformation d’un pays à monoculture sucrière, alors accaparé par une poignée de conservateurs teigneux, en une nation économiquement moderne et socialement réconciliée. Le parti de Navin Ramgoolam, et plus encore celui de sir Seewoosagur, peut fi èrement célébrer cette réussite-là, même s’il est vrai que d’autres forces politiques peuvent légitimement revendiquer une part de ce succès.
Mais le progressisme va bien au-delà des seules considérations matérielles. Il a aussi pour idéal le progrès moral de l’humanité. Il est attaché à des valeurs qui le distinguent nettement des autres idéologies.
Je ne citerai que deux d’entre elles, qui sont d’une réelle pertinence dans l’état actuel de notre société : la laïcité et la moralisation de la vie publique par le combat contre la corruption. La laïcité est une conquête majeure des progressistes du monde entier. Il s’agit, en résumé, de la séparation entre les pouvoirs politique et administratif de l’Etat et le pouvoir religieux.
L’objectif est de neutraliser l’influence des mouvements religieux sur les affaires publiques et d’assurer la stricte neutralité de l’Etat en matière religieuse. Elle exige des hommes politiques qu’ils se gardent de toute manifestation publique de leurs croyances et plus encore, de toute justification rhétorique de nature religieuse. La liberté de conscience est reconnue, mais la religion est « chose privée ». C’est surtout parce que cette valeur progressiste n’est pas scrupuleusement respectée qu’il existe des tensions dans le pays.
Puisqu’ils fondent leurs actes sur le « progrès moral », les progressistes exècrent la corruption, l’utilisation abusive d’un pouvoir à des fi ns d’enrichissement personnel. Ils la combattent avec acharnement parce que la corruption franchit toujours la frontière du droit et de la morale.
Il nous faudra être attentifs à ce que nos « progressistes » nouveaux auront à dire, lors de leurs célébrations, sur ces deux questions de notre temps.
Et de notre quotidien…
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