La baisse du tarif internet entrant en vigueur le mercredi 1er décembre voit l’entrée en scène des stratégies commerciales qui contournent la décision du régulateur du marché. L’Acim tire la sonnette d’alarme.
 
L’annonce du ministre des Technologies de l’information et de la communication (TIC) Tassarajen Chedumbrum Pillay, le 26 novembre dernier, a fait réagir les fournisseurs d’accès à internet à Maurice.
 
Trois jours après, Mauritius Telecom (MT), le principal opérateur, a rendu public sa nouvelle grille tarifaire de l’ADSL. Par la même occasion, le montant de son bouquet MyT  reste inchangé, contournant la baisse en proposant de doubler le débit de la bande passante pour ses clients.
 
Emmanuel André, le directeur commercial de MT ne mâche pas ses mots pour expliquer cette décision. « Financièrement et techniquement ce n’est pas possible de réduire les deux tarifications, notamment celle de l’ADSL et en même temps celle de MyT . Si on baisse les prix de MyT, on est mort. Surtout avec tous les investissements pour rehausser le niveau du service, comme la plateforme télé Haute Dimension (HD) à domicile. Sinon, ce serait céder à la pression, comme dans le passé et faire des offres moins compétentes » avance-t-il.
 
Emmanuel André explique qu’une étude de marché réalisée, il y a deux mois, a révélé que la majorité des abonnés de MT ont opté pour une bande passante plus rapide au lieu d’une baisse du coût de l’internet.
 
Toujours selon ce dernier, chez MT, les migrations entre MyT et l’ADSL sont ouvertes, ce qui permet aux abonnés de changer de service internet. En outre, il ajoute que le fait que le principal opérateur maintienne les mêmes tarifs pour MyT, permet aussi aux autres opérateurs d’exister.
 
Cependant cette stratégie est jugée anormale par le secrétaire général de l''''Association des Consommateurs de l''Ile Maurice (ACIM). Il accuse MT de créer une fois de plus un précédent.
 
Renvoyant la balle à l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA), Jayen Chellum déclare qu’il revenait au régulateur, dès le départ de publier un communiqué et d’informer le public sur la baisse du coût l’internet.
« Au niveau de l’ACIM, on va contacter avec l’ICTA et faire en sorte que les opérateurs respectent ce qui a été déterminé.
 
La baisse de l’internet est tout de même une attente datant de 2006 » signale le secrétaire général de l’ACIM.
Sollicité pour une déclaration sur ce que sa société fera par rapport à  la baisse de l’internet annoncée, Venkatarama Hariharan, le directeur financier de Mahanagar Telephone Mauritius Ltd (MTML), un autre fournisseur d’accès à Internet (FAI), a souligné que les directives de l’ICTA font précisément référence à l’ADSL.
 
En tant qu’opérateur du réseau sans fil, on apprend que MTML travaille toutefois sur des tarifs réduits, que son directeur financier juge « assez considérables » des « Data Cards ». Baisse qui prendra effet début 2011.
 
Il annonce également son prochain service, la technologie GSM, qui sera lancé en février prochain et qui offrira un choix plus vaste aux consommateurs.
 
Du côté de Nomad, Bhikash Seebaluck, son Sales & Marketing Manager avance qu’ils n’ont pas encore conclu une baisse «On considère la question, tout en gardant un service qui nous démarque de tous les autres Internet Service Provider, c’est-à-dire en offrant forfait illimité», indique-t-il.
 
Rappelons que le ministre des TIC avait lors de sa conférence de presse affirmé qu’avec la baisse du prix de l’ADSL, les autres « packages » seront aussi ajustés.
 
Chose qui avant même l’entrée en vigueur de la baisse préconisée, prend toutefois une toute autre tournure.