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Boodhoo crée le PSM

16 septembre 2004, 20:00

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Seulement 4 000 personnes, réunies à la place du Quai, assistent à la naissance du Parti socialiste mauricien (PSM) d?Harish Boodhoo et de ses nouveaux amis politiques dont les contestataires du PTr, Rohit Beedassy et le regretté Radha Gungoosingh. Le PSM se veut ni à droite, ni à gauche. La couleur choisie est le blanc, ?couleur de la paix, de l?innocence, de la moralité et de la décence?. Les cinq nouveaux adhérents sont l?enseignante Floryse Lamy, deux artisans de l?industrie sucrière, Alain Coosnapen, mécanicien à Highlands S.E., et Allan Bhagmania, de Réunion S.E., et MM. Subash Ramdahen et Satianund Pahladi, vice-président de Moka-Flacq. Les orateurs invitent l?assistance à un engagement actif et sollicitent son aide pour rédiger le premier manifeste du parti, un manifeste devant répondre aux besoins de la nation.

Harish Boodhoo commente brièvement les vertus qu?il veut inculquer d?abord à son parti et ensuite à la nation. Son guide est la moralité et la décence. Il veut le triomphe de la Vérité. Il vise à construire une île Maurice ?où l?on pourra sans crainte exploiter son intelligence, ses talents, ses énergies?. Le recours aux experts étrangers se fera si l?on ne dispose pas localement des ressources humaines équivalentes. ?Notre principale richesse est notre réservoir de ressources humaines.? Chaque Mauricien doit travailler pour chaque sou de son salaire. Pas de place pour la paresse et la fainéantise. La démocratie sera sauvée par le peuple.

Jocelyn Seenyen rappelle les différentes étapes ayant précédé la création du PSM, la vaine contestation au sein d?un PTr incorrigible et irréformable, les pèlerinages politiques, l?institution d?une commission Glover pour examiner les allégations portées contre les ministres Badry et Daby, la journée de désobéissance civile de juin 1979, les trois budget 1979-80 de Ringo. Après le 20 décembre 1976, la contestation s?est avérée nécessaire pour combattre la fraude, la corruption, le favoritisme, le communalisme qui ronge l?île Maurice.

Gungoosingh stigmatise les faiblesses de la politique gouvernementale en matière d?éducation et d?agriculture. Chaque pouce de terrain doit être cultivé. L?école n?encourage guère le travail manuel ni les travaux agricoles. Il ne faut pas étouffer pour autant les ambitions intellectuelles de tout un chacun. Beedassy réclame des vacances parlementaires moins longues, davantage de pouvoirs pour l?Ombudsman, un comité parlementaire permanent pour régler les problèmes intempestifs, le rétablissement des partielles, des débats publics sur le rapport du Public Accounts Committee. Armoogum Parsooramen prône une meilleure distribution des allocations aux collectivités locales et la réduction des disparités villes-villages. Kishore Deerpalsing souhaite l?intégration du Mahatma Gandhi Institute et du Mauritius Institute of Education à l?université de Maurice.

La devise du parti pourrait être : Vérité, Justice, Méritocratie. L?île Maurice mérite une nouvelle image. Les Mauriciens ont besoin de fierté, de patriotisme, de dignité nationale. Le Mauricianisme doit redevenir un espoir national partagé par tous sans exception. La nature offre généreusement ses richesses. L?homme doit les exploiter, les faire fructifier, les anoblir par son travail.

Pendant que Boodhoo porte son PSM sur les fonts baptismaux, à la place du Quai, l?Immigration, au service du PTr-PMSD, n?hésite pas à refouler Robert Lejeune, éducateur social de la Fédération syndicale mondiale, une Internationale syndicaliste d?obédience moscovite. Sécurité oblige ! Il débarque à Plaisance à l?invitation de la General Workers Federation (GWF) qui compte sur lui pour animer un séminaire. Il est à sa 3e visite à Maurice. En 1977, son débarquement se déroule comme une lettre à la poste. En 1978, il est refoulé. Nadess Ringadoo consent à lui donner le feu vert après quatre jours d?attente à la Réunion. Depuis Satcam Boolell, Gaëtan Duval et Yousuf Mohamed veillent au grain et le gouvernement ne fait plus de cadeaux à l?opposition. Chacha Ramgoolam fait savoir par conséquent à L. Ramsewak, président de la GWF, que Lejeune est étiqueté ?subversif? et que, à ce titre, il est ?persona non grata? à Maurice.

Il n?y a pas que Lejeune à être indésirable à Maurice. La Sécurité de Rewcastle s?inquiète du nombre croissant d?imams et de swamis étrangers en poste à Maurice. Une mosquée sur trois est animée par un étranger. Imams et swamis étrangers débarquent comme touristes, réclament ensuite des permis de résidence et de travail et s?incrustent.

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