Au bazar des transferts

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Parle-t-on un peu trop des acteurs des partis politiques ; se focalise-t-on de manière excessive sur les ruptures, arrivées, alliances, divorces ou départs à la retraite des politiciens ; au lieu de mesurer le fond, soit l’avancement des idées qui traversent la société et la réalisation des progrès du pays ? 

Ces derniers temps, pas mal de politiciens, qui ne sont pas sûrs d’être aimés par le lider maximo (chaque lider demeure maximo quelle que soit la forme de démocratie interne que les apparatchiks des partis brandissent), sont en mode mercato. Ils se positionnent alors pour trouver un peu de réconfort. D’autres quittent le navire avant les autres. À chaque départ au sein du MSM, on entend dans la foulée deux ou trois défections au sein de l’opposition, qui n’arrête pas de se fragmenter. Comme Roshi Bhadain qui a quitté l’Espoir, Jenny Adebiro ex-MMM ou Kalyanee Jhugoo ancienne égérie travailliste, la personne qui s’en va devient, en moins de 24 heures, un traître à qui on donne pratiquement tous les noms d’oiseau. 

D’autres encore doivent ravaler leur crachat au gré des nouvelles configurations. Certains au MMM ont reconnu, cette semaine dans nos colonnes, que Paul Bérenger a dit le tout et son contraire sur Nando Bodha, mais ils ont leur défense : il n’y a pas que lui qui médit. Raison pour laquelle, selon ces Mauves, il ne faudrait pas s’attarder sur les anciens propos du leader immuable sur le PM en puissance qu’est devenu Bodha, après avoir été jugé incompétent. 

Les politiciens ont le don de nuancer : qu’est-ce que Jugnauth n’a pas dit sur Ramgoolam en 2005 en comparaison à 2014, par exemple ? Et Bérenger sur Duval et vice-versa ? En politique locale, il faut non seulement ménager le chou, la chèvre, le lion, mais le secteur privé traditionnel et les lobbies sectaires (aussi appelés socioculturels – dont le rôle corrosif risque d’augmenter au prochain scrutin, eu égard au rejet de la plainte constitutionnelle de ReA par la Cour suprême). 

Faut-il alors ne plus croire les propos que les politiciens nous jettent à la figure à chaque conférence de presse, congrès ou meeting ? Devrions-nous ne plus croire les dirigeants politiques parce que leur parole serait éphémère et appelée à se réinventer sans cesse ? 

*** 

Retour en arrière. La passation des pouvoirs programmée entre les Jugnauth, en janvier 2017, en plein mandat, qui constituait une surprise de taille pour l’électorat, était, semblet- il, un secret de Polichinelle parmi l’assemblage hétéroclite de l’alliance Lepep (une alliance visiblement bricolée à la va-vite pour chasser Ramgoolam du pouvoir en décembre 2014). Cette transition au sommet de l’État avait suscité la déception ou l’indignation du public. 

L’explication était assez simple : la date de cette passation des pouvoirs, qui n’avait pas eu droit à une seule mention dans le manifeste électoral de Lepep, demeurait secrète, malgré les questions persistantes des journalistes, de la communauté des affaires, des milieux diplomatiques et du public en général. «Seul Dieu le sait», ironisait un sir Anerood Jugnauth. 

Du coup, en 2017, l’opposition s’en était retrouvée dopée : Navin Ramgoolam avait fait un come-back alors que le MMM maintenait qu’il était plus… «plus fort que jamais» en restant «seul» – avec l’espoir que cela mettrait fin à la sempiternelle bipolarisation qui avait été fatale aux Mauves en plusieurs occasions. 

Mais aujourd’hui encore le jeu de musical chairs entre les mêmes ne semble toujours pas avoir atteint ses limites…

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