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Razack Peeroo : Le poste de Speaker au bout d’une longue carrière politique
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Razack Peeroo : Le poste de Speaker au bout d’une longue carrière politique
Il a été élu Speaker de l’Assemblée nationale, le mardi 24 juillet dernier. Razack Peeroo, 67 ans, est celui qui veillera, désormais, à ce que les débats parlementaires soient «fructueux et respectueux». Il remplace ainsi Kailash Purryag qui accède à la présidence. Rencontre avec cet homme de loi de renom qui s’avère être un grand amoureux de la nature et un passionné de la littérature française.
Il est connu pour son brillant parcours dans le secteur judiciaire. Razack Peeroo, avocat de profession, compte plusieurs juristes dans sa famille. Il est l’époux de la juge Saheeda Peeroo, et le père d’Assad et Jamsheed Peeroo, tous deux avocats. Razack Peeroo affirme que sa carrière à la fois dans la politique et dans le système judiciaire sont ses meilleurs atouts pour accomplir ses fonctions de président de l’Assemblée nationale..
«C’est en toute sérénité que je prends mes fonctions de Speaker. J’ai suffisamment été en cour pour voir comment les juges faisaient leur travail. Pour moi, être Speaker c’est comme être un arbitre…il ne s’agit pas de mettre des buts ! C’est comme cela que je vois mon rôle de Speaker », soutient le Senior Counsel.
C’est avec satisfaction que le nouveau Speaker revient sur sa carrière professionnelle comme avocat, mais aussi comme politicien. C’est en 1976, quatre ans après avoir été admis au barreau en Angleterre, qu’il se jette dans l’arène politique. Il est candidat dans la circonscription No.15 (La Caverne/Pheonix), sous la bannière du Parti de l’Indépendance, avec ses colistiers  Iswardeo Seetaram et Kailash Purryag, qui ont occupé le fauteuil de Speaker par la suite.
«La politique et le judiciaire ont toujours influencé ma vie. En tout cas, la politique m’a toujours intéressé, surtout durant la période post-coloniale. Les partis politiques de l’époque menaient une lutte idéologique. C’était un vrai débat ! », poursuit-il.
Aux législatives de 1976, il se positionne à la troisième place, toujours au No 15, et siège comme back-bencher à l’Assemblée nationale. Trois ans plus tard, il occupe le poste de ministre du Travail et des relations industrielles.
En 1982, il prend ses distances de la politique. Ce n’est qu’en 1988 qu’il fait un nouveau plongeon dans ce domaine, mais il connaîtra une déception aux élections de 1991. Il est battu et siège comme Best-Loser.
«Ma vie a été remplie de bons moments. Bien sûr, il y a eu des instants de frustration mais il y a eu davantage de choses positives », lâchera-t-il. Il n’oubliera pas de faire remarquer qu’il a servi le pays, sous Sir Sewoosagur Ramgoolam et qu’il l’a aussi fait sous le leadership de Navin Ramgoolam.
En effet, il se fait élire dans la circonscription No.15 aux élections de 1995, avec l’alliance Mouvement militant mauricien et Parti Travailliste. A compter de cette année, et ce jusqu’en 2000, il sera ministre du Travail, Attorney General et ministre de la Justice successivement au sein des  gouvernements dirigés par Navin Ramgoolam.
C’est en 2000, qu’il décide de prendre des distances définitives de la politique et de se consacrer à sa profession d’avocat. Cela, après une défaite aux élections où il obtient 29,3% des voix.
Aujourd’hui, quand on lui demande si un autre passage dans la politique active le tenterait, Razack Peeroo déclare que : «seul le temps pourra répondre à cette question».
Assis dans le fauteuil qu’occupait son ancien colistier Kailash Purryag, c’est avec respect qu’il nous parle des relations d’amitié qui le lie au nouveau Président de la République.
«Kailash Purryag est un homme intègre et honnête. Il est bien avisé et cultivé. L’actualité locale et internationale ne l’échappe pas. Je suis convaincu qu’il sera un bon président de la République », dira-t-il avec déférence.
Après ce petit voyage dans le passé, à retracer les moments les plus intenses de sa vie, Razack Peeroo nous confiera qu’il y a autre chose qu’il apprécie, outre la politique et le judiciaire.
Le tout nouveau Speaker est un inconditionnel de la littérature française. En ce moment, à ses heures perdues, c’est dans l’autobiographie de Chateaubriand -«Mémoires d’Outre-tombe »-qu’il se réfugie.
Et quand l’occasion se présente, il se permet de contempler la nature…une autre de ses passions. «Je suis émerveillé quand je suis dans la nature. Je suis croyant et cela me permet de prendre conscience de la grandeur de Dieu », lâchera-t-il avant de jeter un coup d’œil au réveil. Il est 12h55. L’heure pour lui de nous laisser pour filer à la mosquée, en ce temps de Ramadan…
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