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Deepak Booneady - L’industrie de l’hospitalité: une intuition d’enfance qui a été payante

9 mars 2023, 21:54

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Deepak Booneady - L’industrie de l’hospitalité: une intuition d’enfance qui a été payante

Beau parcours que celui réalisé en 25 ans par Deepak Booneady, 45 ans. Recruté à 20 ans comme garçon de chambre sur un paquebot de croisières, il a fait son bonhomme de chemin dans l’industrie de l’hospitalité à Maurice et aux Maldives. Et depuis le 1er janvier dernier, il a été nommé Chief Executive Officer (CEO) de Sun Siyam Resorts aux Maldives.

UNE intuition peut mener très loin. Ce quadragénaire est bien placé pour le savoir car c’est en visitant l’hôtel La Pirogue alors qu’il n’a que dix ans qu’il est émerveillé par les lieux. Il sait alors que c’est dans l’industrie de l’hospitalité qu’il travaillera lorsqu’il sera grand. «J’ai tout de suite aimé l’ambiance et l’énergie zen, qui se dégageait de ce lieu où les touristes venaient se relaxer. J’aimais cette idée que c’est un endroit où l’on vient pour s’amuser. Depuis, je n’ai pas arrêté de dire à mes parents que j’allais intégrer l’industrie de l’hospitalité après l’école. Mon intuition et ma passion ont fait le reste», nous répond-t-il par mél.

Après ses études au Louis Nellan Government School et au collège Imperial, Deepak Booneady, qui a de la suite dans les idées, intègre l’école hôtelière sir Gaëtan Duval et suit un cours en hospitalité avant de prendre de l’emploi comme garçon de chambre sur un paquebot de croisières de la compagnie MSC. On est alors en 1998 et il n’a que 20 ans. Le travail est dur mais cet univers lui plaît.

En l’an 2000, il est recruté comme Public Relations Officer à Le Cannoniers Hotel du groupe Beachcomber. Pendant dix ans, il fait le tour des hôtels du groupe à Maurice et aux Seychelles. Son dernier emploi au sein de ce groupe est en tant que Sales Manager. Sentant toutefois qu’il n’y a pas d’autres opportunités de croissance pour lui, en 2010, il rejoint l’équipe du groupe Lux* aux Maldives en tant que Senior Sales Manager. Comme c’est un bosseur, deux ans plus tard, Deepak Booneady est nommé directeur des ventes et de marketing. En 2014, le voilà de retour à Maurice, cette fois en tant que Regional Head of Sales and Marketing pour tous les hôtels Lux* de l’île, Tamassa et l’Île des Deux Cocos.

En 2016, il est promu directeur régional des ventes et de marketing pour les Maldives et le Moyen Orient. Avec le groupe Lux*, il a aussi l’occasion, en 2017 et 2018, d’assouvir sa soif de connaissance et de perfectionnement auprès de la Harvard Business School à Boston aux ÉtatsUnis en suivant des cours sur les moyens d’aligner la stratégie aux ventes et sur le développement d’un authentique leader.

C’est trois ans plus tard qu’il quitte le groupe Lux* pour rejoindre le Sun Siyam Resorts, toujours aux Maldives, en tant que directeur du développement commercial du groupe.

Sun Siyam Resorts c’est un groupe hôtelier fondé par Ahmed Siyam Mohamed, l’actuel président du conseil d’administration. Ce groupe possède et gère cinq îles privées de luxe, totalisant 1 450 chambres et villas, et un hôtel de charme sur la côte est du Sri Lanka. Sun Siyam Resorts compte plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de l’hospitalité et a été primé plusieurs fois. Deepak Booneady est basé au Sun Siyam Olhuveli, non loin de la capitale Malé.

L’archipel aux 1 199 îles dont 202 sont habitées, est tout de même excentré dans l’océan Indien. Deepak Booneady ne le ressent pas ainsi du fait qu’il travaille beaucoup, voyage pas mal et qu’il peut compter sur la technologie. «La technologie vous permet de garder contact avec le monde entier. Je peux joindre quotidiennement ma famille à Maurice, de même que mes amis, si j’en ai envie. De plus, je voyage beaucoup pour affaires et je prends des vacances assez régulièrement chaque année pour revoir les miens

À l’écouter, le Covid-19 n’a pas eu de grand impact sur les hôtels du groupe Sun Siyam. «Nous n’étions fermés que trois mois. Et la plupart des hôtels aux Maldives affichaient complet à l’ouverture. En termes de chiffres d’affaires, nous avons d’ailleurs fait mieux qu’en 2019 dans certains de nos hôtels».

Impressionné par la façon dont Deepak Booneady a su mener ses équipes durant ces temps de pandémie, tout en restructurant la marque et explorant d’autres avenues de business, sa direction l’a nommé vice-président des affaires commerciales en 2021. L’an dernier, il a retrouvé les bancs de la Harvard Business School à Boston pour un cours sur la direction et la création d’une culture d’innovation.

À la fin janvier, il a été nommé CEO du groupe. En tant que directeur général, son rôle sera de «définir la vision, l’objectif et les valeurs et créer des expériences mémorables pour nos clients, tout en prenant soin de nos 4 000 employés.» De plus, les prochains 24 mois seront cruciaux pour lui et ses équipes car en sus de développer davantage la marque et de faire croître la destination au niveau international, ils planifient la construction et l’ouverture de trois nouveaux hôtels comptabilisant 1 000 chambres supplémentaires. Le premier établissement devrait être opérationnel en 2025.

En tant que petit état insulaire comme Maurice, les Maldives pourraient souffrir de la montée des eaux. Quelles mesures prend son groupe pour empêcher cela ? «Presque toutes les îles de l’archipel disposent d’infrastructures qui les protègent de la houle des marées et de l’érosion des plages. Ce sont des solutions techniques durables, qui ont été développées sur une période de cinq à dix ans. Toutes les îles disposent d’une protection du littoral et la plupart d’entre elles ont des mesures de prévention contre l’érosion». Les récifs constituent la première barrière de protection, souligne-t-il, précisant que leur protection a toujours fait partie de la politique du Sun Siyam Group. D’ailleurs, chaque semaine, les clients de leurs hôtels sont encouragés à faire de la plantation de coraux. «Le groupe veut aussi modifier sa gestion des déchets et sa production énergétique. Comme nous avons beaucoup de soleil tout au long de l’année, nous allons passer du diesel à l’énergie solaire. Nous prévoyons que tous nos hôtels fonctionnent à 50 % avec l’énergie solaire d’ici cinq ans.»

L’élimination du plastique à usage unique, qui est une décision gouvernementale, est aussi une réalité depuis le début de l’année, souligne-t-il. «Le gouvernement s’est fixé comme objectif de protéger 20 % des ressources océaniques d’ici 2030. Nous pouvons donc mieux protéger nos récifs, nos mangroves et d’autres zones biologiquement importantes.» Et dans l’optique de réduire son empreinte carbone, à chacun de ses voyages outre-mer, il plante un arbre. 

S’il se voit rester aux Maldives pour encore cinq à dix ans, il aimerait bien retrouver son île natale par la suite et apporter «des innovations dans le domaine de l’hospitalité à Maurice».