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Deux gamins sortent d’un bidonville pour la cérémonie des Oscars

20 février 2009, 20:00

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Deux gamins sortent d’un bidonville pour la cérémonie des Oscars

Azharuddin et Rubina âgés respectivement de 10 et 9 ans arrivent, ce week-end, à Los Angeles pour participer à la cérémonie des oscars. Ces deux jeunes comédiens issus d’un bidonville indien tiennent des rôles dans  « Slumdog Millionaire », le film de Britannique Danny Boyle.

Deux enfants indiens vedettes du film "Slumdog Millionaire", tout droit sortis de leur bidonville de Bombay, sont attendus dimanche sous les projecteurs de Hollywood pour les Oscars où le long-métrage est donné favori. Ces deux acteurs en herbe nés et vivant à Dharavi, le plus grand bidonville d''''Asie où a été tourné le film, goûteront pour la première fois à l''univers scintillant du temple mondial du cinéma, bien loin de leurs logements insalubres.

Azharuddin Mohammed Ismail, 10 ans et Rubina Ali, âgée de 9 ans, doivent arriver ce week-end à Los Angeles, emmenés par la production de "Slumdog Millionaire", le film-événement en Occident qui pourrait rafler dix fameuses statuettes dorées. Mais avant de fouler le tapis rouge des Oscars, le jeune Azharuddin -qui joue Salim enfant, le grand frère du héros Jamal- a d''autres priorités: la municipalité de Bombay vient de raser son quartier. "J''espère que nous aurons vite une nouvelle maison où nous pourrons vivre", dit à l''AFPTV le garçonnet dans sa cabane au toit en tôle où il s''entasse avec sa famille, juste avant de s''envoler pour la Californie.

Le film du Britannique Danny Boyle a déjà remporté de nombreux trophées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et s''approche des 100 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord. Mais Azharauddin et la petite Rubina -le personnage de Latika, le grand amour de Jamal enfant- vivent toujours dans la misère de Dharavi, véritable ville dans la mégapole de Bombay, le long de l''aéroport.

Là, des centaines de milliers d''Indiens vivent dans de minuscules maisons en briques, aux toits en bambou ou en tôle, sans eau courante, au milieu d''égoûts et de décharges à ciel ouvert. Cette misère projetée sur grand écran exaspère les critiques en Inde qui dénoncent une "pornographie de la pauvreté", une vision occidentale "artificielle et superficielle" de la "face sombre" du "miracle" économique indien.

Fustigeant le titre "chien de bidonville", une association d''habitants d''un bidonville de l''est de l''Inde a même porté plainte fin janvier contre la star de Bollywood Anil Kapoor et le compositeur de la bande originale, A.R. Rahman, pour "violation des droits de l''Homme et de la dignité" des miséreux. Danny Boyle et le producteur Christian Colson se sont défendus d''avoir voulu blesser quiconque. Bien au contraire.

Les deux enfants, Azharauddin et Rubina, ont été inscrits dans une école anglophone pour les pauvres et ils devraient toucher leurs cachets à leur majorité. Pour le mois de tournage, leurs familles reçoivent déjà une petite rente mensuelle.

Pourtant, "Il n''y a qu''une seule chose qui a changé dans ma vie: je suis célèbre grâce à mon fils. C''est tout. Rien d''autre n''a bougé. Mon fils est devenu un héros international et je vis comme un moins que rien", déplore le père d''Azharauddin, Mohammed Ismail Mohammed Usman, un vendeur de cartons.

Pour le comédien Kapoor -le présentateur du jeu télévisé dans le film- "Slumdog", et sa sélection d''acteurs indiens inconnus, suit la route du long-métrage "Gandhi" de Richard Attenborough qui avait remporté en 1982 huit Oscars.

"Sir Richard Attenborough a rendu un grand service au Mahatma Gandhi, à son héritage et à notre pays. Mais l''effervescence autour de « Slumdog »'' aux Etats-Unis est bien plus forte", déclare Kapoor  au journal Hindustan Times. "C''est comme un raz-de-marée, un mouvement presque historique", pense-t-il.

"D''autres gens me verront dans ce film. Des gens très, très importants. Si un autre bon réalisateur me repère, peut-être que l''on me reprendra", espère Azharauddin.

© Agence France-Presse

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