Aux sources de la légitimation du leadership au Mouvement militant mauricien

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Après la défaite du Mouvement militant mauricien (MMM) aux élections générales, la question du leadership de Paul Bérenger est encore une fois revenue sur le devant de la scène avec, notamment, la ritournelle demandant sa démission forcée (dont Faizal Jeerooburkhan de Think Mauritius s'est fait le relai). Pourtant, les analyses problématisant la représentation du leadership au MMM n'ont pas été suffisamment exploitées pour permettre une explication satisfaisante de la situation actuelle. La conception du leadership chez les Mauves est délicate dans la mesure où elle doit se comprendre par son historicisation et ne peut raisonnablement se ramasser dans une rhétorique assassine, laquelle s’appuierait sur une analogie, somme toute assez simpliste, avec la situation du Parti travailliste (PTr) ou celle du Parti mauricien social-démocrate (PMSD).

Cette analyse prend ainsi volontairement le contre-pied d’un tableau rapidement dressé par Jeerooburkhan dans Le Défi Média du 7 octobre 2019. Elle propose de s’inscrire en faux contre l’explication réductrice et comparative de Jeerooburkhan — qui ne permet pas de dresser avec rigueur un bilan de ce leadership, singularisé au MMM — où l’auteur déclare : «Malheureusement, le MMM a perdu plusieurs de ses bons éléments à cause d’un leadership dictatorial et arrogant, et sans l’espoir d’une préparation pour la relève. (…) Aussi, la tendance dynastique au sein du MMM le rend comparable aux autres partis. Toutefois, c’est un parti bien structuré et organisé (…).»

Un examen plus approfondi est nécessaire pour se porter au-delà de l’extension facile des tares des uns aux autres où chacun retrouverait, plus ou moins, les mêmes errements partout (en l’occurrence, des tentations «dynastiques» renforcées par un «leadership dictatorial et arrogant, et sans l’espoir d’une préparation pour la relève»). Rendre compte des conditions de l’émergence historique du leadership au MMM, ainsi que de son évolution, aide à comprendre comment les acteurs du parti peuvent se positionner par rapport à lui.

De façon rapide, au moins trois sources de légitimation permettent de déceler en quoi le leadership «façon-MMM» peut être effectivement compris via ce processus d'historicisation situant plus clairement son actualité, même si ces sources ne sont pas sans contenir les germes de leur propre dégénérescence : la légitimation mythographique, rationnelle et, enfin, culturelle.

La légitimation mythographique : la politique-événement indexée sur le politique

En premier lieu, l'ancrage dans le temps long, à l'échelle du politique, c'est-à-dire au sein d'un champ de représentations en constante évolution et interaction. Il est reconnu comme un élément essentiel de l'identité «profonde» du parti. C'est lui qui confère, avant toute chose, une légitimité du parti presque «intime» aux yeux de ses sympathisants. «La légende de Bérenger», comme l'affirme l'historien Jocelyn Chan Low, ancien compagnon de route du MMM. Cette légende projette non pas l'histoire d'un homme, mais «l'histoire d'un combat», au-delà même d'une idéologie socialiste et autrefois tiers-mondiste, pour louer un «mythe de la résistance» contre des logiques d’oppression disparates. Autrement dit, chacun le perçoit presque immédiatement : adhérer au MMM, ce n'est pas adhérer à n'importe quel parti ; c'est s'insérer soi-même dans une «certaine idée» de Maurice. C'est presque faire profession de foi du poids à part entière que l'on attribue à l'histoire comme composante de son engagement politique. En somme, le phénomène d’intériorisation de cet «élan mythique» — dont le sympathisant serait partie prenante — est profondément ancré dans les représentations collectives. Adhérer au MMM, c’est se placer du côté d’un Bérenger qui «était l’image même de l’homme qui venait de se libérer symboliquement le 12 mars 1968.»

