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Feeling good ?

8 août 2016, 07:54

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Des ronces parsèment notre champ politique. Au sein de Lepep, les rapports se sont dégradés depuis longtemps. Et ce, avant même le départ forcé de Vishnu Lutchmeenaraidoo du ministère des Finances ou avant son affidavit subséquent contre le «ministre KGB». On croyait que le deuxième budget, celui du leader du MSM, allait ramener le soleil, provoquer une embellie et diffuser un «feel good factor». Bref, que les perturbations allaient s’en aller. Mais non.

Il aura suffi d’une petite semaine après le budget 2016-2017, qui avait alloué Rs 2,7 milliards pour le démarrage des travaux de Heritage City, pour que ce projet – monté laborieusement avec des fonds étrangers (de trois pays, d’où la pagaille?) –soit enterré. Un rapport, rédigé par le conseiller de Pravind Jugnauth, a coulé Heritage City, en misant, entre autres, sur un scénario apocalyptique autour de Bagatelle Dam. Ce barrage a lui-même englouti quelque Rs 5,4 milliards ! On prévoit que le Dam sera opérationnel en décembre 2016, mais désormais le doute est planté : et s’il cédait ?

La guerre larvée au sein de Lepep ne remet pas en cause l’alliance Lepep, du moins pour l’instant. L’agitation reste confinée, pour l’heure, à des seconds couteaux (Lutchmeenaraidoo, Bhadain ou Sanspeur). Les gesticulations de ces derniers ne troublent pas l’emprise de Pravind Jugnauth sur ses troupes – on l’a vu hier, au sortir du BP, où Bhadain a brillé par son absence. Imperturbable, Pravind Jugnauth, qui a envoyé Sanspeur au front, sait qu’il doit focaliser sur les moyen et long termes. Il sait aussi que les leaders du ML et du PMSD sont condamnés à le soutenir – par exemple contre le projet Heritage City et contre Bhadain – s’ils veulent conserver le pouvoir et tout ce qui va avec. Une fois que ces derniers seront dévalués – la pratique du pouvoir ne peut que rendre impopulaire, surtout en situation économique difficile – Pravind Jugnauth pourra, alors, répondre aux appels du pied du MMM, qui n’attend qu’une chose depuis les législatives 2014 : contracter une alliance pour retrouver le pouvoir.

Ces divergences au sommet de l’État et les spéculations qu’elles entraînent plombent le moral du public et démotivent les investisseurs, à un moment où les enjeux économiques et sociaux exigent l’attention d’une équipe à la fois solidaire et concentrée.

Pour l’heure, les Mauriciens sont angoissés et en ont marre de ces politiciens qui s’entredéchirent. Ils sont déprimés par les mauvaises nouvelles, les passe-droits, les menaces des puissants, qui aiment voyager en jet privé, que ce soit pour aller dans le désert saoudien ou sur les sommets alpins, les attaques ou les tentatives d’intimidation contre la presse indépendante, ainsi que contre les citoyens qui osent critiquer nos princes au pouvoir.

Il suffit, en fait, de nous poser cette question : are we feeling good ? La réponse n’est-elle pas évidente ?