2023: Une année 2023 décisive

Avec le soutien de
ReA, parti extraparlementaire, fait preuve d’intelligence politique avec une lecture juste des changements systémiques dont le pays a besoin pour relever les défis structurels.

2023 s’annonce décisive. L’échiquier politique est en ébullition. Avec la constitution de blocs d’alliances, des contours se dessinent et des dynamiques se précisent. Des élections générales anticipées sont à l’agenda. Vivement une campagne électorale qui soit digne et à la hauteur des enjeux.

L’Alliance Morisien avec PKJ s’enfonce dans sa dérive autocratique Il joue sur les travers d’une trop grande partie de la population en quête d’argent facile et des moyens pour l’avoir. C’est le règne de l’argent-diable. Il a recours à des pratiques malsaines dont des passe-droits pour nourrir ses agents-relais auprès de sa base électorale. Il faut s’attendre à ce qu’il exploite de manière abusive les modules de son logiciel mortifère pour le pays au fur à mesure qu’il sent le terrain glisser : le népotisme et les pratiques de deux-poids-deux-mesures ne feront que s’amplifier. Il ferme les yeux sur, voire encourage, certains de ses  die-hards constitués en milices sur la toile et sur le terrain ; incitant à la violence, proférant des menaces de mort, terrorisant les adversaires politiques, les journalistes qui font leur métier, les forces citoyennes.Le parlement a été quasi paralysé avec la complicité du speaker. Derrière ses postures/impostures de matamore, PKJ commence à avoir peur. La peur a en effet commencé à changer de camp et PKJ sent le terrain glisser. Homme dangereux, il est prêt à mettre le pays à feu et à sang pour préserver sa peau et son empire

Le cas Suren Dayal (PTr) devant le conseil privé du roi (Privy Council) est une épée de Damoclès sur sa tête. Il ne peut pas se permettre un verdict qui soit en faveur de S. Dayal. Ce sera la fin pour lui et son empire. Aussi, il faut s’attendre à des élections générales avant que le cas ne soit entendu devant le conseil privé du roi. Son allié du Mouvman Liberater (ML), Ivan Collendavelloo, veut rassembler les ex-MMM (Plateforme citoyenne, Mouvement Patriotique et Mouvman Liberater). Ce qui n’est pas bien vu par le MSM. Toutefois, le sentiment anti PKJ/MSM/Alliance Morisien ne signifie pas forcément un vote d’adhésion en faveur de ses opposants, dont en premier lieu, Navin Ramgoolam.

 L’alternative Navin Ramgoolam, PTR et alliés

Il faut faire front et Rezistans ek Alternativ (ReA) l’a compris. Ce parti a pris l’initiative d’une dynamique unitaire des forces de l’opposition – partis politiques au parlement et hors parlement, ong, et citoyens concernés et engagés. ReA a rencontré Navin Ramgoolam, Paul Bérenger, Xavier-Luc Duval, et le Linion Pep Morisien (LPM), et compte intensifier et approfondir ses rencontres. Au menu, un changement drastique – de rupture, systémique – et un gouvernement de transition en cas de victoire.

En situation, Navin Ramgoolam, comme nous l’avons soutenu il y a quelques mois de cela, est la seule alternative à PKJ comme premier ministre. Une très lourde responsabilité repose sur ses épaules. Sa tâche n’est pas aisée. Il y a d’abord lui-même, son fonctionnement et son désir de vouloir tout contrôler et tout décider seul. Il lui faut aussi en interne arbitrer entre ceux de la veille garde et la nouvelle génération. Il doit faire la part de chose entre ses « conseillers »  pour distinguer le bon grain de l’ivraie. Il y a certes des personnes  bien intentionnées mais d’autres ont des agendas pas toujours alignés avec les exigences de la situation actuelle. Navin Ramgoolam doit rapidement sortir de ses hésitations et doutes qui engendrent frustrations, découragement et perte de motivation. Le temps presse !

Il a accueilli favorablement l’initiative de ReA avec une première rencontre porteuse. Qu’en est-il des rapports avec les autres partis dans l’opposition pour une alliance électorale ? Le MMM est aujourd’hui plus faible qu’il ne l’a jamais été faute d’avoir résolu sa crise d’identité, avec un leader dépassé et qui n’est plus un acteur majeur sur l’échiquier électoral. P. Bérenger serait même plus un liability qu’un atout comme partenaire dans une alliance. En réel, le MMM n’a pas de bargaining power d’autant qu’il ne peut faire alliance ni avec L’Alliance Morisien ni avec le bloc LPM-Reform Party et Ralliement Mauricien de Nando Bodha. Le PMSD n’est pas un problème pour l’électorat rouge, d’autant que XLD n’a plus de prétention. Il se contentera de ce qu’on veut bien lui donner. 

