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Les fédérations syndicales envisagent de se regrouper pour la Fête du Travail
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Les fédérations syndicales envisagent de se regrouper pour la Fête du Travail
Avec les nouvelles lois sur le travail, la déduction de 1% des salaires des employés du privé, les licenciements dans certains secteurs, les fédérations syndicales ont retrouvé un certain rayonnement. Du coup, les manifestations publiques commencent à mobiliser des centaines de personnes. Ce qui ne s’était pas vu depuis des décennies.
Dans un tel contexte, l’idée a été émise à l’effet que toutes les fédérations devraient se regrouper en vue de la Fête du Travail. L’idée fait son chemin. Les syndicalistes commencent déjà à évoquer les modalités d’un tel exercice.
Le mouvement syndical mauricien serait-il en train de se réinventer? Ou n’est-ce qu’une montée d’adrénaline ponctuelle? Nous avons interrogé quelques syndicalistes sur ces questions. Nous vous livrons leurs déclarations ci-dessous.
Ashok Subron, l’un des porte-paroles de la Confédération Syndicale de Gauche (CSG)-Solidarité
«C’est clair qu’il y a un nouveau dynamisme dans la lutte des travailleurs à Maurice, particulièrement ceux du secteur privé. Cet enthousiasme s’exprime à travers les mobilisations organisées par les nouvelles fédérations syndicales, la CSG et la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP). Il faut dire que ces fédérations partagent, dans un certain sens, une histoire et des traditions similaires. Elles s’opposent toutes deux au néo-libéralisme pratiqué, durant ces dernières 20 années, par les partis au pouvoir et les élites économiques du pays. La CSG, par exemple, représente le trait d’union entre les flambées/luttes des années 1970 et le dynamisme des nouvelles générations de travailleurs. Nous travaillons dur pour la Fête du Travail en vue d’une unification des différentes mobilisations syndicales. C’est le moment propice pour que les travailleurs se réapproprient cette journée, qui est la célébration de la lutte contre le capital.
La CSG et la CTSP ont des discussions et des consultations actuellement. La CSG, pour sa part, fait déjà partie du comité organisateur d’un rassemblement à Beau-Bassin. Nous faisons appel aux autres fédérations syndicales, qui visent les mêmes objectifs que nous, à se joindre à nous. Jusqu’au 15 avril, nous connaîtrons l’effectif et la qualité de la convergence qui aura lieu lors du 1er mai »
Jane Ragoo, l’une des porte-parole de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP)
«Nous sommes guidés par la tenue de trois grandes manifestations des fédérations syndicales dernièrement. Selon des observateurs, il n’y a jamais eu autant de travailleurs qui sont descendus dans les rues pour protester contre les lois anti-travailleurs, promulguées le 2 février 2009. Nous pouvons être sûrs, à travers les contacts que nous avons eus avec les travailleurs sur leurs lieux de travail, qu’ils sont très motivés à se mobiliser pour la Fête du Travail. Nous avons des indications que le 1er mai sera un véritable succès. La CTSP a voulu une unité sur le terrain, à la base, c’est-à-dire, à partir des travailleurs. Les dirigeants des syndicats ont compris que l’unité se crée dans les rues, directement avec eux, pas uniquement entre dirigeants. Nous savons que nous pouvons compter sur les travailleurs qui soutiennent l’opposition. J’ai entendu que le Mouvement Militant Mauricien (MMM) et le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) termineront leurs congrès plus tôt. Afin que les partisans présents puissent nous rejoindre. Nous lançons aussi un appel à ceux qui soutiennent l’Alliance Sociale de réfléchir en tant que travailleurs. Car ceux du secteur privé ont perdu leurs droits»
Toolsiraj Benydin, Président de la National Trade Union Confederation
«La tendance actuelle fait qu’il y a d’importants combats à mener. Les travailleurs n’ont pas hésité à le démontrer à trois reprises. Nous pensons que vu qu’à Maurice, il y a le pluralisme syndical, il faut des actions coordonnées sur les grands enjeux. Que ce soit au niveau de la compensation salariale, le salaire minimum, le travail décent… Les travailleurs ont un «fighting spirit». Ils ont pris conscience qu’il faut bouger et se mobiliser pour défendre leurs droits. Il faut favoriser les manifestations au lieu d’aller vers les politiciens qui ne profitent pas aux travailleurs. Le 1er mai est le jour par excellence de la force syndicale. Ce jour appartient aux travailleurs, pas aux politiciens. Eux ont les 364 jours restants. Ils doivent faire preuve de bonne volonté. Ils doivent laisser le premier plan aux travailleurs si ce sont vraiment d’eux dont ils se préoccupent. Nous avons récemment reçu une lettre de Jack Bizlall du Mouvement 1er Mai, nous invitant à conduire une action commune pour la Fête du Travail. Soit une convergence de nos membres vers Beau-Bassin. Nous sommes en faveur de cette idée. Dans les prochains jours, nous discuterons ensemble des modalités de cette action»
 
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