Or, cet ancrage affirmé du MMM dans le domaine du politique permet de conférer une distance nécessaire aux sympathisants du parti par rapport à des postures électorales circonstanciées. Ces dernières, qui peuvent être celles d'un leader en campagne, labourent le champ non plus du politique, mais de la politique, la «politique-événement». Cette distance entre des sympathisants attachés au politique et un leader «empêtré» dans les nécessités de la politique permet ainsi de faire écran à la flexibilité qu'implique le discours politique durant une campagne. Ce discours peut varier selon les contraintes tacticiennes, au gré d’événements pour «plaire» à des segments du «marché électoral», mais dans les limites d'un raisonnable préalablement défini et partagé par les sympathisants de «l’imaginaire-MMM». Aussi, les valeurs partagées par les sympathisants et membres agissent comme une boussole par rapport à la carte politique, les fondamentaux du parti, que tous ont en mains. Ce comportement permet de s'assurer que le discours politique en campagne se cantonne à un territoire, celui d’une relative acceptabilité de la transgression ; d’où les alliances plus ou moins tolérées, par exemple, entre le MMM et le PTr lors du deuxième «60-0» de l’histoire politique du pays en 1995, même si celle de 2014 montrait déjà, de façon claire, un effritement déjà bien entamé entre les stratégies de l’exécutif et les convictions des militants. Mais, globalement, l’effet a été généralement salutaire, puisqu’un point d’équilibre entre les deux pôles a toujours pu émerger. Cette notion d’équilibre est constamment renforcée par le recentrage du MMM sur l’échiquier politique. La conséquence en est que la notion de «compromis» est moins systématiquement vilipendée comme une «compromission» — rhétorique qui a d’ailleurs justifié le départ du MMM de la «tendance» Lalit dans les années 80, les tendances radicales cherchant toujours à motiver les éléments d'une «pureté» doctrinale.

Toutefois, l'effet pervers de cette position est une relativisation à l’extrême, une trop grande «plasticité» des propos du leader par rapport aux fondamentaux, en particulier dans le cas du seul leadership réel qu'ait connu le MMM, celui de Paul Bérenger. Lorsque Joanna Bérenger indique, dans L'Express Maurice du 15 novembre 2019, « [qu']en leader respectueux des valeurs de son parti et de ses militants, [Paul Bérenger] a affirmé être ouvert à toute proposition quant au leadership du parti», elle convoque le statut de leader électoral (une figure de la politique active, celle des alliances et des élections) en feignant, volontairement, d'ignorer que celui-ci est bien évidemment devenu indissociable de la «légende de Bérenger» (une figure du politique qui tient désormais de l’histoire).

Autrement dit, selon les convenances, on choisira de tabler soit sur la figure «électorale» de Bérenger, soit sur la figure «mythique» de ce dernier. Séparer les deux figures et reconnaître que le désaveu de l’un (le Bérenger de la politique active) n’est pas le désaveu de l’autre (le Bérenger de l’histoire politique) équivaudrait à trancher le nœud gordien d’un problème en apparence insoluble… et à un véritable saut dans l’inconnu. Cette décision a légitimement de quoi effrayer les sympathisants et membres du parti. Pour le MMM, plus que pour tout autre parti, «changer de leadership [signifie] changer de discours dans un monde où les idées de gauche reviennent», pour reprendre Chan Low. 

Cependant, ce même discours est très justement dans une phase de mutation (d’où la «Constitution pour le XXIe siècle» du MMM datant de 2016) qui précède, pour le coup, la transition du leadership. Un peu comme si le MMM était un canard sans tête qui continuait à déambuler dans la basse-cour politique actuelle, avec un corps doctrinal qui se renouvelle par rapport à ses fondamentaux, mais une tête qui ne correspond plus à la contemporanéité du parti — une tête, un leadership, qui renvoie d'abord et avant tout à une «vision» de Bérenger, “Vision was (…) Bérenger giving back dignity to Mauritians and an alternative future” (Lindsay Rivière, dans un entretien avec Touria Prayag de L'Express Maurice du 2 février 2018). Un Bérenger «électoral» donc qui, faute de mieux, demeure dans une ère que tout indique pourtant comme étant fondamentalement «post-Bérenger» d’un point de vue structurel. Mais cette contradiction tient d’abord et avant tout à l’imbrication d’une deuxième source de légitimation, celle-ci d’ordre rationnel.

