Le monde va devenir fou !

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Le chatbot ChatGPT, une des dernières créations de l’intelligence artificielle (AI), lancé en novembre dernier, va bouleverser le monde. 

Après le deep fake qui permettait de substituer des visages dans des vidéos afin de faire croire que le personnage substitué est bien celui qui commet l’acte capturé par la vidéo (danser, voler, embrasser, truander…), on nous a pondu les applications de deep fake voice qui, outre leurs utilisations légitimes (comme par exemple, lire un texte pour une personne qui voit mal), permettent aussi des utilisations évidemment moins catholiques. Vous imaginez un peu la tête et la voix d’un de nos politiciens sur un prêche de Andrew Tate, par exemple ? Et l’effet dévastateur que cela peut avoir avant d’être repéré, dénoncé et enlevé du web ? 

ChatGPT, quant à lui, peut vous rédiger un email, écrire du code, produire un essai ou une lettre d’amour avec habilité, sur simple demande verbale de l’utilisateur. Il est, de plus, largement polyglotte. En cinq jours après son lancement, ChatGPT avait plus d’un million d’utilisateurs, alors que Twitter avait pris deux ans pour atteindre le même degré d’adhésion. Facebook avait requis 10 mois, Spotify, cinq ! Ainsi vont les priorités du monde…

Parmi les inquiétudes soulevées par cet outil sophistiqué qui, plus il est utilisé, plus il deviendra efficace, on cite volontiers le muscle qu’une telle application peut donner à ceux qui font du phishing ou qui sont des threat actors ; au pouvoir qu’il donne à n’importe quel citoyen de devenir programmeur (pour de bonnes causes, comme pour les mauvaises, y compris pour des cyber attaques, par exemple) et aux challenges déclenchés pour les écoles et universités qui auront désormais fort à faire pour déceler si un devoir est produit par un élève ou par un chatbot

Le drame de chaque nouveauté technologique est qu’alors qu’elle permet de faire du positif et d’ajouter de la valeur à la vie, elle titille souvent aussi des esprits mal tournés qui n’y voient que des opportunités d’arnaquer, de tricher, de faire de la propagande de «vérités alternatives» ou de se faire de l’argent illicitement. Depuis celui qui, à l’arrivée d’un nouveau médicament en grande demande, n’a qu’une idée, celle de fabriquer et de fourguer du faux, jusqu’au trafiquant de drogue qui utilise le dark web pour commercer et blanchir son sale argent, en crypto, la mentalité viciée est la même. Et partout ! 

La compagnie qui a produit Chat GPT, Open AI, est dans l’écurie de Microsoft. Google ne va pas tarder à proposer sa propre version parce que même si ChatGPT n’est pas un moteur de recherche à proprement parler, il va certainement créer l’illusion d’être une alternative en étant définitivement plus amusant et divertissant. Mais GPT a déjà de nombreux concurrents sur le marché, même s’ils ne bénéficient pas de l’aura de Microsoft. Citons Chat Sonic, Replika ou Youchat, parmi d’autres. 

Si GPT possède quelques facultés pour déceler si un client a de mauvaises intentions en tête quand il l’utilise, elles sont, dit-on, assez facilement contournables. Par contre, You.com, un autre concurrent de GPT est tout ouïe, ne refuse rien et propose même des promotions fake, ou des confirmations de paiement ou des notifications de contrôle de qualité ou des diplômes ou des prix fake ou même des notifications de banque. Un rêve pour les personnages bidon comme George Santos, nouveau membre républicain du congrès américain, qui a tant embelli son CV que l’on ne sait plus qui il est vraiment ! Ça va être le bordel, si vous me demandez, et nous devrons tous devenir beaucoup plus vigilants, sur le net. Mais pas seulement… 

Un peu comme les virus qui hantaient le net qui ont généré un immense marché d’antivirus, ces chatbots de fake ont, par ailleurs, déjà commencé à générer des propositions de détection de fakes ! Et ce sera, une fois encore, la course entre les arnaqueurs et leurs contrepoisons. Ça ne va pas être du gâteau, mais ça va employer beaucoup de monde tout ça ! Vous vous souvenez de tout le tintouin au changement du millénaire où l’on prédisait des dégâts considérables et même des blocages conséquents à toute l’informatique mondiale ? Pfft ! 

