Clap de fin après plus de 25 ans: Patrick Merven lâche la bride mais nourrit l’espoir pour la postérité

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L’entraîneur Patrick Merven, l’un des doyens de la communauté des entraîneurs, jette l’éponge. Après plus de deux décennies sur le turf, il met fin à ses activités d’entraîneur de chevaux de courses. Une décision «très réfléchie» selon le principal concerné.

Vendredi, 8 heures. À peine la séance d’entraînement terminée, on se pointe à l’écurie Merven, sise rue Shakespeare. Histoire de faire le point avec l’entraîneur suite à des informations qui circulaient à l’effet que l’écurie Merven fermait ses portes. «Oui, l’écurie Merven ferme. Financièrement, on ne peut plus continuer. Je vais m’endetter si je continue à gérer une écurie ; je ne peux prendre la responsabilité des palefreniers et ne pas pouvoir l’honorer», nous déclare Patrick Merven, non sans un brin d’émotion.

L’écurie Merven, il faut le souligner, existe depuis les années 90. Si Patrick Merven a d’abord agi en freelance trainer, il a par la suite ouvert sa propre écurie. «J’ai eu une longue carrière, je dois dire. Avant de devenir entraîneur de ma propre écurie et avant d’être freelance trainer, j’ai été associé à l’écurie Wahed Essa où j’ai eu la chance de participer à l’entraînement du gagnant du Maiden 1993, Home Style», se remémore Patrick Merven. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’écurie Merven a connu son lot de succès bien qu’il n’ait jamais été une grosse cylindrée. «On a remporté plus de 400 victoires. Pas de classique, certes, mais on a quand même gagné la Princess Margaret Cup avec Liquid Motion et Beat The Retreat.»

Notre entretien avec notre interlocuteur est interrompu à plusieurs reprises par des appels des well-wishers. Tantôt ce sont les anciens propriétaires qui appellent, tantôt les collègues entraîneurs. «Ce sont tous des amis. En 20 ans de carrière, j’ai connu beaucoup de gens intéressants et je tiens à remercier le MTC de m’avoir permis de faire un métier que j’aime. Merci à tous les propriétaires. Gros aussi bien que petits propriétaires qui m’ont fait confiance.»

Revenant sur sa décision de tout arrêter, Patrick Merven dira que, financièrement, «it does not make sense». Il explique: «On a travaillé les chiffres. Avec le stakes money qui a baissé de 50 %, voire 60 %, il est tout simplement impossible pour moi de continuer à entraîner. De plus, à partir d’avril, nous aurons à notre charge le salaire des palefreniers qui se chiffrent autour de Rs 300 000 à Rs 320 000 par mois. Je ne sais pas comment les autres entraîneurs vont pouvoir survivre mais, moi, je ne vois pas comment cela puisse être réalisable.»

Parlant des moments plus heureux, Patrick Merven citera la victoire de City Of Choice, le jour du 18e anniversaire de son fils Camille. «C’était un moment fort en émotion. C’était le tout premier coursier qu’il a ramené dans le winners enclosure. Il m’a dit en sortant sur la piste. ‘Papa mes pieds ne touchent pas le sol.’»

L’écurie Merven peut-elle revenir sur la scène hippique un jour ? «C’est une possibilité si le stakes money est correct. Sinon, ce n’est pas possible. Je ne peux pas dire à un employé que je ne peux pas le payer ce mois-ci, le mois prochain on verra. Si le stakes money remonte de sorte que ce soit raisonnable d’avoir une écurie, à ce momentlà, oui. Si ce n’est pas moi, ce sera peut-être mon fils Camille.»

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