R&A, parti extraparlementaire, fait preuve d’intelligence politique avec une lecture juste des changements systémiques dont le pays a besoin pour relever les défis structurels.. Sa démarche est unitaire. ReA n’est pas dans la logique de rapports de force pour le nombre de tickets mais de celle d’influencer le contenu d’un projet de changement systémique sur plusieurs fronts et les moyens d’y arriver, notamment la constitution d’un gouvernement de transition. Ce dernier volet  fait à juste titre débat en raison de ses implications concrètes et pratiques. Quid de En Avant Moris, implanté aux numéros 19-et 20 ? Selon nous, une bonne répartition des tickets pour le PTr serait le suivant : PTr 42, MMM 10, PMSD 5 et ReA 3.

Une troisième force se dessine. Elle regroupe le LPM, le Reform Party et le RM. Le LPM avec Rama Valayden comme tête pensante et stratège est pour un changement du système actuel qui est selon lui pourri jusqu’à la moelle. Très actif sur le terrain sur plusieurs fronts, le LPM a le mérite d’avoir travaillé des quelques documents-propositions concrets et appellent au débat démocratique.  Rama Valayden et le LPM pèchent cependant par romantisme pour quand ils pensent que les électeurs vont adhérer à leur programme radical de mettre tous les anciens à la poubelle malgré l’audience importante des internautes dont il bénéficie, tout comme c’est le cas pour R. Bhadain. R. Valayden a dans le passé péché par optimisme dans deux élections où il était candidat : la partielle au No 20 en 1999 et aux élections générales de 2005. Le temps presse pour proposer une offre politique à l’électorat qui soit crédible.

Le Reform Party est un one -man show. Roshi Bhadain est un communicant hors pair sur la toile et dans les émissions radios et il a une belle audience sur la toile. Faisant un diagnostic de la situation économique, il est conscient des catégories d’auditeurs qu’il faut interpeler, soit les jeunes et les personnes âgées aux intérêts qui semblent s’opposer. Ses propositions techniques tiennent la route mais d’autres sont démagogiques, voire populistes, surtout quand il vient dire qu’il peut redresser l’économie en deux ans. C’est tout simplement impossible.

Les remontées d’informations confirment que le RM de Bodha n’a aucune base électorale. Quant à son « projet de société » et sa prétention pathologique de devenir premier ministre, mieux vaut ne pas en parler. 

 Défis et dynamiques

L’Alliance Morisien avec à sa tête PKJ  est déjà en campagne pour les prochaines législatives. Les changements dans les règlements de l’IBA concernant les radios privées ne sont qu’un des volets de sa campagne pour verrouiller l’information et museler les medias. Il compte sur un accord avec l’Angleterre sur le paiement d’un loyer pour la base militaire américaine de Diego Garcia pour gonfler son trésor de guerre afin de « sécuriser » le vote des 250 000 électeurs que sont les personnes âgées. Il compte également sur les divisions dans l’opposition qu’il va attiser avec tout l’arsenal qu’il possède.

L’Alliance dirigée par N. Ramgoolam a quatre défis à relever et le temps presse. Ce n’est qu’à ces conditions que « kan bwat kase, la peur pou finn disoud dans le secret de l’isoloir ».

1. Réussir l’unité des forces de l’opposition sur une appréciation juste de leurs forces électorales en vue de les consolider pour gagner en efficacité et crédibilité.

2. Donner des garanties fermes que les promesses de « rupture », de « changement drastique » et de « bouée démocratique » ne seront pas vite oubliées et qu’il really means business.

3. Une intelligente campagne pour faire comprendre à la population l’extrême gravité de l’enjeu. 

4. Une offre politique crédible d’un programme-projet qui, valeur du jour, n’est pas connu et vulgarisé. L’ébauche de ce programme-projet a-t-elle était rédigée ?

Quelle va être la force de frappe électorale de la troisième force LPM-RP-RM lors des prochaines législatives ? Si les dirigeants croient en leur chances, de nombreux observateurs-analystes s’appuyant sur plusieurs paramètres électoraux ne lui donnent aucune chance, si ce n’est qu’elle va diviser plus ou moins sérieusement les votes de l’opposition sans faire élire aucun candidat. Dans le meilleur des cas,  seul R. Bhadain pourrait se faire élire au No 20. Si c’est le cas, il aura une plateforme au parlement pour s’exprimer contre le gouvernement élu et se positionner comme un des principaux  opposants. 

Dans la configuration qui se précise, quel va être le rôle de Bruneau Laurette ? Il va être résolument contre l’alliance menée par PKJ. On le voit mal se rallier au camp LPM-RP-RM. Il y a plus de chance qu’il apporte son soutien à l’alliance dirigée par Navin Ramgoolam sans être candidat, dans lequel cas son positionnement ne diviserait pas le vote de l’opposition. Et Nishal Joyram pourrait jouer un rôle d’influenceur en faveur d’un changement en rupture avec la gouvernance du régime actuel.

2023 sera-t-elle une année historique où les forces démocratiques se mobilisent dans un grand élan unitaire autour d’un projet-programme minimaliste pour empêcher que le pays ne sombre davantage et bascule définitivement dans l’autocratie ?  Il appartiendra aux composantes de l’opposition d’assumer leurs responsabilités et de répondre devant le jugement de l’histoire.

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