La légitimation rationnelle : de l’esprit de la constitution à l’angoisse des militants

Dans la même interview, Joanna Bérenger rappelle que le «MMM [a] une constitution qui garantit la démocratie au sein du parti et permet le renouvellement de la direction à travers des élections qui ont lieu tous les trois ans.» Cette affirmation peut difficilement être récusée : le MMM dispose en effet d’une constitution ouverte à tous, soignée et soucieuse de mettre à contribution différents échelons de responsabilité dans les prises de décisions internes. Ce point de vue ne rencontre, selon les membres du parti, que très peu de contestations au sein du MMM lui-même, comme le soutient Ajay Gunness, deputy leader, dans L’Express Maurice en date du 12 novembre 2019 : «C’est tout à fait normal qu’un leader [questionne sa place de leader] après chaque défaite. Nous l’avons déjà fait au MMM.»

Toutefois, c’est la seconde partie de la phrase de Joanna Bérenger qui est véritablement problématique : «Les militants sauront donc choisir leur leader en temps et lieu.» Dans la mesure où la pertinence d’une déclaration prospective quant à l’attitude des militants est incertaine, il est évident que même les caciques du parti peuvent difficilement s’assurer de cela — incertitude qui s’exprime pas, bien sûr, dans la presse. Preuve en est qu’un «vote par défaut» converge davantage vers la continuité du leadership de Paul Bérenger que vers son éviction. Plutôt que blâmer une tendance pseudo-dynastique au MMM, il faut y voir, justement, ce que refusent de constater les militants et les acteurs du parti eux-mêmes : l’incapacité du choix.

Mais cette incapacité ne doit pas s’expliquer comme le produit de mécanismes qui relèveraient d’un «leadership dictatorial et arrogant» ou de blocages au niveau des solutions «institutionnelles» du parti. La démocratisation du fonctionnement interne du MMM par l’énumération de procédures clairement définies et protégées par des garde-fous (comme les comités et instances chargés de veiller au respect de la constitution du parti) constitue un exemple de fonctionnement par rapport aux autres «grands» partis du pays. Cette «pratique» de la démocratisation est doublée d’une culture politique profondément pénétrée de l’esprit des «militants koltar», lesquels auraient été «ignorés» selon Jeerooburkhan. Pourtant, dans le cas de Joanna Bérenger comme de Faizal Jeerooburkhan, il n’est ni certain que «les militants [sachent] choisir leur leader en temps et lieu», ni que ces derniers aient réellement envie d’une «relève» dont ils ne savent pas grand-chose — si ce n’est qu’elle sera toujours dans l’ombre d’un Bérenger aux mille combats et qu’elle ne suscitera pas, selon toute vraisemblance, le même enthousiasme «du fond des tripes». La rationalisation de l’élection du chef, si elle confère à ce dernier une légitimité «constitutionnelle», ne lui confère pas nécessairement une légitimité «charnelle». De l’esprit de la constitution du parti aux passions profondes qui travaillent un imaginaire collectif centré autour d’une expérience humaine tangible et de référence (parce qu’incarnée), l’écart est immense, mesuré, comme le gouffre qu’il est, par les militants à l’heure du choix d’un leader. 

L'exemple le plus fameux, historiquement parlant, est sans doute la rupture de 1993. Bérenger, en faisant appel à l'Assemblée des délégués pour recouvrer son poste de secrétaire général, s’opposait frontalement à l'exécutif du parti. Le Bureau politique, qui avait choisi Jean-Claude de L'Estrac, se retrouvait dès lors confronté à un Bérenger porté par la masse militante. Le discrédit pour le premier fut quasi-immédiat ; la suite est connue. Les membres du Comité central ayant décidé de ce remplacement furent expulsés du parti, lorsque Bérenger retrouva son poste. Parmi les qualifications de cette décision de l’ancien exécutif MMM, «coup d'État» de «putschistes» pour Le Mauricien du 17 mai 2015, décision à «la majorité des membres du Bureau politique» pour L'Express Maurice du 24 octobre 2018. Quoiqu'il en soit, entre la légitimité institutionnelle de de L'Estrac et la légitimité historique de Bérenger, le premier ne faisait pas le poids face au second aux yeux des militants — et il n’est pas sûr que les choses aient véritablement changées. Des années plus tard, entre 2018 et 2020, le MMM ne parvient pas à contenir l'hémorragie de ses “second tier leaders”, pour reprendre Rivière. Des “second tier leaders” pourtant entérinés grâce au jeu institutionnel interne au parti. Processus qui semble en définitive, et de façon rétrospective, consubstantiel de l'histoire du MMM.

