Pas de tout Repo

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La hausse de 75 points de base du taux repo, décidée hier par les illustres membres du Monetary Policy Committee, est conséquente. Nos journalistes de la rubrique Économie ne manquent pas de souligner que la dernière augmentation de 75 points remonte à une quinzaine d’années. Et l’actuel gouverneur Harvesh Seegolam explique que les pressions inflationnistes ont justifié cette augmentation du taux directeur à 3 %.

Comme toutes les banques centrales du monde, la nôtre a été créée pour lutter contre l’inflation. Le hic, c’est que pour mener à bien cette mission, on aurait dû avoir un bilan financier solide, pas un bilan qu’on tente de dissimuler.

Vu sa faible marge de manœuvre, la Banque centrale aura, sans doute, à déprécier encore la roupie afin d’obtenir un capital artificiel plus élevé et ainsi afficher un bilan plus sain.

On se retrouve donc avec un conflit d’intérêts au sein de la Banque centrale, qui est tiraillée entre son mandat ou la stabilité des prix d’une part et son bilan (pas suffisamment solide) de l’autre.

Les spécialistes du fonctionnement de notre Banque centrale estiment que le coût de la recapitalisation se chiffre en dizaines de milliards et il n’y a pas d’argent pour payer cela ! Et on voit mal le gouvernement emprunter encore plus pour recapitaliser la BoM, car cela ne fera qu’alourdir le fardeau, déjà quasi-insupportable, de la dette.

D’où le besoin économique – et politique – d’aboutir à un gouvernement d’unité nationale, d’autant que nous avons déjà la mère de toutes les récessions qui se profile à l’horizon.

Il fut un temps où la relance budgétaire avait l’habitude de stimuler la croissance économique en raison de la présence d’autres forces favorables à la croissance. Depuis la crise financière de 2008, les plans de relance ne stimulent plus vraiment la croissance. Pendant de nombreuses années, la relance monétaire et la relance budgétaire ont plutôt rendu les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Car trop souvent les bénéficiaires des fonds de relance n’ont pas tenu leur promesse de croissance.

Les ministres des Finances semblent être coincés en raison d’une foi aveugle dans la pensée keynésienne qui provoque plutôt des effets délétères sur l’économie. Au Royaume-Uni (où la livre sterling a atteint un niveau historiquement bas) et dans la plupart des autres économies, l’on se distancie de la pensée keynésienne. La question aujourd’hui n’est pas celle de l’insuffisance de la demande globale, mais celle de la capacité des économies à fournir. Par exemple, ce que le Royaume-Uni est capable de produire de manière plus compétitive que d’autres pays concurrents demeure le point central du débat.

Selon l’économiste Steven Bell, «les banques centrales augmentent les taux d’intérêt plus rapidement que ne le prévoient les marchés et les rendements obligataires augmentent (...) la livre britannique est particulièrement vulnérable en raison de l’énorme déficit de la balance des paiements courants et de l’importance de la dette extérieure...»

Rishi Sunak avait raison de souligner que la tâche immédiate du gouvernement britannique est de stabiliser le niveau des prix. La hausse du taux d’inflation compromet la prévisibilité des résultats des entreprises. On ne peut s’attendre à de nouveaux investissements dans des conditions inflationnistes. Au mieux, il ne peut y avoir qu’un investissement de remplacement…

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