Tourisme chinois: les restrictions à l’international, une aubaine pour Maurice ?

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Les arrivées touristiques chinoises avaient connu une impressionnante progression entre 2012 et 2015, avant de commencer à chuter à partir de 2016.

Les arrivées touristiques chinoises avaient connu une impressionnante progression entre 2012 et 2015, avant de commencer à chuter à partir de 2016.

Représentant des dépenses évaluées à plus d’un quart de trillion de dollars américains hors de leurs frontières en 2019, les touristes chinois sont de nouveau prêts à voir le monde. Si depuis la nouvelle vague de Covid-19, plusieurs pays ont annoncé des restrictions destinées aux voyageurs chinois, cela pourrait être à l’avantage de Maurice. Passant de 89 584 touristes chinois en 2015 pour tomber à 42 740 en 2019, notre offre touristique peut-elle de nouveau séduire cette clientèle chinoise ? En tout cas, c’est le moment de se lancer.

La réouverture des frontières en Chine, malgré la hausse des cas de Covid-19 dans l’empire du Milieu, est un facteur économique important à suivre cette année. Selon la directrice du Fonds monétaire international (FMI), «il y a beaucoup d’espoir que la réouverture de la Chine conduise, d’ici à 2023, à un meilleur impact sur la croissance mondiale». Des éléments à considérer, car à l’international, 155 millions de touristes chinois ont dépensé plus d’un quart de trillion de dollars américains hors de leurs frontières en 2019, selon CNN Business. Or, depuis la nouvelle vague de Covid-19, plusieurs pays ont annoncé des restrictions, à l’instar de tests PCR négatifs ou d’une preuve de vaccination, destinées aux voyageurs chinois. Si ces mesures peuvent ralentir l’engouement de ces voyageurs pour les destinations comme l’Europe, les États-Unis ou d’autres pays d’Asie, est-ce le bon moment pour Maurice de se positionner ?

Pour commencer, selon la directrice du FMI, l’impact de la Chine sur la croissance de l’économie mondiale est important d’autant plus que l’empire du Milieu représentait auparavant 35 à 40 % de la croissance mondiale totale. L’année dernière, pour la première fois, la Chine a connu une croissance égale ou légèrement inférieure à celle du monde. «Le plus important est que la Chine maintienne le cap, qu’elle ne recule pas devant cette réouverture. Et si elle maintient le cap d’ici le milieu de l’année ou aux alentours, la Chine deviendra un contributeur positif à la croissance mondiale moyenne.»

Au niveau du tourisme, la Chine a enregistré en moyenne environ 12 millions de passagers aériens sortant par mois en 2019, mais ces chiffres ont chuté de 95 % pendant les années Covid. Quid de 2023 ? Dans un entretien à CGTN, Jane Sun, CEO de Trip.com et de Skyscanner, dit prévoir que les voyages internationaux en provenance de Chine retrouveront une stabilité pré-Covid d’ici à la mi-2023. À savoir que les compagnies aériennes n’exploitent que 11 % de la capacité internationale pré-pandémique au départ et à destination de la Chine en janvier, mais ce chiffre devrait atteindre environ 25 % d’ici avril. S’il est clair que la Chine est un marché important et à fort potentiel, nous devons d’ores et déjà travailler sur la stratégie à mettre en place, vu que le désintérêt des touristes chinois pour la destination Maurice s’est fait de plus en plus pesant au fil des années.

«Il nous faut voler haut»

Les arrivées touristiques chinoises avaient pourtant connu une impressionnante progression entre 2012 et 2015, passant de 20 885 arrivées en 2012 pour atteindre 89 584 arrivées en 2015, mais, depuis, la chute a été chaque année plus lourde. Selon les chiffres de Statistics Mauritius, en 2016, les arrivées en provenance de Chine ont connu une baisse de 11,4 % en comparaison à 2015, passant de 89 584 en 2015 à 79 374 en 2016. L’année suivante affichait une baisse de 8,1 % par rapport à 2016, avec 72 951 arrivées en provenance de Chine en 2017. Même constat en 2018 avec une baisse de 9,9 %, les arrivées comptabilisant 65 736 pour redescendre à 42 740, soit une nouvelle baisse de 35 % en 2019

Déjà, qu’est-ce qui explique cette baisse ? À savoir que la période faste des arrivées chinoises à Maurice était marquée par le passage éclair des transporteurs aériens China Southern Airlines et AirAsiaX. L’arrêt des vols de la China Southern Airlines était alors cité comme la principale raison derrière la baisse des arrivées de Chine, malgré le fait qu’Air Mauritius opérait sept vols vers différentes régions de la Chine par semaine. Aussi, il faut le dire, notre offre touristique n’est pas forcément adaptée à cette clientèle qui fréquente assidûment les couloirs des Galeries Lafayette, à Paris, étant consommateur de produits de luxe. Déjà en 2016, la dépense unitaire par client chinois était presque deux fois plus élevée que la moyenne du marché en 2016, soit de Rs 8 000 la nuitée pour les clients chinois, contre Rs 4 200 en moyenne sur le marché.

Or, l’impact du Covid-19 sur le pouvoir d’achat en Chine, comme partout dans le monde, pourrait offrir une fenêtre de tir à l’industrie touristique mauricienne. «Rien ne nous empêche de commencer les négociations en Chine pour l’accès aérien, travailler sur notre offre et bien nous préparer pour les accueillir le moment venu. Ce n’est peut-être pas encore le moment, mais nous ne devrions pas négliger ce marché, bien au contraire. Il y aura tellement de destinations qui les accueilleront à bras ouverts le moment venu. Nous essayons depuis au moins une décennie de faire une percée sur le marché chinois. Notre concurrent direct dans la région, les Maldives, avait atteint plus de 300 000 touristes chinois avant la pandémie», explique Sydney Pierre, Chief Sales & Marketing Officer à Marriott (Mauritius). D’ajouter : «Et même si l’île Maurice n’a pas la même spécificité que les Maldives avec le concept ‘une île, un hôtel’, je pense que nous devrions nous attarder sur ce marché et réfléchir à une stratégie à long terme en incluant l’aérien dans la réflexion. Le marché possède un énorme potentiel, à nous de définir ce que nous voulons, en nous donnant bien entendu les moyens.»

«Concernant l’offre touristique, j’en profite pour inviter tous les acteurs pour une meilleure réflexion pour une transformation de notre industrie. Nous nous arrêtons trop souvent sur les mêmes sujets et notre belle île mérite bien mieux. Nous n’avons pas besoin de réinventer la roue. Il suffit de voir ce qui se fait, pas trop loin de chez nous et chez d’autres qui ont su créer ce pull factor. Il faut améliorer notre image et travailler le produit afin d’améliorer l’attractivité. Il nous faut voler haut, très haut. Beaucoup de problèmes de notre industrie se résoudront automatiquement avec une meilleure image. Nous avons des opportunités en termes d’offre et de marketing.»

Si parfois tout est une question de timing, tout porte à croire que maintenant serait le moment idéal pour frapper fort sur le marché chinois.

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