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Défiance

17 novembre 2016, 07:26

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Appelez-les comme vous voulez : les sans-dents, les oubliés du système, les classes populaires… Eh bien, ils se rebiffent ! Du Royaume-Uni en passant par les States, le message est on ne peut plus clair.

Des signes étaient pourtant bien visibles sur le mur de la mondialisation, mais tous autant que nous sommes, nous feignions de ne pas voir le scénario qui se dessinait sous nos yeux. Avec le Brexit, par exemple, nous avons cherché du réconfort auprès des sondeurs qui nous disaient que le ‘Remain’ l’emporterait. Au final, nous avons vu qu’une majorité de Britanniques n’avaient que faire de l’Europe. Une Europe qui fait de plus en plus peur avec son lot d’immigrés et la montée du terrorisme. C’est cette peur qu’exploite d’ailleurs allègrement l’extrême droite dans les coins et recoins du Vieux continent.

Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en Allemagne où la politique de la chancelière Angela Merkel en faveur des migrants est très mal perçue. Pour montrer leur mécontentement, ceux qui estiment qu’ils n’ont pas suffisamment voix au chapitre le font savoir à la moindre occasion, y compris lors des consultations régionales. Face aux pressions, Merkel n’a plus le choix que de diluer son discours.

C’est ce même sentiment anti-establishment qui a porté Donald Trump jusqu’à la Maison-Blanche. Une élection marquée par un vote sanction contre ces élites qui, au regard de la classe populaire – celle qui ne veut pas d’un rêve américain incarné par les loups de Wall Street – ont tout accaparé. Trump a su trouver les mots justes pour leur redonner confiance. Un discours populiste méprisé par l’élite mais qui lui a ouvert les portes du Bureau ovale.

Ici à Maurice, nous avons aussi eu droit à notre dose de populisme en décembre 2014. Comme Trump qui promet à ses concitoyens de doubler la croissance américaine à 4 % et de créer 25 millions d’emplois d’ici à dix ans, nous avons également vécu à l’heure de promesses similaires.

Outre l’engagement de créer un second miracle économique – vous l’avez certainement remarqué dans les rangs de la majorité, on évite d’y faire allusion depuis quelque temps déjà – le gouvernement, par l’entremise de son ancien ministre des Finances, avait fait comprendre à la population que l’année prochaine, Maurice sera dans une situation de plein-emploi. Mieux : le pays progressera à un rythme accéléré supérieur à 5 %.

Or, nous sommes à la veille du deuxième anniversaire de l’élection de Lepep et nous sommes toujours en quête d’un début de redressement. Au lieu de s’améliorer, la situation nous donne plutôt des raisons d’être inquiets. La croissance économique continue à faire du surplace tandis que les emplois promis se font toujours attendre. Entre-temps, les scandales se comptent à la pelle.

S’il y a un enseignement à tirer des dernières législatives à Maurice, c’est que la classe politique dans son ensemble s’est totalement déconnectée de la réalité de la population. Les symptômes de cette pathologie se reconnaissent par les discours et les actes des dirigeants actuels ainsi que ceux qui aspirent à les remplacer.

Pour avoir un réel feeling du sentiment de la population à leur égard, les politiques gagneraient à parcourir les commentaires des internautes sur les réseaux sociaux. Un tel exercice leur permettra, on l’espère, de se ressaisir. À moins qu’ils se soient résignés à un one-term mandate.