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Paris achète des drones américains pour rattraper son retard
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Paris achète des drones américains pour rattraper son retard
L'affaire est en passe d'être conclue. L'armée française va s'équiper de drones américains. A l'issue d'un interminable feuilleton politico-industriel, Paris a obtenu à Washington, vendredi 17 mai, un feu vert du Pentagone, lors d'une visite du ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Il reste à décrocher un accord du Congrès.
La France souhaite acheter d'urgence deux Reaper, le drone de moyenne altitude et de longue endurance (MALE) de General Atomics, cet appareil de surveillance que les Etats-Unis, eux, ont armé en 2003, l'utilisant pour tuer les talibans dans une campagne d'assassinats ciblés controversée.
La France n'en est pas là ; il s'agit officiellement pour l'heure d'une solution "intermédiaire" pour tenter de rattraper une révolution qu'elle a ratée, celle des avions espions sans pilote. La DGSE, les forces spéciales et les armées ont bien des petits drones tactiques, en nombre ; mais pas de drone MALE, capables de voler plus de 24 heures au-delà de 5 000 m d'altitude, avec des capteurs sophistiqués. "Il faut remédier à notre insuffisance française dans les plus brefs délais", justifie M. Le Drian. De quoi attendre la prochaine génération de drones MALE, en 2020, que Paris veut européenne ; des études ont été confiées à Dassault et BAE, tandis qu'EADS développe son propre appareil. Quant au drone de combat européen, capable de rivaliser avec les avions de chasse, son horizon est plus lointain : 2030.
Les deux premiers Reaper MQ9, la version récente, armable, du Predator, devraient être déployés au Mali d'ici à la fin 2013. Ces appareils, s'ils restent totalement américains, ne peuvent pas voler en Europe, où leur intégration dans l'espace aérien est pour l'heure interdite par la réglementation. Les négociations porteraient sur la livraison à terme de 5 à 7 Reaper pour environ 300 millions d'euros : les suivants devront, selon la France, être "européanisés" ou au moins "francisés", pour pouvoir être contrôlés et pilotés en France.
L'affaire est ultrasensible. L'Allemagne vient de renoncer, après avoir dépensé 400 millions d'euros, à acquérir plusieurs Global Hawk, le drone géant de l'américain Northrop Grumman : le Pentagone refuse que l'acheteur accède aux codes de l'appareil pour les modifier afin d'obtenir la certification de vol européenne.
Derrière ces questions, la bataille industrielle est âpre car les entreprises comptent sur les commandes de drones pour maintenir leurs bureaux d'études. Dans ces affaires, un autre pays, deuxième producteur mondial, est en lice : Israël. Ses drones ne sont, eux, pas compatibles OTAN sans aménagement.
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