Le MMM est peut-être, après cinquante ans d'existence, à la croisée des chemins. C'était l’âge d’une «maturité décisionnelle» qui se profilait à l'horizon en 1993 et qui, plus de vingt-cinq ans plus tard, confine à l'angoisse. L'angoisse, «la réalité de la liberté parce qu’elle en est le possible» selon Kierkegaard. Face à cette possibilité d’une désincarnation du leadership (l’éviction rendue, une fois de plus, possible, voire souhaitable pour certains, de Paul Bérenger) qui procède de la réalité de leur liberté démocratique (l’exercice du vote par les militants), le comportement électoral des militants face au «vertige de la liberté» demeure une forme tacite et explicite d’inertie politique, au-delà de la personne même de Paul Bérenger. La cause de cette réaction est sans doute liée à une troisième dimension de l’explication : la légitimation culturelle du leadership au MMM, laquelle est le versant le plus «historique» de la représentation du leadership dans l’esprit «militant».

La légitimation culturelle : le succès du «leadership Bérenger» et la culture du compromise

Difficile, a priori, pour un parti issu des mouvances libertaires de l'esprit de Mai 68, de se trouver un leader fédérateur des espoirs d'une masse militante qui vante le collectif et les décisions collégiales. D'autant qu'aux thèses de Frantz Fanon, dans les anciennes colonies, se réfère davantage l'imaginaire d'une négritude à la Césaire matissé d'un roman décolonial que celui d'un jeune homme révolté dont les ancêtres sont Européens. Même préjugé où la figure de Seewoosagur Ramgoolam efface bien vite celle de Maurice Curé, par commodité, peut-être, et, dans certains cas, par conformité avec les vues de quelques obnubilés de la race, qui auront tôt fait de convoquer un Noël Marrier d'Unienville (sans parfois même le comprendre) pour discréditer la parole d'un homme, d'une femme, parce que blanc ou blanche. Curieusement, donc, par son engagement «hors-les-murs», en tournant le dos aux Koenig et Lesage, mais également par son refus de s'engager dans un establishment travailliste sclérosé, Paul Bérenger incarnait une «troisième voie» à la mauricienne.

Et toute l'histoire du MMM est celle d'un recentrage, d'une modération perpétuelle. D'un «parti qualifié localement d'extrême gauche» dans Le Monde de février 1972 à un «parti de centre gauche» lors d'une conférence de presse de septembre 2019, la lente mutation idéologique s'est accompagnée d'une mutation du leadership lui-même. D'un leadership de contestation, le MMM a dû incorporer des éléments d'un leadership de gouvernement ; du syndicalisme révolutionnaire, il lui a fallu passer à la social-démocratie. Paul Bérenger a insufflé la radicalité du marxisme libertaire dans les années 1970 et la modération d'un républicanisme social vingt ans plus tard. Toute proportion gardée assurément, c'est l'intelligence d'un parti qui a su ramasser en deux décennies l'expérience qu'un Parti radical français a dû travailler en un siècle, né à l'extrême gauche en 1901 et soutenant, en 2017, le candidat de la droite, François Fillon. Ce jeu d'équilibriste entre, d'un côté, la conservation d'une authenticité des aspirations et de l'autre, celle d'une conformité à la modération nécessaire pour gouverner, a sans doute pu émerger de façon pérenne dans la synthèse réaliste que proposait Bérenger. Un leader têtu, sans doute, dans la concrétisation de l'intérêt du parti à se «naturaliser» dans le paysage politique mauricien. Œuvre qu'il a dûment réalisé : une «philosophie politique» de «rassurer sans trahir», comme il l'affirme sur Radio One en pleine campagne électorale de 2019. La culture historique du MMM est fondamentalement ancrée dans l'apprentissage et la consolidation de la valeur du compromis en politique. Elle a été portée par Paul Béranger, en conformité avec l'esprit du vieux système westminstérien que le MMM ne cherche non plus à révolutionner, mais à réformer. À ce titre, il est significatif que ce soit le MMM qui ait promu, avec le plus de ferveur, la République. À la faveur de la républicanisation du pays, la purge d’éléments doctrinaires autrefois révolutionnaires a permis d’asseoir une institutionnalisation de ces composants, en les substituant par des éléments réformistes. 

