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Royaume-Uni: la croissance prend de l'élan au 2ᵉ trimestre à 0,2%

11 août 2023, 08:46

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Royaume-Uni: la croissance prend de l'élan au 2ᵉ trimestre à 0,2%

Le Royaume-Uni a vu sa croissance rebondir plus qu'attendu au deuxième trimestre, tirée par l'activité manufacturière et l'hôtellerie-restauration notamment, malgré une inflation et un risque de tomber en récession qui persistent.

Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,2% par rapport aux trois premiers mois de l'année, contre 0,1% au premier trimestre, indique vendredi l'Office national de statistiques (ONS).

En juin, l'activité s'est reprise (+0,5%) plus vite qu'attendu par les économistes comparé à mai (-0,1%), mois où elle avait pâti d'un jour de congé exceptionnel à cause du couronnement du roi Charles, rappelle l'ONS.

«Le secteur manufacturier a connu un mois particulièrement solide» notamment dans l'automobile et la pharmacie, a constaté Darren Morgan, le directeur des données économiques de l'ONS.

Le retour du beau temps a également donné un coup de fouet à l'hôtellerie-restauration.

Mais le Royaume-Uni n'a pas encore retrouvé son pic pré-Covid, note la maison de recherche Pantheon Macro, qui s'attend cependant à ce que le pays échappe à la récession, notamment parce que les salaires continuent à augmenter alors que la hausse des prix commence à marquer le pas.

L'ONS note ainsi que l'activité manufacturière a été aidée par un repli des prix des matériaux, qui s'étaient envolés dans la foulée de la réouverture de l'économie post-Covid et de la guerre en Ukraine.

Impact des taux d'intérêt à venir

A l'inverse, Capital Economics continue d'attendre une «légère récession plus tard cette année», avec le plus gros de l'impact négatif du tour de vis sur les taux d'intérêt «qui doit encore se faire sentir».

Le Royaume-Uni traverse une crise du coût de la vie depuis des mois, alimentée par une inflation de 7,9% en juin, la plus élevée du G7.

Exemple de ses effets négatifs sur l'économie britannique: la chaine d'articles ménagers à bas prix Wilko a déposé le bilan jeudi faute d'être parvenue à trouver des repreneurs ou de nouveaux financements. Ses clients se sont retrouvés avec des finances sous pression et et ses coûts ont trop grimpé. Résultat: 12 500 emplois sont menacés.

«Les factures d'énergie ont reculé et l'inflation ralentit, ce qui donne un peu d'air aux ménages, mais l'impact des taux d'intérêt qui grimpent risque d'éclipser» ces améliorations et de prolonger la morosité de l'activité économique, argumente Martin Beck, économiste d'EY Item Club.

Pour lutter contre l'inflation, la Banque d'Angleterre a procédé à une longue série de relèvements de son taux directeur, désormais à 5,25%, ce qui renchérit considérablement les coûts du crédit pour les entreprises et les ménages, ces derniers étant en proie notamment à une flambée de leurs emprunts immobiliers.

«Les mesures que nous prenons pour combattre l'inflation commencent à porter leurs fruits», a estimé le ministre des Finances Jeremy Hunt, ajoutant que «la Banque d'Angleterre prévoit à présent que nous allons éviter une récession».

Le Fonds monétaire international (FMI) avait révisé en mai à la hausse ses prévisions pour l'économie britannique, avec un PIB désormais attendu en progression de 0,4% pour l'ensemble de 2023.

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