Titres inédits pour le 250ᵉ anniversaire de la presse

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Des copies originales d’anciens journaux.

Des copies originales d’anciens journaux.

Le soir du vendredi 13 janvier, le jour même des 250 ans de présence de la presse à Maurice, nous avons tenu une causerie\exposition et une séance de questions\réponses au sein de notre club à Port-Louis sur ce thème patrimonial. Exposés, anecdotes et témoignages ont été au rendez-vous pour effectuer un survol historique sur certaines publications, qui, d’un côté, sont presque inconnues du grand public mauricien et, de l’autre, n’ont jamais été répertoriées. Même nos archives nationales n’ont que La Charge, 1898, sur ces rayons. Autant que je sache, l’historien et l’archiviste Auguste Toussaint n’en parla même pas. 

D’emblée, nous avons fait ressortir que la démocratie veut aussi tout bonnement dire qu’on doit être libre de critiquer journaux, radios et télévisions. Dans cette optique, un corps regroupant des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs s’avère vital pour répondre à ce manquement de notre société. Cependant, la démocratie ne permet pas d’inégalités des chances et d’opportunités quand il s’agit de la liberté d’expression. C’est notre conception à nous d’une communication saine et intelligente ? Et Maurice a pour ambition de devenir un modèle de démocratie ! Oh là là ! 

Dans un autre ordre d’idées, on a vivement protesté contre un article paru dans la page Forum du Mauricien de Christina Chan- Meetoo avec sa formule honteuse et peu commode de «communautés ethnolinguistiques». Aucune langue au monde ne peut être ethnique ou appartenir à une communauté spécifique. Toutes les langues sont universelles, une langue appartient à celui ou à celle qui la parle ou l’écrit. Pourquoi a-t-elle apostrophé les autres langues ? Toutes les langues doivent jouir du même prestige, respect et considération, et être vues sous les mêmes angles. 

Les langues doivent être sur un pied d’égalité. Nulle différentiation et discrimination sont permises. Chère Madame, vous ouvrez la voie à d’autres nations de qualifier les langues des autres pays comme «communautés ethnolinguistiques». C’est dangereux et un pas à ne pas franchir ! 

Cette exposition vient à un moment opportun vu la sempiternelle relation belliqueuse presse/pouvoir depuis 1773, date des deux premiers journaux à Maurice (divisé en huit districts), à savoir Annonces, Affiches et Avis pour les colonies des îles de France et de Bourbon de Nicolas Lambert de Carre, et Journal des îles de France et de Bourbon portant la signature de son rédacteur en chef Huet de Froberville. C’étaient des journaux hebdomadaires. 

Notre pays a connu un florilège de titres de presse. Récemment, beaucoup ont disparu comme Advance, New Advance, Nation, New Nation, Action, Citoyen de Toorabally, Mauritius Today, le Cernéen, The Sun, Populaire, Le Republicain, Le Militant, Le Nouveau Militant, Libération, Lavoix Kreol dirigé par Mario Flore, Soleil Rouge du MMMSP et autres organes de presse encore. Dans le passé, il y avait Mimic Trumpeteer, Tamil Voice, L’Épée, Éclaireur, Lumière, l’Aube de Masson – avec sa fameuse déclaration sur le chômage : «Ou kapav pa gagn plas dan okenn plas, sel plas ki ou kapav gagn plas se dan simtier» -, Vanakaam du Dr C.M. Pillay. 

À Maurice, c’était Pierre Poivre qui introduisit l’imprimerie. On peut être laïc ou non, les livres sacrés avaient fait monter en flèche l’importance de l’imprimerie. 

Des anecdotes pleuvaient pendant toute la durée de la causerie. Joseph Coralie, du journal l’Épée de langue créole, avait dû quitter rapidement Maurice pour l’Afrique du Sud à la suite de sa rubrique populaire, questions\ réponses, visant la communauté chinoise qui était très remontée contre lui et son journal. Cela amena la chute de l’Épée et dans la capitale un groupe de gens scandaient «nou finn manz lepe». Le Cernéen, Le Mauricien, Advance qui sont apparus sur une feuille commune pendant la Seconde Guerre mondiale parce qu’il y avait un manque de papier-journal avait retenu pour l’histoire cette expression nostalgique et à la fois humoristique de nos vendeurs des journaux à la criée, «ser lerin morisien avan». 

J’ai récupéré les journaux Progrès Colonial, fondé par Evenor Hitie, XXth Century, XXe Siècle et Mauritius Agricultural Trade Journal de Léon N. Noel dans le tabouret de piano de feue Berthe du Pavillon, quand j’avais remplacé le cuir dudit meuble. 

La Comète d’Adrien Maingard est une revue électorale (hebdomadaire en 1895 puis quotidien en 1896), Le Sifflet (bihebdomadaire), La Fantaisie (hebdomadaire) administré par J.A. Emile, poste à la rue Arsenal, Le Câble de L. C. De Laroche, quotidien paraissant à midi et envoyé à toutes les gares ferroviaires de l’île, La Charge de Gabriel Gillet, l’Album (bihebdomadaire), étaient toujours accompagnés de caricatures à l’instar du grand caricaturiste Joseph Gabriel Gillet, pseudonyme Lancet, et par ses amis. Prix de ces journaux : 5 et 10 sous. Par contre, l’Album Mauricien dirigé par Jules Rohan, Port Louis Mondain (journal artistique et littéraire à 50 sous) et Soleil de Juillet dirigés par Marie LeBlanc, Maurice Théâtre de Fontany, Entente Cordiale, journal à numéro unique publié par Marie Leblanc, sont avec des photos de personnalités politiques et littéraires. 

Ces anciens journaux ont abordé politique, littérature, problèmes de société, publicités, faits divers et tant d’autres encore. D’autre part, Le Piment était une publication importée de Paris, rue Comédie, s’adressant au Cernéen, au Mauricien, au Mauritius Court Journal et aux Chinois de Maurice qui veulent éditer un journal socialiste, le Bambara, du nom de l’excellent mollusque en si grand nombre dans le Céleste Empire. 

J’ai exposé une partie de la collection d’Adolphe Macquet par rapport aux journaux et almanachs anciens et les 100 premiers numéros de toutes ces publications à côté de grands et célèbres journaux d’autres pays, pour ne pas faire le lit de la xénophobie dans le salon des publications anciennes. Et des almanachs de Théodore Sauzier. On a pu mettre sous la loupe aussi la Planters and Commercial Gazette à 25 sous, Le Radical de C.J. Tyack, Le Mauricien de 1834 d’Eugène Leclézio suivi de la contribution d’Adrien d’Epinay avec son Cernéen de 1832. 

Une soirée très enrichissante et amusante. Comme cela a été un succès extraordinaire, on espère organiser d’autres activités similaires à l’avenir avec le concours des intéressés. Je vous signale que tous les items exposés et photographies ici sont originaux et sont de ma collection personnelle.

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