Cet effort est sans doute ce qui explique, en partie, sa légitimité aux yeux des militants — une légitimité qui va au-delà du simple phrasé cantonné aux protestations rudimentaires hors de l'hémicycle. Contrairement à nombre de partis nés à l'extrême gauche de par le monde, et même à Maurice (Rezistans ek Alternativ, par exemple), le MMM a postulé institutionnellement la victoire électorale comme un objectif, dont la «doctrine de l'action» est le principe. La politique comme «art institutionnalisé du compromis» (T.V. Smith) est sans doute l'un des phénomènes explicatifs de la constance d'un leadership populaire et, somme toute, qui n'a pas vraiment trouvé de remplaçant crédible jusqu'à l'heure.

«Enn dézièm nesans» par «enn lot simin»… ?

Mais voilà qu'après un demi-siècle de lutte politique, Paul Bérenger invoque «enn dézièm nesans» du MMM. Puisque nul n'a jamais vu une naissance se faire autrement que dans la douleur, c'est à un autre Béranger, celui-ci fictif, dans la fameuse pièce d'Eugène Ionesco, Rhinocéros, que l'on doit ce monologue de fin : «Je ne peux plus changer, je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. (…) Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! Eh bien, tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas !».

Aux âmes éplorées, la religion garantit toujours le salut et l’éternité d’une félicité. Et comme à cœur vaillant rien n’est impossible, le MMM promet, comme à ses débuts, la commisération politique aux renégats, aux indigents, aux exclus, aux opprimés, aux marginaux, aux laissés-pour-compte, aux moins-que-rien. Son leader est mythique, transcendant, en quelque sorte, comme l’est au fond tout héraut historique d’une idéologie politique qui confine à une foi, un credo : «enn sel lépep, enn sel nasyon». Évangile d’une aube nouvelle chantée par les prophètes du parti.

En 2020, qu’est-il du MMM face à sa propre légitimité historique ? Est-il toujours à la hauteur de son message ? Et plus encore : quelle est, après cinquante ans d’histoire politique, la crédibilité populaire d’un parti désormais bien embourgeoisé, qui attire davantage les intellectuels que les masses ? Qu'en est-il, in fine, des agents de la «deuxième naissance» du MMM ? Doivent-ils nécessairement «tuer le père» pour faire de notre Béranger national «le dernier homme» d'une époque révolue, dernier homme qui a voulu «conserver son originalité (…) jusqu’au bout» ?

Autant de questions qui appellent la réponse des «militants koltar», car c'est à eux de prendre leur responsabilité au-devant de l'histoire de ce grand parti. Eux seuls peuvent solliciter une complémentarité entre le sociétal et le social et qui ne doit pas aboutir, par paresse intellectuelle, à l'hégémonie du premier sur le second — dangereux travers de certains partis de gauche sinistrés. Eux seuls, enfin, peuvent emprunter «enn lot simin» comme le chantait, des années auparavant, le militant Bam Cuttayen, pour ne pas tomber dans ce que le poète des luttes fustigeait alors, valable pour les hommes politiques comme les petites mains de la rue qui ont voix au chapitre, «zot konfor plis importan ki lavi dimoun... ».

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