Dans le scolaire, des pans entiers des facultés doivent revoir leurs copies ! Si l’AI peut être très utile pour enseigner, un des problèmes, c’est que le chat bot apprend du net qui est malheureusement alimenté en vrai et en faux, à la fois… Ainsi le besoin de purger le faux ! Mais par qui ? Déjà 6 000 professeurs de Harvard, de Yale et autres ont signé chez GPT Zéro, un programme créé par un Senior à Princeton pour détecter les textes générés par AI. Turnitin, un service qui détecte le plagiat d’essais va aussi offrir ce service cette année. Les professeurs s’adaptent en proposant des questions «trop compliquées» pour un chatbot ou des textes plus exotiques. Dans l’arsenal de contre-mesures à la triche, les devoirs se feront plus souvent en classe, seront plus souvent écrits à la main et on fera la part belle aux travaux de groupe et à plus… d’examens oraux ! Ça va être fou ! 

*** 

Quand un pays peut rendre libre un citoyen condamné au cachot en première instance, dont la condamnation est même confirmée par la Cour suprême, alors que des centaines et des centaines de personnes sont mis en prison sur simple dénonciation et/ou provisional charge, CE QUI NE PROUVE AUCUNEMENT QUELQUE CULPABILITÉ, nous sommes clairement au pays de la folie !

Pour vous convaincre tout à fait, ajoutons que le nombre de personnes graciées annuellement est apparemment très élevé, mais totalement secret, sauf pour les fuites occasionnelles ; et que d’autre part, selon les Prison and Detention Statistics de 2020, 56 %, vous avez bien lu, CINQUANTE SIX POUR CENT, des prisonniers d’alors étaient «on remand and awaiting trial» ! (*) 

La Commission de pourvoi en grâce est, assurément une prérogative constitutionnelle, comme l’affirme Maneesh Gobin, Attorney General, mais il y a sûrement lieu à des réformes quand elles paraissent évidentes ? Une «prérogative» n’est sûrement pas une licence à tout faire et doit pouvoir se justifier dans la clarté ? 

Combien de condamnés sont graciés par an ? Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils graciés ? Est-ce que cette transparence minimum, pratiquée à l’étranger d’ailleurs, n’est pas essentielle dans une démocratie qui se respecte ? Est-ce que la conséquence inévitable de l’opacité totale, y compris à propos de l’urgence incroyable avec laquelle le dossier Dip a été traitée, n’engendre pas inévitablement des doutes dévastateurs ? 

Quant aux 56 % qui sont «on remand and awaiting trial» (ils sont désormais 60 % en 2021 !), c’est la «prérogative constitutionnelle» de qui exactement ? 

*** 

Les bobbies de Londres ont, pendant longtemps bénéficiés d’une bonne réputation méritée. Cette semaine, le policier Carrick a encore fait voler cette réputation en éclats. Il vient d’être condamné pour 48 viols et la terreur qu’il a systématiquement infligée aux femmes, en abusant de sa position privilégiée de policier. Il avait été dénoncé de nombreuses fois, mais invariablement, ses collègues finissaient par le croire plutôt que la victime. Au lieu de donner priorité à rendre justice, on protégeait trop souvent «les siens» et l’image de l’institution qu’ils constituaient, n’est-ce pas ? Exactement comme pour les prêtres pédophiles d’ailleurs, parmi d’autres 

Le problème c’est que quand ces affaires vous rattrapent, c’est le tsunami et une réputation ternie pour de bon. Environ 800 officiers de police sont aujourd’hui sous investigation intense pour des dossiers qui existaient déjà alléguant racisme, misogynie, viol ou sadisme ; des accusations qui avaient été systématiquement mises de côté jusqu’ici. Pour en arriver là, il aura fallu, avant cela, la démission de Cressida Dick, première femme commissaire de la police métropolitaine, larguée tant par le maire de Londres que par le gouvernement et remplacée par Sir Mark Rowley. 

Et nos policiers tortionnaires, véreux ou «planteurs» à nous ? On enquête toujours ? Sincèrement, monsieur le commissaire ? 

*** 

Le dernier rapport en date d’OXFAM nous annonce que le 1% représentant les plus riches de la planète a capturé, à lui seul, deux tiers des 42 trillions de dollars de richesse crées mondialement depuis 2020, soit DEUX FOIS PLUS que la richesse reçue par les autres… 99 % de la planète. Ce rapport, présenté à Davos dans la semaine, rappelle que lors de la dernière décade, ce 1% constitué des plus riches s’était déjà approprié environ 50 % de toute la richesse crée. 

Comme disait l’autre : «Ca ne peut plus se continuer !» Car le trop à ce point, c’est vraiment un peu trop… À moins de faire comme Bill Gates et assimilés !


(*) https://lexpress.mu/idee/409574/alerte-danger

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